Je me permettrais de faire quelques remarques sur le RIC. Tout d’abord, cette volonté tient en partie au fait que les citoyens n’ont plus l’impression de diriger leur destin comme ils le veulent. Quand ils votent à gauche ou à droite, ils constatent qu’ils ont toujours la même politique. La seule différence qui résiderait entre les deux est la position sur les sujets sociétaux mais là encore elle est ténue car certains qui se prétendent à droite sont favorables à ces évolutions tandis que d’autres à gauche y sont opposés. Il faudrait peut-être chercher à comprendre pourquoi nous nous retrouvons dans cette situation. J’ai ma petite idée bien sûr.

Ensuite, sur le référendum en lui-même, il ne faut pas oublier que le non à la Constitution européenne a été ignoré par ses partisans en 2007. Nicolas Sarkozy a fait ratifié le traité de Lisbonne par la procédure du Congrès qui fait réunir le Sénat et l’Assemblée nationale. Cela avait été vue comme une forfaiture démocratique et le fossé à commencé à se creuser à ce moment-là. Cette décision était d’autant plus incompréhensible qu’en France, un référendum ne pouvait être invalidé que par un référendum. Ce qui signifie que les représentants de la Nation avaient largement outrepassé leurs pouvoirs en adoptant un texte contraire à la volonté des Français.

Enfin, sur la classe politique elle-même. C’est aussi là qu’il faudrait chercher une des causes du désarroi politique de nos concitoyens. Je ne prétends pas être parfait bien au contraire. Mais comment ne pas être dégoûté des magouilles financières, des basses manœuvres pour faire tomber tel ou tel élu parce qu’il ne plaît pas au parti adverse ? La politique s’est réduite à un combat de parti et partisan, chacun campant sur ses positions. Le débat vire rapidement au pugilat (bien qu’il y ait une autre explication à cela). Les petites phrases, les provocations blessent et c’est parfois le but recherché. Aujourd’hui, les dirigeants politiques parlent pour ne rien dire parce qu’ils n’ont plus d’idées. Ils n’assument plus leurs convictions et se vexent à la moindre contradiction. Accepter la contradiction et s’exprimer simplement, clairement et de manière bienveillante restaurerait largement le blason de la Politique.

La liste des causes du désarroi n’est sûrement pas exhaustive. Mais si nous nous y attaquions alors ce serait peut-être le début d’une prise de conscience qui pourrait raccrocher les citoyens aux élus.