Dans le monde sans en être

Solidarité avec Le Rouge et Le Noir : Misère de la Piraterie

Cela faisait plus de deux semaines que le site Le Rouge et Le Noir était fermé suite à une attaque pirate informatique.

Aux Cahiers Libres, nous sommes sur une ligne éditoriale différente mais nous ne pouvons qu’être tristes avec eux de cette attaque. Attaque envers eux et envers la liberté d’expression. Certes, nous sommes souvent dans des désaccords temporels avec leurs auteurs, mais l’Essentiel nous rassemble en la Vérité du Christ.

 

Si je diffère de toi, loin de te léser, je t’augmente”.

Antoine de Saint-Exupéry

 

Ainsi, des adversaires de cette gazette en ligne semblent avoir trouvé une solution radicale à leur désaccord avec leur  ligne éditoriale.

Certains auteurs des Cahiers Libres ont pu, par le passé, exprimer sur leurs blogs personnels leur opposition aux opinions exprimées avec ardeur sur le site Le Rouge et le Noir. Lesdits auteurs ont ainsi dialogué avec un des rédacteurs de cette gazette, et malgré les désaccords parfois profonds, il leur est resté de ces disputatio ce sentiment d’échange dans l’élégance et la passion fervente. Chacun s’est positionné ferme et droit dans ses bottes, convaincu de la légitimité de sa pensée, mais sans cesse dans le dialogue argumenté.

 

On pourrait reprendre cette citation apocryphe attribuée à Voltaire “ Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire ” mais cela se limiterait à une forme de tolérance sonnant comme un “cause toujours”.

Or, toutes les idées peuvent et doivent pouvoir s’exprimer et on ne peut reprocher à son « adversaire intellectuel » d’exister… On peut tout au plus s’en vouloir personnellement de ne pas davantage être visible et investi dans l’expression de sa propre tendance.  C’est d’ailleurs la raison d’être des Cahiers Libres : tenter d’apporter humblement de la diversité dans une blogosphère catholique un peu trop binaire (caricaturalement résumée en « cathos réacs » VS « cathos mous »). Nous essayons d’apporter un autre regard par ce moyen ingénieux selon nous qu’est le blog collectif.

 

Pour construire sa pensée il faut savoir la frotter à la contradiction. Ce n’est que dans la rencontre de l’autre et dans le dialogue qu’elle peut se structurer et s’enrichir.

Nous n’avons peut être pas la même vision du monde que Le Rouge et Le Noir… Mais avant tout, nous sommes des ardents défenseurs de la liberté. Or il est inacceptable qu’une opinion soit ainsi bâillonnée. Et qu’un réel travail intellectuel de fond soit perdu.

 

Le débat sur la tradition se cristallise souvent autour de la question de savoir si le concile Vatican II est une rupture ou une continuité dans l’histoire de l’Église. Certes, les chantres de la théorie de la rupture sont souvent des « cathos tradis », voire intégristes. Mais la méconnaissance profonde que les catholiques de ce siècle ont du rite extra-ordinaire et plus largement de l’histoire de l’Église force à constater sinon une rupture, du moins un douloureux oubli.

Le travail du R&N est en ce sens remarquable puisque faisant partie de ceux qui oeuvrent à nous faire mieux comprendre une part de la tradition, il nous donne un autre angle pour entrer dans le mystère de l’Église.

 

1984 2« Quand, dans un Etat, vous ne percevez le bruit d’aucun conflit, vous pouvez être sûr que la liberté n’y est plus. »

Edouard Herriot

 

L’attaque dont ils ont été victime était celle d’un terrorisme aveugle et sans visage.

C’est là l’éternel débat entre anonyme et pseudonyme qui revient. Si les membres du R&N avaient fait le choix d’écrire sous noms de plume, ils ont toujours été accessibles et surtout, par la permanence de ces noms, ils ont sut faire connaître l’unicité de chacun au sein de leur ligne éditoriale.

Face à ce choix respectable (ayant fait le même choix nous ne pourrions défendre une autre position) c’est la brutalité de l’anonymat le plus total qui s’est exprimé. Sans nom, sans visage, sans même de raisons ou d’explications données. Et c’est peut-être là le plus révoltant !

 

Quand on n’est pas d’accord avec un journal, on commente ses articles, on lui répond par lettre ouverte. Quand on regrette la position dominante d’une gazette, on crée une nouvelle gazette.  Quand on n’aime pas une idée, on apporte de nouvelles idées.

Et quand on veut gagner une disputatio, on travaille sa prose pour convaincre. On passe du temps pour bâtir une argumentation solide, pour étayer une pensée que nous désirons féconde. On croise la plume. On prend le risque du débat.

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On ne se fait pas forban 2.0 pour aller à l’abordage d’un blog. Masqués, dans l’ombre, rendant impossible toute riposte, toute protection.

Qui sont ces pirates ? Nul ne le sait. Ce qui interroge sur l’intelligence de ces courageux anonymes : leurs idées n’ont pas été défendues car nous ne saurons jamais la cause de cette attaque. Le débat n’a donc pas avancé et la liberté a reculé.

 

 

« Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n’était pas, je vous l’aurais dit. Je vais vous préparer une place. »

Jn 14, 2

Chers « concurrents » du Rouge et Le Noir, chers frères dans le Christ et sa sainte Eglise, vous qui fêtez aujourd’hui la renaissance de votre gazette, nous vous souhaitons une longue vie virtuelle durant laquelle vous pourrez toujours librement exprimer vos idées. Car ainsi, chacun à sa « place », nous pourrons toujours être là pour débattre fiévreusement avec vous, pour engager le duel des opinions, en bonne intelligence, en toute charité, et avec un réel désir commun de défendre la vérité.

 

Les plumes des Cahiers Libres

 

 

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