Dans le monde sans en être

Le Waterloo de la Cancel culture

68% ! C’est le score du “non” au référendum municipal sur le déboulonnement, enfin déplacement vers un lieu plus discret, de la statue équestre de Napoléon à Rouen. Donc Gisèle Halimi, avocate du FLN et promotrice de l’avortement, ne remplacera pas l’Aigle sur ce glorieux piédestal.

Ce non franc et massif est à la fois très éloquent et très symbolique. Très éloquent car il confirme, parmi beaucoup d’autres indicateurs, que le wokisme, et sa Cancel culture, ne sont pas populaires en France. Cette police de la mémoire, regardant le passé avec nos critères d’aujourd’hui, jugeant à rebours les hommes d’autrefois, ne passe pas en France : les Français restent globalement attachés à leurs grands hommes, au récit national et à leur pays. La Cancel culture est en effet perçue comme une “haine de soi”, un rejet de notre histoire et ce serait une des explications de la popularité d’Eric Zemmour.

C’est une réalité qu’il faut comprendre. Un peuple a besoin d’un récit collectif, pour ne pas dire un roman national. Comme dans une famille, on a besoin d’ancêtres, de figures qui nous racontent comment nous sommes arrivés au monde, pourquoi nous sommes ici et pas ailleurs, et qui nous content des histoires qui nous rassemblent, qui nous enseignent.

Max Gallo l’avait très bien compris : parmi ses nombreux livres, beaucoup racontaient l’histoire de France, ses grands hommes, comme dans un roman. Lui-même, en 2005, avait fulminé contre le refus du gouvernement de commémorer le bicentenaire de la bataille d’Austerlitz. Il en avait écrit un pamphlet flamboyant intitulé “Fier d’être Français !”. Le titre dit tout : nous devons être fier de notre pays et notre histoire, et non en avoir honte et effacer notre passé avec l’acide de la Cancel culture (qui ne s’appelait pas comme ça en 2005). Mais surtout, Max Gallo, descendant d’immigrés italiens, faisait un éloge de l’intégration des français d’origine étrangère, les “Français de préférence” qui ont choisi et aimé la France, qui, les premiers, sont ceux qui sont fiers de notre histoire. Autrement dit, notre histoire, loin d’exclure les minorités comme on l’accuse parfois, les intègre d’autant plus facilement.

Prophète, Gallo voyait l’avenir : à faire une politique communautariste avec les minorités, on verra poindre un autre communautarisme, le “communautarisme blanc” celui de la majorité des Français dits de souches qui se révolteront par le vote RN… ou autre. C’est ce qui se réalise aujourd’hui avec le succès d’Eric Zemmour doublé d’un RN qui ne désemplit pas. Parallèlement, la gauche française, influencée par le wokisme (dont sa seule défense est de nier son existence…) ne dépasse pas 25% tout candidat confondu. Certes, ce sont des sondages, mais il indique l’état de l’opinion aujourd’hui, et cette opinion est à 75% de droite et du centre…

La gauche ferait mieux de retrouver son républicanisme social d’origine et pourquoi pas relire l’oeuvre de Max Gallo : il était un homme sincèrement de gauche qui a fini à droite à cause de sa dérive sociétale, profondément républicain, viscéralement social, laïque bien que converti au catholicisme à la fin de sa vie. Une belle figure socialiste qui était lu et aimé aussi bien par la droite que la gauche. Bref, un Français qui aimait son pays et qui en parlait avec amour à tout le monde. Une belle figure très inspirante à redécouvrir d’urgence.

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