Dans le monde sans en être

Edito : le veau gras est-il cancérogène ?

Pauvre fils prodigue ! A en croire une récente étude de l’OMS, le festin que son père organise pour son retour serait… cancérogène ! Eh oui, la viande de veau et les viandes rouges (l’OMS a inclus le veau dans les viandes “rouges”) seraient “probablement” à l’origine du cancer colo-rectal. Et ce veau est “gras”, donc plein de mauvaises graisses à en croire les nutritionnistes…

Bien évidemment, le Seigneur sait ce qui est bon pour nous et ce beau repas des retrouvailles est bien moins cancérogène que la nourriture des cochons ou l’angoisse de ne pas revoir son enfant.

Mais ces études sur la nutrition, ainsi que tous les conseils qui s’en suivent, nous interrogent. En effet, on apprend que la viande rouge et les charcuteries seraient cancérogènes, que le fromage serait une drogue, que le lait serait dangereux, que les innombrables produits contenant du gluten seraient nocifs, que tout ce qui est gras représenterait un danger, que le soja baisserait la fertilité, que la cuisson au barbecue donnerait le cancer, que la cuisson en général serait à éviter, que l’alcool est à proscrire, que les sucres sont mauvais… Mais alors que reste-t-il à manger ? Des fruits et des légumes crus ? A condition bien sur qu’ils soient Bios… Et c’est sans compter les risques de carence !

Bref, ces études et ces conseils, souvent contradictoires, peuvent nous conduire a avoir une liste d’aliments interdits aussi longue que le Lévitique ! Et ces nouveaux tabous alimentaires sont particulièrement à la mode au vu des nombreuses publications et des peoples qui se vantent de les pratiquer.

Bien sur, il ne s’agit pas de jeter le discrédit sur des travaux scientifiques ni de faire l’éloge de la malbouffe et des orgies romaines. Manger des bons produits du terroir avec modération est certainement la meilleure solution pour profiter de la vie. Comme le dit la sagesse populaire : c’est la quantité qui fait le poison.

Mais faire d’un omnivore un herbivore ou s’imposer de multiples privations alors qu’on est en bonne santé est clairement exagéré et même dangereux pour sa santé. Vivre dans la peur de la maladie ou de la mort est le meilleur moyen pour passer à côté de la vie.  Certes, chacun mange bien ce qu’il veut, mais on ne peut pas nier qu’il existe actuellement un phénomène de mode avec ces curieux comportements alimentaires. Et les informations rarement sérieuses, souvent douteuses, colportées par Internet ne font qu’accentuer ce problème.

Devant cela nous pouvons méditer le fait que le Christ est venu abolir les restrictions alimentaires de l’Ancien Testament. Ce qui est impur n’est pas ce qui rentre dans notre bouche. Dans l’eucharistie, Dieu prend la forme du pain (souvent au gluten) et du vin (donc de l’alcool). Si c’étaient des poisons, Dieu les aurait-il choisi pour qu’ils deviennent son corps et son sang lors de la messe ?  Et dans une vision relatée dans les Actes des Apôtres, Dieu a dit à Pierre “mange !” alors que toutes sortes d’animaux étaient étalés devant lui sur une immense nappe. Si toute cette viande était dangereuse, Dieu nous la donnerait-il à manger ?

Charles Vaugirard

2 réponses à “Edito : le veau gras est-il cancérogène ?”

  1. perlapin

    Je m’étonne de voir une telle moquerie en France contre cette étude. Ce que vise l’OMS, c’est surtout la viande transformée de votre fast food qui n’a absolument rien à voir avec les produits du terroir que vous décrivez, et que la plupart des Américains ou des Britanniques n’ont jamais vus de leur vie. Cette viande est si malmenée qu’elle n’a de viande que le nom. Une fois encore, c’est l’entreprise déshumanisante et destructrice de la Création de la part des multinationales qu’il convient de dénoncer : applaudissons l’OMS qui pour une fois, n’a pas cédé aux lobbys.

    Quant à notre culture culinaire, sans en nier les vertus et les charmes, il n’est pas rabat joie de dire que manger quotidiennement de la viande n’est pas du tout sain pour notre corps, et surtout est caractéristique de notre mode de vie qui perdure “au crochet” de nos ressources naturelles : si nous ne détruisions pas l’équilibre environnemental pour produire des boeufs et des poulets en batterie, nous mangerions moins souvent de la viande, cette viande serait meilleure, et nous nous en porterions d’autant mieux !…
    Et puis, quoi de mieux que de redécouvrir la pratique du jeûne pour se convaincre de ces bienfaits là ? 😉

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