Dans le monde sans en être

Parfois le cœur est un tambour fou (théâtre)

Parfois le monde du spectacle vivant laisse la place à des projets un peu fous. Ou alors parfois des gens un peu fous prennent leur place dans le monde du spectacle vivant. Cette année, c’est Damien Ricour et sa troupe du Théâtre de l’aiguillon qui se sont portés candidats. Le comédien et metteur en scène n’en est pas à son coup d’essai. Son engagement dans des spectacles à dimension chrétienne remonte à plus de dix ans, lorsqu’il joue dans « A quoi ça sert de gagner le monde » écrit par Fabrice Hadjadj. La troupe du théâtre de l’aiguillon est quant à elle fondée en 2005 pour porter sur les planches, selon leurs propres termes, « des histoires qui donnent le goût de l’aventure et du risque, du don de soi, le goût des choses belles et généreuses, le goût de l’absolu ». Après plusieurs spectacles écrits et joués en solo, c’est accompagné de trois autres artistes que le comédien revêt les habits de Saint-François d’Assise, délaissant l’espace scénique traditionnel pour le carrelage de la crypte de Notre-Dame du Perpétuel Secours.

Et à l’image de François, le « plateau » est dénué de tout superflu : un tréteau, une échelle, un tabouret bancal et un très gros bout de ficelle, il n’en a pas fallu plus à ces 4 interprètes pour donner vie à un personnage finalement mal connu. De ses débuts de jeune fils d’aristocrate partant à la guerre à sa mort des suites d’une maladie l’ayant rendu aveugle, on voit cet homme évoluer, guidé par une foi reçue un peu à la manière d’un Paul de Tarse et entraîner avec lui quelques disciples dans son choix de pauvreté. Mais pas question de montrer un homme austère. Le spectacle fait largement place à l’humour. Célébrant son amour pour les belles et bonnes choses. Moquant ses crises d’ascétisme. Plaçant sur sa route ou sur celle des frères qui le suivent des personnages hauts en couleur, tels le tailleur italien et son inimitable bagout, le démon tentateur pris à son propre piège ou d’autres encore. Pas question d’en oublier le charisme de François, qui entraînera à sa suite un riche notable l’ayant hébergé pour une nuit (joué par le chevronné Franck Beckmann, estampillé Vu à la télé et au cinéma), ainsi qu’un pauvre hère qui n’aura de cesse de se dépouiller de tout jusqu’à sa chemise (l’excellent François Gineste, maîtrisant à merveille des instruments de musique estampillés Jamais vus nulle part). Sur son chemin, il rencontrera naturellement Claire d’Assise (Diana Trujillo) qui devra faire preuve d’une force de persuasion hors normes pour le suivre.

C’est une fois ces 4 personnages réunis que le spectacle entre dans une dimension plus spirituelle et méditative, suivant leurs voyages pour prêcher sur les routes, avant le retour à Assise où s’établira l’ordre des Franciscains. Tout au long de cette pièce, on voit les ambiances se succéder avec la même agilité que mettent les comédiens à passer d’un rôle à l’autre, on rit, on sourit, on entend, on se laisse bercer par la musique, on écoute, et à la fin, on applaudit par conviction. Si vous n’avez pas encore pris de résolution de carême, vous pouvez toujours encourager cette troupe avant les Rameaux (ce qui ne saurait être considéré comme un effort).

Plumechocolat

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Détails :

Parfois le cœur est un tambour fou, jusqu’au 13 avril 2014, du mercredi au samedi à 20h30, le dimanche à 17h

Crypte de Notre-Dame du Perpétuel Secours,  6 bis, rue René Villermé – 75011 Paris

Plus d’infos ici.

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