Dans le monde sans en être

Européennes, bilan après le séisme

ElectionsEuropéennes24,85 %. Le résultat est tombé comme un verdict. Les commentateurs de tous poils s’en sont donnés à coeur joie (ou plutôt le coeur en peine) pour disserter sur ce qu’ils considèrent comme un “séisme” politique : la victoire politique du FN aux européennes.

Levant les bras aux ciels, nos hommes politiques des grands partis de gouvernement ont invoqué les manes de la République face à la menace du Front national. Avec grandiloquence, Manuel Valls a acté la défaite, cuisante de la gauche, et appelé à un sursaut. On se serait cru le 21 avril 2002, quand tout le monde croyait au come back de “la bête immonde”.

Il faut savoir raison garder et prendre le recul nécessaire. Le Parlement européen n’est pas près de connaître la triste fin du Reichtag : certes, le Front national a connu le score le plus élevé de son histoire et il a un nombre record de députés européens.

Mais il faut le replacer dans son contexte : 24.85 % des suffrages exprimés alors qu’il y a 57.57 % d’abstention… ça vaut la peine d’en faire un dessin : le camembert ci-dessous est éloquent.

Camenbert

D’autre part, sur le nombre total de députés européens, les députés Front national, avec leurs possibles alliés, seront en minorité. Ils ne pèseront guère dans la désignation du Président de la Commission, ni dans le vote des textes. Mais surtout, quand on voit l’activité très légère des députés européens frontistes, on comprendra que la menace est vraiment très faible…

Bien sûr, il ne faut pas tomber dans le piège de la minimisation : ce serait ignorer que cette élection risque d’être une étape vers une possible arrivée au pouvoir de Marine Le Pen. Une victoire aux présidentielles n’est pas impossible si les partis de gouvernement continuent leur chute. Donc, soyons tout de même vigilant.

Mais alors, puisque problème il y a, que faire ?

Depuis l’arrivée du Front national dans le théâtre médiatique en 1984 1Les élections européennes de 1984 marquèrent l’apparition du FN avec un score de 10%. C’est là où Jean-Marie Le Pen a été ultra-médiatisé pour la première fois. Et les dérapages verbaux ont vite suivi…, la parade contre celui-ci a toujours été la même : dénonciation d’un péril brun, de la “bête immonde”, lutte contre l’extrême-droite.

Ces dénonciations n’ont donné aucun résultat.

Et pourtant, le discours était en grande partie justifié. Une partie des soubassements idéologiques du Front national repose sur un extrémisme de droite. Mais malgré cette justification, le discours accusateur ne fonctionne pas et le FN continue de grimper.

Il faut alors trouver une autre parade, tenter de trouver une autre solution. Elle n’apparaitra pas en un claquement de doigt, ni en un clic. Mais pour y parvenir il faut tenter de comprendre le phénomène du succès du FN.

Tout d’abord, il n’y a pas 4 711 339 Waffen-SS en France. Les électeurs du Front national ne sont pas des adeptes des théories d’extrême-droite. La grande majorité d’entre eux n’a rien à voir avec le profil des militants FN, et encore moins de celui des cadres et des idéologues du parti. N’ayons pas peur de ces électeurs et respectons-les. On peut désapprouver leur choix, mais il ne sert à rien de les culpabiliser à coup de leçons et de points Godwin. Au contraire, cela ne fera que les radicaliser.

Comprenons plutôt qui sont-ils et que veulent-ils. L’institut de sondage Ipsos a publié un document très intéressant qui est une radiographie de ces élections.

