Dans le monde sans en être

Édito : Au-delà du soleil

Mort de François d’Assise, par Giotto, Basilique Santa Croce, Florence.

“Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures, et spécialement messire frère Soleil…” Nous connaissons tous les premiers mots du Cantique de saint François d’Assise. Et en ses temps de conversion écologique, nous nous efforçons d’entrer dans cette louange cosmique.

Nous aimons a réentendre ce cantique et à nous laisser bercer par la louange spontanée de frère soleil, de sœur eau et de notre sœur mère la terre. Cette prière ne s’élèvent cependant pas simplement des pâquerettes charmantes et des coquelicots galants. Ce sont toutes les créatures qui célèbrent le Sauveur. Rien de notre monde n’échappe à cette loi (Cf. Rm 8, 22) ! François, le pauvre mendiant d’Assise, l’avait bien vu, après avoir loué son Seigneur pour le soleil, la lune, l’eau et la terre, il concluait son cantique ainsi :

“Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour notre sœur la Mort corporelle
à qui nul homme vivant ne peut échapper.”

Oui, la mort aussi fait partie de la création de Dieu. Oui, la mort aussi chante la grandeur du Seigneur.

Tel le “dernier homme” dont nous parle Nietzsche dans son Zarathoustra, notre idéal est souvent purement sanitaire : vivre en bonne santé. Notre vie n’ayant plus aucun but devient à elle-même son propre but. Vivre, voilà l’unique espérance du dernier homme.

Ne voyons-nous pas que notre vie ne vaut rien en elle-même, qu’elle n’a de valeur que comme désir d’autre chose qu’elle-même ?! Le chevalier veut mourir au combat, rendant sa vie à son idéal ; le saint veut mourir en confessant sa foi, rendant sa vie à son Seigneur ; le dernier homme, lui, voudrait mourir en ne sentant rien, sans gémissement et sans désir, mourir d’une mort satisfaite et confortable.

Si seulement nous pouvions réapprendre ce que les hommes de l’ancien monde appelait “une bonne mort”…

“Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour notre sœur la Mort corporelle
à qui nul homme vivant ne peut échapper.

Malheur à ceux qui meurent en péché mortel ;
heureux ceux qu’elle surprendra faisant ta volonté,
car la seconde mort ne pourra leur nuire.”

Heureux celui qui rend sa mort à son Seigneur.

Avec François nous louerons pour le frère Soleil, avec François nous louerons pour l’au-delà du soleil 1Cf. le titre du paragraphe conclusif de l’encyclique Laudato Si’ : “Au delà du soleil”. Le pape François commence l’encyclique par une action de grâce pour la nature et la conclu par cette ouverture sur l’au-delà de notre monde signifiant ainsi que la beauté de ce monde ne prend pleinement sens qu’en référence à son au-delà : le visage de Dieu..

 Au-delà du soleil, jusqu’au sein de Dieu.

Benoît

Notes :   [ + ]

1. Cf. le titre du paragraphe conclusif de l’encyclique Laudato Si’ : “Au delà du soleil”. Le pape François commence l’encyclique par une action de grâce pour la nature et la conclu par cette ouverture sur l’au-delà de notre monde signifiant ainsi que la beauté de ce monde ne prend pleinement sens qu’en référence à son au-delà : le visage de Dieu.

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