Dans le monde sans en être

Edito : quand la Grèce questionne l’Europe

Syriza est le grand vainqueur des élections législatives grecques. Alexis Tsipras vient d’être proposé comme futur Premier ministre.

Le parti de gauche radicale Syriza est contre la politique d’austérité qui est en oeuvre en Grèce pour juguler la grave crise qui touche ce pays. Le remède est tellement sévère que les Grecs l’estiment pire que le mal.

Mais surtout c’est l’Europe qui est questionnée par cette victoire. Syriza est un parti très critique envers l’Union européenne et de sa politique d’austérité imposée à la Grèce. Pour gouverner, il se rapproche de la droite souverainiste. Quant aux eurosceptiques français, ils sont unanimes à se réjouir de la victoire de Syriza : de Mélenchon à Le Pen.

Syriza questionne l’Europe, elle la renvoie à sa politique, à son fonctionnement, à son but. Ce n’est pas un scoop : l’Union européenne de 2015 s’est éloignée sensiblement de celle de Robert Schuman… L’arrivée de Syriza, peut être l’occasion de réfléchir à une Europe renouvelée et régénérée.

Mais la victoire de Syriza questionne aussi la Grèce, et elle la met devant ses propres contradictions. La crise grecque a été le fait d’une décrépitude du pouvoir, du délitement d’un Etat. Le renouveau de la Grèce ne peut passer uniquement par une contestation de la politique européenne : c’est l’Etat grec qui est à reconstruire. Et c’est aussi toute une mentalité, une cohésion nationale.

Que fera Alexis Tsipras ? Sera-t-il un populiste eurosceptique mettant en oeuvre une politique de relance ? Ou bien deviendra-t-il un rassurant social-démocrate, adoucissant son  programme anti-austérité ? La dernière hypothèse n’est pas improbable.

Charles Vaugirard

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