Qui sont les électeurs du Front national ? “Parmi les votants, le FN réalise ses meilleurs scores au sein des couches populaires et modestes de la société : ouvriers (43%), employés (38%), chômeurs (37%), foyers à bas revenus (30%), et personnes à  faible niveau de diplôme (37%). Il est également lors de ces élections le premier parti au sein des moins de 35 ans (30% contre 15% au PS et 15% à l’UMP) et des 35-59 ans (27% contre 18% à l’UMP et 12% au PS). L’UMP conserve sa traditionnelle suprématie sur l’électorat de plus de 60 ans (25% contre 21% au FN et 17% au PS). Cette élection vient aussi confirmer la fracture grandissante entre l’électorat populaire et le Parti socialiste : seuls 8% des ouvriers et 11% des bas revenus ont voté pour une liste socialiste dans leur circonscription ce dimanche.”

Ouvriers, employés, chômeurs, jeunes, bas revenus, faibles diplômes sont les catégories qui votent le plus au Front national.

En revanche, l’UMP et surtout le PS sont complètement abandonnés de ces catégories. Et ne parlons pas de l’extrême gauche et du Front de Gauche qui ont eu des résultats particulièrement bas.

Les catégories les plus modestes étaient traditionnellement à gauche. Ce sont elles qui fournissaient des bataillons d’électeurs au parti communiste quand celui-ci faisait des scores à deux chiffres. Le parti communiste était le parti des ouvriers, des employés, des pauvres… en un mot : des prolétaires qui rêvaient d’un grand soir qui aboutirait à un monde plus juste. Le PCF était le parti de la révolution et il rassemblait les révoltés. En s’alliant avec le PCF, François Mitterrand a pu se faire élire de toute cette catégorie sociale.

La classe ouvrière et les chômeurs ont abandonné une gauche qui s’est construite autour d’eux et pour eux. Le message est fort : l’actuel Front de Gauche 2qui regroupe PCF et Parti de Gauche. ne rassemble plus les ouvriers. Quant au Parti socialiste, il est essentiellement devenu un parti de haute classe moyenne, de bobos et de fonctionnaires. Autrement dit une population stabilisée et de bon niveau d’instruction. Et le discours du PS a suivi cette mutation : fini le discours fortement social, le parti socialiste a investi les questions sociétales du mariage pour tous, de l’euthanasie et du genre… Le PS est devenu le parti sociétaliste, ce qui plaît aux bobos, mais pas aux plus pauvres.

Le Front national pourrait revendiquer le titre de premier parti ouvrier français, ainsi que de parti des chômeurs, des pauvres et des oubliés de la mondialisation heureuse. C’est là le coeur du problème : une population paupérisée, craignant pour son avenir, vote massivement pour un parti d’extrême-droite.

Une nouvelle lutte des classes semble se jouer, et Marine Le Pen l’a bien compris : depuis son accession au poste de numéro 1 du FN, elle a adopté un discours socialisant à faire pâlir Jean-Luc Mélenchon… ce qui changeait du discours “économiquement de droite” de son père. De national, le FN est devenu “national-communiste” et il a remplacé le parti communiste français en tant que parti prolétarien. Et l’isolement du Front national, son statut de paria mal-aimé ne peut que plaire à un public révolté contre le système des partis de gouvernement : le fameux “UMPS” brocardé par Marine Le Pen.

Le FN est le parti de la révolte, comme le PCF fut le parti de la révolution. Et la révolte gronde car une partie de la population est coupée des élites comme le décrit bien Guillaume de Prémare dans “La France en morceau”.

Que répondre devant cela ?

Le Front national a du succès auprès des pauvres car il a su faire écho à leurs angoisses. En cela il pose de bonnes questions : crainte devant la mondialisation, l’emploi, l’éloignement des élites etc… Mais il donne de très mauvaises réponses : rejet de l’Union européenne, des étrangers, des immigrés, des roms, des “assistés” 3Etrange paradoxe car beaucoup de chômeurs et de bénéficiaires des minimas sociaux votent FN., des musulmans… bref : le rejet de l’autre, ce qui ne peut être une solution, car on ne bâti rien sur la haine, même quand celle-ci est dissimulée par le discours politiquement correct de Marine.

