Dans le monde sans en être

Un Président peut-il emmerder les Français ?

La “petite phrase” a fait l’effet d’une bombe. Il est vrai que depuis la fin de la crise des Gilets jaunes, on n’entendait plus de formules polémiques dans la bouche d’Emmanuel Macron. Exit les Gaulois réfractaires, le pognon de dingue, ceux qui ne sont rien et autres invitations à traverser la rue. Sans doute, cette communication maladroite avait été jugée responsable de la réaction des Gilets jaunes…

Et voilà que ça revient : le Président reconnaît lui-même qu’il souhaite “emmerder les non-vaccinés”… La formule choque, tout le monde réagit… Stupéfaction : pourquoi dire quelque chose d’aussi violent à quatre mois de la présidentielle ? Grossière erreur politique ? Dérapage incontrôlé ? Ou au contraire calcul politique ?

Jouerait-il la division ? Il est vrai que les non-vaccinés ne sont pas très populaires en ce moment. Beaucoup de personnels soignants se plaignent d’eux : 85% des malades du Covid en réanimation ne sont pas vaccinés, or leur présence sature les services et décale les autres opérations… Les motifs de l’opposition à la vaccination semblent aussi farfelus avec leurs absurdes théories du complot… Effectivement, le phénomène antivax est important et il peut agacer plus d’un. Le pays est divisé, fracturé par la pandémie, en surfant là dessus avec sa petite phrase, il montre qu’il appartient à un camp, qu’il est irrité par les antivax, et dit ainsi aux pro vax que les antivax vont souffrir de leur manque de coopération. Est-ce cela ? Je ne sais pas, mais si c’est le cas c’est très mauvais. Je ne suis pas antivax et ce complotisme contre le vaccin me choque beaucoup. Mais est-ce une raison pour en vouloir à 10% des Français ? Non. Alors que le Covid a divisé la France, nous avons grandement besoin d’unité et non de divisions supplémentaires à coup de petites phrases bêtes et méchantes. D’autant plus que ce discours joue comme un biais de confirmation chez les antivax : plus ils se sentent persécutés, plus ils sont convaincus d’avoir raison… Ce qui creuse le fossé entre l’un et l’autre bord.

On ne fait pas de la politique sur la division. Même si une idéologie est nocive, il faut respecter les Français. On peut très bien leur expliquer les raisons du danger de leurs idées sans pour autant leur manquer de respect : faire la différence entre la personne et ses idées est essentiel. Si on continue d’accentuer ce clivage, le pays ne se remettra que difficilement de cette crise exceptionnelle que fut la pandémie de Covid 19.

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