Dans le monde sans en être

Don’t look up, ou les politiques du pire

Le film de Noël de Netflix est une farce grinçante d’Adam McKay : Don’t look up, sous-titré en français “Déni cosmique”. Ce film, à la distribution prestigieuse et à la réalisation réussie, est une satire de notre société contemporaine. Le pitch : des astronomes découvrent qu’une comète colossale fonce tout droit vers la Terre, ils alertent le gouvernement américain mais les  différentes réactions (politiques, médiatiques, industrielles etc) seront… étonnantes. Si vous n’avez pas encore vu le film vous pouvez continuer de lire cet article car il ne contient pas de spoiler.

Adam McKay le dit lui-même, son film est une métaphore du changement climatique avec ses scientifiques lanceurs d’alerte et ses gouvernements farfelus qui refusent de prendre les décisions à la hauteur, qui nient la réalité et qui ne pensent qu’à eux-même et non au bien commun. Dans l’attitude des deux héros du film (très bons Leonardo DiCaprio et Jennifer Lawrence) qui se révoltent devant le déni généralisé, on reconnaîtra aisément les spécialistes de la crise écologique qui n’en peuvent plus des réactions des grands de ce monde. Et dans le comportement de la Présidente des Etats-Unis (étonnante Meryl Streep), beaucoup ont vu une version féminine de Donald Trump… Mais attention, ce n’est pas le message d’Adam McKay. La Présidente Orlean n’est pas trumpiste, elle est vraisemblablement démocrate (elle pose en photo dans les bras de Bill Clinton), elle ressemble à Hillary Clinton et surtout le réalisateur a dit vouloir faire une synthèse des derniers Présidents de notre époque : “ Lors des répétitions, j’avais demandé à Meryl de jouer un mélange des différents présidents qui se sont succédé. Elle devait avoir l’absence de qualifications de George Bush, le vide drapé dans un beau costume de Ronald Reagan, la duplicité du vendeur de bagnoles de Bill Clinton, les qualités d’orateur que Barack Obama a mises au service du grand capital et le narcissisme aveugle de Trump… Un cocktail explosif.” Ce rappel est essentiel, non pour diluer la responsabilité gravissime du trumpisme dans la société actuelle, mais pour éviter un grave écueil : si le problème est Trump, alors maintenant que Trump est parti il n’y a plus de problème. Non, en réalité la situation est bien plus grave, même nos gentils gouvernements anti-Trump ne sont pas à la hauteur du défi climatique… Et tout le monde en prend pour son grade, pas seulement les politiques mais aussi les médias, présentés comme frivoles, et surtout les GAFA et le New Space qui se prennent pour des dieux en nous promettant des utopies très lucratives. 

Bref, c’est un violent appel à la raison et à l’amour de la vérité face à une société enfantine et relativiste. 

Un film coup de poing, ou coup de pied dans les c… selon les mots de son auteur.

 

Charles Vaugirard

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