Dans le monde sans en être

Paul VI – “Au nom du Seigneur !”

L’accolade du pape Paul VI et du patriarche Athénagoras en 1964.

Ni blond ni poète, comme l’était David, Paul VI dut néanmoins, durant son pontificat (1963 – 1978), affronter des Goliath. Si, apparemment il ne réussit pas à les terrasser, le procès en béatification a mis en valeur la qualité de sa foi, pour le bien du monde, des foyers et de l’Église.

Sa béatification prochaine, le 19 octobre, en plein synode sur la famille, en est une reconnaissance exemplaire. Le pape Montini l’avait proclamé, à la fin de l’anné de la foi (1967-1968), avec l’humble fierté de l’Apôtre: “J’ai gardé la foi”. Comme un pilier solide dans la maison de Dieu.

Durant le siège de Jérusalem, le prophète Jérémie fut incompris, calomnié et privé de liberté. Le prophète mourut en exil. Paul VI a acquis un profil prophétique dans sa vie comme pape. Un pape d’avenir à qui Dieu n’avait pas accordé la réussite mais le dépouillement

Sa jeunesse le conduisit au sacerdoce, à la vie diplomatique et curiale ; il s’exerça dans la lutte devant les totalitarismes ; il s’inspira de “l’humanisme intégral” de Maritain. Éloigné de Rome pour siéger à Milan, en 1954, il choisit sa devise, empruntée à la Bible: “Au nom du Seigneur”. David l’avait employée avant sa lutte. L’archevêque déploya son zèle d’évangélisation dans la société.

Créé cardinal quatre ans plus tard par Jean XXIII, il était en première ligne pour la succession. Il présida le concile, institua le synode d’évêques, mit en route l’application de Vatican II ; des  décrets pour la liturgie, la curie romaine et l’œcuménisme marquèrent l’avenir. À Nazareth, dans la basilique de l’Annonciation, une sculpture rappelle l’accolade de réconciliation avec Athénagoras, le patriarche orthodoxe de Constantinople, en 1964.

Ses encycliques ont été des jalons incontournables. Une panoplie prophétique, relayée par ses successeurs : l’Église, lieu du dialogue d’amour de Dieu avec les hommes ; l’Eucharistie, mystère de la  foi vivante ; le célibat sacerdotal, trésor du Christ dans ses ministres ; la sainteté du  mariage, face au néo-colonialisme impérialiste ; le souci pour le développement « de tout homme et de tous les hommes ». Un pape marial, qui reprit, dès son ministère à Milan, l’héritage d’Ambroise. Quand il proclama Marie « mère de l’Église » devant le concile (1964), il recueilli une salve spontanée d’applaudissements. Un an plus tard, inaugurant un centre social (confié à l’Opus Dei à Rome), il bénissait une statue de Marie « mère du bel amour ».

Peu après son élection, dans une audience privée, Paul VI, âgé de 67 ans, avouait : « Je suis devenu vieux » ; son interlocuteur rétorqua avec respect : « Plutôt vous êtes devenu Pierre ». Le successeur de Pierre dut affronter des turbulences majeures avec les seules armes de la foi. David prit, pour seule munition, cinq galets du torrent. Les encycliques de Paul VI ont été les galets de sa victoire posthume.

Abbé Fernandez

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