Dans le monde sans en être

Fiançailles

Le 15 juillet 2014 après la messe, nous nous sommes mis à genoux main dans la main dans la petite chapelle de la Sainte Famille de l’église paroissiale. Nous savions ce que nous voulions faire : nous confier l’un et l’autre et confier notre chemin au Seigneur. Nous avons prié, nous avons demandé au Christ qu’il veille sur nous, que nous sachions apprendre l’un de l’autre et construire ensemble, et surtout que nous sachions nous mettre à son écoute et être vraiment libres dans ce choix que nous commencions à faire. Nous lui avons demandé de nous apprendre à nous mettre à son école, de nous aimer l’un l’autre de son amour, de permettre que cet amour ne nous enferme pas mais nous ouvre à tous nos frères et, par-dessus tout, de nous aider à rester humbles.

Dans mon souvenir, c’était un moment incroyable. Même si je crois que ni l’un ni l’autre ne mesurions vraiment ce que nous faisions. Pendant longtemps nous sommes restés en même temps fous de joie et morts de peur de ce que nous avions fait ce soir là.

C’était le début de nos fiançailles. La première fois que nous avons explicitement dit que nous voulions construire notre vie ensemble. La première fois que nous avons déposé cette route devant le Seigneur.

Ces fiançailles étaient la suite logique de tout ce que nous avions vécu ensemble depuis deux ans que nous nous connaissions, un an que nous nous étions devenus amis et que petit à petit nous découvrions que nous n’étions pas indifférents l’un à l’autre. Pour nous elles étaient une évidence : choisir d’avancer ensemble impliquait de le faire en déposant tout au pied de celui qui est tout Amour. C’était un moment surréaliste où nous croyions savoir exactement ce que nous cherchions sans avoir besoin de nous le dire l’un à l’autre.

Aujourd’hui, lorsque nous regardons en arrière nous n’agirions certainement pas de la même manière si nous devions refaire ce choix. Mais c’est de ce premier engagement que nous avons commencé à tracer ensemble le sentier qui nous a menés ici.

Le temps de la famille

Nous avons alors poursuivi notre route côte à côte, apprenant à mieux nous connaître, faisant des activités ensemble et avec nos amis respectifs et essayant de prier ensemble : en union de prière et en prenant des temps l’un avec l’autre pour continuer à confier ce chemin au Seigneur.

Progressivement nous avons entrepris de rendre public notre engagement, tout particulièrement auprès de nos parents et de nos amis les plus proches. En réalité certains d’entre eux le savaient déjà ou l’avaient deviné, mais ils ont eu la pudeur de nous laisser le leur annoncer les uns après les autres.

Après en avoir parlé séparément nous avons chacun rencontré les parents puis les frères et sœurs de l’autre et découvert plus intimement qui il était dans sa famille. Ce fut pour moi le premier moment difficile et peut-être celui que j’avais le moins anticipé. On ne pense pas quand l’on est amoureux qu’il ne s’agit pas seulement d’aimer l’autre mais aussi d’apprendre à vivre avec sa famille et ses proches. Nous nous sommes ainsi découvert de nouveaux points communs et surtout de nouvelles différences. Ce fut une belle étape pour nous. Pas seulement parce que c’était enfin officiel et que l’on pouvait publiquement être ensemble même avec tous nos proches mais par l’intimité que cela a créé entre nous. Faire connaissance de l’autre dans ce qui l’a vu naître et grandir permet de vraiment comprendre le cœur de ce qu’il est aujourd’hui.

Cela a aussi été l’occasion de remettre en question notre amour, de le passer à l’épreuve de la pression du regard des autres et de se demander si nous étions vraiment libres. Nous avons eu la chance de passer l’essentiel de ce temps loin l’un de l’autre en n’échangeant que par lettre ce qui nous a permis de mesurer le silence et l’attente. Clairement, c’est ce qui a fait passer mon amour du simple sentiment au choix conscient de vouloir l’aimer dans toute sa personne, de l’accueillir telle qu’elle est et de l’aider à grandir.

En outre, ce temps nous a permis d’esquisser l’expression de notre amour l’un à l’autre. De ce que nous avons vécu et partagé avec nos proches c’est peut-être la chose la plus difficile et en même temps la plus normale de ce temps de fiançailles. Découvrir quels sont les mots et les gestes qui sont le mieux reçus par l’autre tout en ne le blessant ni lui, ni sa liberté. Apprendre à ouvrir son coeur, à ne pas rester à la surface mais à offrir à l’autre une vraie prise sur soi. La mission d’une vie qu’il faut s’apprêter à discerner dès le premier jour et construire à chaque moment.

Cette période d’officialisation de notre engagement a été pour moi un deuxième temps dans nos fiançailles, où nous ne confions plus seulement ce désir commun l’un à l’autre mais aussi à tous nos proches. Et ce temps a été renouvelé encore par l’accompagnement d’un prêtre, que nous avons commencé à voir en septembre. Le fait de ne plus tâtonner mais de nous laisser guider ensemble revêt d’ailleurs pour moi les atours d’un troisième temps de nos  fiançailles.

Et le 1er novembre, nous avons demandé à bénir ces fiançailles. Une fois de plus, nous remettre dans les mains de Dieu et essayer de faire de cette voie que nous essayons de tracer, un témoignage. Non qu’elle soit l’unique et la parfaite que tous devraient suivre, mais parce que nous sentons que l’amour n’est possible que lorsque nous laissons le Christ nous rejoindre dans nos limites et que cela déborde de nos vies.

Amblonyx

3 réponses à “Fiançailles”

  1. 712

    Cela fait rêver de pouvoir présenter, à deux, son amour au Seigneur… ce doit être une véritable richesse de pouvoir partager en couple la richesse et l’intimité de la prière et de la vie spirituelle.
    Merci pour ce témoignage qui me touche autant qu’il me peine de voir la beauté d’un partage spirituel. Comme cela doit être merveilleux !
    Mais je ne veux pas m’attrister ou m’apitoyer sur mon sort ; c’est librement que j’ai choisi d’épouser une femme “non-croyante” avec son corollaire de solitude spirituelle (quand bien même je lui parle librement de ma foi)… mais ton témoignage est tout de même l’occasion d’un petit pincement au cœur.

  2. Benoît

    Amen.

    Cher Amblons, nos prières vous accompagnent sur ce magnifique chemin. Amen. Amen ! C’est un grand mystère (Ep 5, 25) Amen !

    Benoît + femme et enfant !

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