La réponse à cette crise passera sans aucun doute par une nouvelle offre politique, construite au contact de tous les citoyens, a commencer par les plus pauvres. Mais elle passera aussi par une unité renouvelée de notre pays. Cette crise est une nouvelle lutte des classes. Or la réponse des chrétiens face à cette terrible lutte, du bienheureux Frédéric Ozanam à Saint Jean-Paul II, en passant par Léon XIII, a toujours été la fraternité universelle : l’alliance de tous avec tous.

La réponse à cette crise se trouve au coeur de notre pays, auprès de toutes ces populations angoissées par l’avenir. C’est pour eux et avec eux que nous la construirons.

Charles Vaugirard

Notes :   [ + ]

1. Les élections européennes de 1984 marquèrent l’apparition du FN avec un score de 10%. C’est là où Jean-Marie Le Pen a été ultra-médiatisé pour la première fois. Et les dérapages verbaux ont vite suivi…
2. qui regroupe PCF et Parti de Gauche.
3. Etrange paradoxe car beaucoup de chômeurs et de bénéficiaires des minimas sociaux votent FN.

11 réponses à “Européennes, bilan après le séisme”

  1. Pierre Huet

    Ce n’est pas encore le tsunami, c’est le reflux AVANT la déferlante, car le pourcentage élevé du FN vient de l’effondrement du PS, qui a perdu plus des 3/4 de son électorat par rapport à la présidentielle et, dans une moindre mesure, de l’UMP qui n’a pas fini de tomber en vrille.

  2. pepscafe

    Bonjour !

    Merci pour cette analyse.

    Sinon, plusieurs remarques : ce vote croissant de la part de certaines catégories sociales pour un parti qui se déclare « antisystème »(avec un relookage « national-socialiste »-plus que « communiste », sans vouloir faire de mauvais jeu de mot) est-il le signe d’une volonté de sortir d’une dimension clivante de la société ? Ainsi que d’un besoin (via la recherche d’une figure d’autorité-à ne pas confondre avec une figure de pouvoir) de renforcer un environnement républicain ressenti comme affaibli, et donc de renforcer ce qui relie face à ce qui divise ?

    A l’heure où ces fondements républicains sont ébranlés par la crise économique, sociale, culturelle et même morale (voir les déceptions de la gauche et de la gauche de la gauche-que vous avez bien analysées, l’affaire Cahuzac, et également les derniers scandales autour de l’UMP-qui a réussi à faire oublier ses succès aux Européennes-touchant, par ricochet, certaines personnalités, tel JF Copé-rappelons-nous sa petite phrase du « pain au chocolat »), nos concitoyens ont effectivement besoin de retrouver la confiance en leur bien commun. A ce sujet, les idées du FN sont généralement présentées comme étant celles du « bon sens », par ses défenseurs. Alors que le véritable “bon sens” serait plutôt d’examiner le fond idéologique et l’esprit du FN, comme vous nous y invitez : est-il le mieux placé pour répondre à un besoin de ce qui relie pour contrer ce qui divise ? Pour ma part, non. Car ce parti ne saurait rétablir le lien commun qui unie le peuple français, étant un parti qui divise et se fonde sur la recherche de boucs émissaires.

    Le “bon sens” serait aussi de refuser, et de séduire les électeurs du FN(sous prétexte que celui-ci “progresserait”), et de banaliser ses idées, en se persuadant “qu’il n’est pas un danger” ou en tentant de reprendre ses thématiques sous prétexte de répondre à “des besoins réels »(voire à s’allier avec lui), à l’instar de certains politiques. (http://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/06/24/banalisation-de-lextreme-seduction/ )

