Dans le monde sans en être

Transhumanisme #4 : Contre l’homme augmenté, l’humanité approfondie (conclusion)

Au transhumanisme qui propose une humanité augmentée, il faut poser la question de savoir si l’enjeu actuel est d’augmenter les potentialités physiques de notre corps ou bien de découvrir les richesses insondables de notre intériorité ? Voulons-nous une “humanité augmentée” ou bien des hommes plus profondément humains ?

Contrairement à l’enrichissement de la vie spirituelle, améliorer des compétences physiques n’a jamais aidé personne à grandir en humanité. Natasha Vita-More, l’une des protagonistes du mouvement se pose la question : “Who do we want to become ?” (“Qui voulons-nous devenir ?”) autrement dit : “Comment voulons-nous nous créer ?”. Mais voulons-nous vraiment nous créer ? Pourquoi ne pas nous recevoir de Dieu comme ses fils bien-aimés plutôt que de prétendre créer nous-mêmes une nouvelle race humaine cyborg. À la vision d’une création ratée par Dieu qu’il s’agirait donc d’améliorer selon notre volonté (pour corriger les erreurs divines), nous pouvons proposer l’humilité de la confiance en notre Créateur.

Finitude et vulnérabilité

L’homme n’est pas un raté, son existence n’est pas une erreur de l’histoire.  Au fond, paradoxalement, le transhumanisme n’est pas dénué d’expressions et de désirs spirituels. Il se présente même comme un véritable messianisme : les technologies NBIC, telles un nouveau messie, viennent à notre rencontre. Il suffit d’attendre les années 2030-2050 et alors elles nous préserveront de la mort, apportant une parodie de Salut. Ce messianisme touche à nos aspirations les plus profondes, il révèle que l’homme ne peut pas se satisfaire du mal ni se résoudre à mourir : il y a en lui quelque chose qui se révolte face à cette infortune. L’homme désire la vie éternelle et c’est bien ce que Dieu veut lui offrir.

Saint Paul lui-même, dans sa seconde épître aux Corinthiens, nous révèle qu’il y a quelque chose d’inaccompli dans notre corps actuel, biologique. Certes, notre corps est un don du Seigneur (“Tu m’as donné un corps” Hébreux 10, 5), certes il nous faut louer Dieu dans notre corps qui est un “Temple de l’Esprit”. Mais la finitude de notre corps et sa vulnérabilité, en même temps qu’elles nous rappellent notre dépendance devant notre Créateur, nous enseignent que nous sommes faits pour plus, que nous pouvons espérer plus. Notre corps actuel ne nous permet qu’une relation médiate à Dieu : nous ne le voyons qu’en figure, imparfaitement. Pour Saint Paul, “demeurer dans ce corps, c’est vivre en exil loin du Seigneur” (2 Corinthiens 5,6). Le désir d’immortalité révèle qu’il est normal de se sentir à l’étroit dans son corps. D’ailleurs, notre vocation n’est-elle pas d’éprouver l’universalité et la Transcendance du Corps du Christ ?

Peter & Nate

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