    Qui donc est le mieux placé pour remettre en valeur le bien commun et cette notion de l’alliance ?
    « La réponse à cette crise passera sans aucun doute par une nouvelle offre politique, construite au contact de tous les citoyens, à commencer par les plus pauvres. Mais elle passera aussi par une unité renouvelée de notre pays. Cette crise est une nouvelle lutte des classes. Or la réponse des chrétiens face à cette terrible lutte, du bienheureux Frédéric Ozanam à Saint Jean-Paul II, en passant par Léon XIII, a toujours été la fraternité universelle : l’alliance de tous avec tous ».
    Effectivement. Ceux qui aspirent à gouverner ont une grande responsabilité à ce sujet. Prions pour eux. J’avais également eu l’occasion de donner un exemple de « politique autrement », avec Althusius, qui explique très bien cette notion de « l’alliance » : http://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/03/21/althusius-la-politique-autrement/

    Mais la solution ne serait-elle que « politique » ? Elle ne me semble pas être en un nouveau « messie politique », qui ne serait qu’un démagogue. Les chrétiens, qui savent que le Messie est Jésus-Christ (« Jésus le Messie »), ne devraient pas en attendre « un autre », mais se souvenir qu’ils sont « sel et lumière ». Et qu’être le sel de la terre, c’est rechercher la paix de la société où nous vivons en “étrangers”(cf Jer.29v7), c’est prier et intercéder “pour tous les hommes” et particulièrement pour les autorités, “les rois et pour tous ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté. C’est bon et agréable devant Dieu notre sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité.”(1 Tim.2v1-4)

  3. Charles Vaugirard

    @PepsCafé : Merci pour ton commentaire. Ton propos est très juste et je rejoins ce que tu dis.
    Le FN ne peut pas être la solution car c’est un parti qui divise et stigmatise. La recherche de boucs émissaires est toujours injuste et génératrices de grandes violences.
    Mais leur succès est révélateur d’une crise au sein du pays, et une analyse s’impose, sans jeter d’anathèmes bien sûr.
    Quelle réponse donner ? Il est évident qu’il n’y aura pas de messie terrestre. Dieu seul est notre sauveur, donc il n’y a pas de miracles à attendre. Par contre, on peut tenter d’améliorer certaines choses dans la mesure du possible. Et, je suis d’accord, ce n’est pas avec le FN que les choses iront mieux. Bien au contraire, le FN ne ferait qu’aggraver la situation.

    @Pierre Huet : En effet, le résultat de dimanche n’est qu’une étape.

    @Paul : Merci du lien.

  4. Andino

    C’est étonnant la CL attitude sur le FN: ses électeurs ne sont pas de dangereux extrémistes mais son idéologie et ses cadres sont dangereux (et souvent incompétents).
    Que faut-il dire de l’idéologie et des cadres des partis dits “de gouvernement”. Idéologie libertaire sur les questions sociétales, libéralisme à tout crin ou socialisme irresponsable sur les questions économiques, discours fumeux sur les valeurs (sans aucun principe qui explique d’où viennent ces valeurs) qui diluent complètement l’identité (j’invite les lecteurs de ce blog à relire “Mémoire et Identité” de saint Jean-Paul II).
    Et pour les personnes, scandales à répétition, plusieurs exemples de gestion catastrophique, déconnexion des réalités économiques…
    Bref, la politique c’est sale de toute manière car c’est humain et au XXIe siècle, il n’y a même plus la Lumière du Christ pour éclairer les institutions humaines. Mais courage, c’est le temps de l’Espérance!

  5. Charles Vaugirard

    @Andino : Il y a certes des problèmes avec les partis de gouvernement. Mais la réponse ne peut se trouver dans une organisation objectivement xenophobe et raciste comme le Front national. Il semble selon certains, que le FN répondrait à certains problèmes. Faux : il ne ferait qu’aggraver la situation. Pour s’en convaincre il suffit d’étudier les discours, le contenu idéologique de ce parti. Comment douter de cela ? Les faits sont là et parlent d’eux même. Le FN a fait évoluer son discours en le recouvrant d’un vernis politiquement correct. Mais dans le fond c’est toujours pareil : xenophobie, rejet de l’autre, populisme. Il y a juste un point qui a clairement changé : les anciennes positions sur l’IVG. Maintenant le FN est de plus en plus “dans le vent” et compatible avec le “sociétal”.
    Comment peut-on croire que ce parti soit proche des valeurs chrétiennes ? Alors qu’il en est l’antithèse la plus parfaite.

  6. Andino

    Je n’ai jamais prétendu que le FN est l’idéal du parti chrétien. Je pense en revanche que face à certains enjeux, comme le projet “toujours plus d’UE”, ses représentants défendent mieux ce que je pense. Donc je vote pour eux, c’est bien cela la démocratie?
    Moralement, c’est le problème du moindre mal…

    Mais puisque vous avancez quelques arguments, je vous demanderai d’aller plus loin. Populiste, et alors? Qui défend le peuple dans l’offre politique d’aujourd’hui? Et la doctrine sociale de l’Eglise n’a-t-elle pas des dimensions clairement populistes? Quittez donc l’entre-soi du XVe arrondissement de Paris et acceptez que le peuple soit… populaire!
    Raciste : dénoncer la progression de la culture musulmane au détriment de la culture française (d’essence chrétienne) avec la complaisance de la classe au pouvoir, c’est cela que vous appelez du racisme? Je désapprouve l’argumentation du FN qui promeut la laïcité républicaine pour combattre l’islamisation de la société française, et surtout les exigences croissantes de la communauté musulmane. Je pense qu’il faut combattre ce mal en affirmant l’identité (les racines) chrétienne de notre pays. Mais le FN est le seul parti à faire un tir de barrage à cette démission de la fierté nationale, et le fait au nom de valeur républicaine, pas d’une idéologie raciste.

    Sur les questions de société, c’est un pas en arrière, un pas en avant. Ralliement au politiquement correct sur l’avortement, mais position finalement claire sur le “mariage pour tous”, et la plus proche du mouvement manif pour tous.

    Je vais vous faire un aveu: je n’aime pas Marine Le Pen mais ses mots sonnent pourtant assez justes, je suis très inquiet de la place de Philippot qui est un idéologue dangereux, mais il y a aussi des personnalités remarquables au FN comme Bruno Gollnish, Aymeric Chauprade et Marion Maréchal…

    Je n’espère pas vous convaincre, mais vous éclairez sur le fait que des catholiques votent pour le FN. Stop aux jugements hâtifs et aux lieux communs, surtout lorsque ce sont des calomnies!

  7. Y.P.

    La victoire de FN etait plus que previsible et logique. Ce qui n est pas en revanche logique que becoup de Francais ne veulent pas se rendre compte que la polituqe nationale ne suffit plus a notre epoque. Je crois en revanche que le score de Fn a ete augmente surtout par la popularisation du novel ordre social au mepris de la famille. Et de mon point de vu atraers la perspective de l expansion russe je dirais que la Russie a becoup investi non selement dans l extreme droite (http://www.newrepublic.com/article/117692/fascism-returns-ukraine) mais peut-etre aussi et a premier vue paradoxalement dans la popularisation de la homosexualite comme force politique. Pourquoi ? Par ce que il etait previsible que cette popularisaton fera gangner l extreme droite en Europe, or cela permet d afaiblir UE par les conflits internes. Mais c estmon point de vue que je ne pourrais pas prouver. En revanche je suis de plus en plus persuade que tout se passe en politque internationale comme en “bon vieux temps” de la “guerre froide”. Et en se moque des electeurs comme d habitude par les technologie de la manipulation de conscience. En revanche les repurcutions seront plus fortes car on est bien plus atteint par la mondialisation que apres la 2nd guerre. C est pourquoi les bonnes intentions de FN (reellement par fois bonnes) peuvent tourner en mauvaises conscequences non seulement pour les Ukrainiens (FN soutien la politique du Poutine) mais aussi pour les Francais a long terme et longue duree.

  8. Choshow

    Bonjour,
    J’ai lu pas mal d’analyse des européennes, et bizarrement, à peu près aucune ne me satisfait. Celle-ci est comme les autres…
    Les pourcentages sont très intéressants, et montrent mécaniquement… que le FN est parti pour continuer de progresser. Parce que des pauvres, des chômeurs, des personnes de classes sociales basses, il y en a de plus en plus, et que parmi les nouveaux électeurs (qui remplacent ceux qui sont trop vieux et ne peuvent plus voter) la proportion de pro-FN est très forte.
    Je rejoins Andino sur son commentaire, et je trouve que si on prend l’UMP ou le PS, on peut faire la même analyse que pour le FN: comment des partis objectivement coupées du peuple et n’écoutant pas la voix des citoyens pourrait être une réponse? Ces partis ne font qu’aggraver la situation. Les faits des 30 dernières années parlent d’eux-mêmes, et la détérioration de la société et du vivre-ensemble en témoignent.
    De même l’UMP et le PS divisent tant et plus, et stigmatisent fréquemment ceux qui ne pensent pas comme eux. Dans le fond, ils servent tous deux des intérêts privés, des intérêts de classe, etc…
    Bref, ces analyses fonctionnant aussi voire mieux pour les partis au pouvoir en alternance, je ne vois toujours pas en quoi la montée du FN serait un problème.
    Et les réponses à la crise telles que proposées… paradoxalement… ne fonctionnerons de façon optimale… qu’avec le FN. Qui est le premier au contact des pauvres, des assistés, des déçus…
    Juste pour finir, l’analyse de nouvelle lutte des classes ne me parait pas du tout pertinente, mais si on lui donnait du crédit, alors la montée des extrémismes ne serait qu’un légitime retour de boomerang contre des oppresseurs qui se moquent bien du peuple, des pauvres, des faibles…
    Est-ce qu’il est aujourd’hui en mesure d’apporter des solutions bonnes? Oui, en partie. Du point de vue prudentiel, on peut juger qu’un ralentissement/ changement de la construction européenne (et non sa sortie), se poser les bonnes questions quand personne ne les pose, et la fraternité entre les plus faibles est bien mieux amorcée côté FN que de n’importe quel autre parti.
    Après, ce que ça donnera après, ça dépend de ceux qui s’engagent… et de la mesure de leur engagement.

  9. Y.P.

    @ Choshow
    “l’analyse de nouvelle lutte des classes ne me parait pas du tout pertinente, mais si on lui donnait du crédit, alors la montée des extrémismes ne serait qu’un légitime retour de boomerang contre des oppresseurs qui se moquent bien du peuple, des pauvres, des faibles…” – bin oui vous avez raison et c est la ou est le danger des “partis fort” partis radicaux. Lorsque j habaitait en Frane j etais tres proches de milieux FN et je le trouver bien. Mais plus tard avec l avencement des mes etudes j ai compris aue finalament le nationalisme et le socialsme sont des jumeaux. Si on regarde bien dans les duex il s agit de renforcer l Etat peu iporte au nom du mythe social ou national… D abord on fortifie l Etat ensuite on ne reussit pas les promesses ensuite on en centralise le pouvoir car cela va souvent de paire avec l augmentation en puissance de l Etat et on arrive a l autoritarisme et puis il y a des risques de totalitarisme… De plus les partis extremes gagnent toujours aux moments de crises – clasique…
    Quant aux classes – le terme est dangereux a mon avis car ne represente pas la realite politique. Nous avons trop vite avale cette division tres souvent comprise al maniere marxiste. Le probleme ce que la societe en realite est partagee autrement. Vous le dites de le comprendre en disant que vous n etes pas partisant de theorie de classe mais neamoins vous ne pouvez pas vous en detacher :). Et la vous avez un poind commun avec l auteur.

    @ Charles Vaugirard
    si je m abstrait de la politique exterieure et des mes origines ukrainiennes… si je m imajine Francais – il ya des fortes chances que je vote aujourd hui FN. Cela pour multiples raisons: tout abaord c est un partis qui tiens encore a sa reputation car il n a pas encore vraiment exerce le pouvoir, cela est tentant il y a des nouveaux visages il se peut qu`on decouvre les nouveaux talents… Ensuite la crise – elle fait toujours emmmerge les partis extremes comme une derneire solution qu on tente pour sauver le bateau. Changement radiacale de l diologie – depui 15 ans les Franais pour la moitie sont les pro-europeens et cela a mene a la crise (pensent certains) il faut donc essayer nouvelle alternative… En va penser a nos entreprenneurs etc… – illusion mais c est une belle illusion (comme la victoire de la calssa prolitaire qui d ailleurs n existe pas forcement) … Donc ne nous ettonons pas.
    Quant aux faits que le promesses nes eront pas tenues – mais dites moi quelle parti a tenu les promesses ? 🙂
    Quant a la representations des nterets des plus demunis les moins entendus – mais la majeurite des partis se decalre a les defendre (mais cela a toujours reste une declaration electorale).
    Quant al representation la raie voix du citoyen – je suis desolede me repeter sur ce site mais R. Michels l avait demontre encore au debut du XXsc. que meme les partis les plus proches du peuple ( a l epoque c etient les socialiste) s eloigne du peuple par leur structure et cela n est pas exceptionnel a la France.
    En relaite depuis long temps je crois qu on vit non pas dans ne democratie mais une oligarchie. Changer le clivage oligarchique de temps a autre peut etre utile. Mais peut etre nuisible = quite ou double :).

    La danger de l FN en revanche c est le fait que c est un parti fort qui risque de chercher a prouver sa originalite et l a deja tente par sa politique exterieure. Il risque de provoquer une tres forte reaction d enface et aboutir a un autoritarisme a contrario egalement. Il a forcement du trouve le nouveau financement pour une campagne electorale plus riche (car sa victoire devenait lus probable il falait donc investir dans la pub) et selon T. Snayder les partis de l`extreme droite en Europe dernierement sont finances par la Russie (tres dangereuse et autoritaire depuis l`acces au pouvoir de V. Poutine), ce qui peut aussi expliquer le soutien de Marine Lepen de la politique etrangere de V. Poutine. La France donc risque de se retrouver dans une situation internationale delicate d autant plus, comme il me semble, la diplomatie en general a perdu le niveau et je ne sais pas si FN est vraiment riche en cadres experimentes (car n a pas vraiment exerce le pouvoir). He oui aux moments des crises c est le populisme qui gagne – rien d etonnat. Mais c est par des tels balancements que murit l electorat (a condition que le pays ne sembre pas dans le totalitarisme ou regime autoritaire).

  10. Charles Vaugirard

    Le FN est un parti qui pose beaucoup de problèmes de part les courants, tendances et idéologies qui l’animent. Nous ne pouvons nier la présence d’idées racistes et antisémites au sein de ce parti. Et non @OscarAndino, il ne s’agit pas de calomnies ni de rumeurs. A titre d’exemple, les multiples “dérapages” verbaux de Jean-Marie Le Pen. Cet article nous donne quelques exemples, vidéos à l’appui : http://www.sudouest.fr/2014/06/07/jean-marie-le-pen-derape-au-sujet-de-patrick-bruel-on-fera-une-fournee-la-prochaine-fois-1578942-5208.php On peut aussi citer les multiples évocations du “détail” que serait la Shoah… propos qu’il a notamment tenu en Allemagne aux côté d’un ancien SS qui a écrit un bouquin élogieux sur lui ! Ces propos sont plus que des “dérapages” : c’est un discours idéologique. Comment faire confiance en un tel parti ? En conscience, je ne peux pas.

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