Dans le monde sans en être

Le choc de simplification arrive enfin !

choc de simplification

Le « choc de simplification » arrive enfin ! Grâce au gouvernement de François Hollande, la bureaucratie française n’a plus de secret pour nous, et les masques tombent.

choc de simplification

Après la sortie de l’anonymat l’année dernière du Conseil économique social et environnemental (CESE), aussitôt retombé dans les poubelles de la démocratie citoyenne après son refus d’enregistrer les 700 000 signatures de la Manif pour tous ; après la découverte de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), qui a préconisé le 31 juillet dernier la possibilité de changer de sexe à l’état-civil sans avis médical préalable ; voici dévoilé le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes.

Crée en janvier 2013, cette énième instance consultative a pour mission « d’animer le débat public sur les grandes orientations de la politique des droits des femmes et de l’égalité ».

Vaste programme. Or, ce Haut Conseil n’a rien trouvé de plus urgent que de sanctuariser l’avortement comme dogme intouchable : dans un rapport consulté le 7 novembre par Europe 1, il demande au gouvernement à faire évoluer la législation, et à supprimer définitivement tout obstacle à l’IVG.

Achever la loi Veil

Ainsi, la principale proposition du rapport consiste à supprimer la clause de conscience aux médecins ! En effet, « beaucoup de médecins ont invoqué cette clause de conscience pour ne pas appliquer la loi », s’est plaint à Europe 1, Marie-Laure Brival, chef de service à la maternité des Lilas, en Seine-Saint-Denis.

Cette attaque contre l’objection de conscience, garantie par la loi Veil de 1975, arrive alors que le 22 octobre dernier, le Parlement européen de Strasbourg a rejeté une proposition de loi visant à déclarer l’avortement comme un droit de l’homme, et à rendre impossible la clause de conscience des médecins. Ce rejet salutaire fut notamment mené par les députés polonais, maltais et britanniques  – ces derniers étant moins intéressés par le sort du fœtus que par la défense de leur souveraineté.

Autres propositions du rapport : supprimer la période de réflexion de sept jours devant précéder un avortement, et modifier le Code de la santé, où il est écrit que l’IVG est en principe réservé aux femmes « dans une situation de détresse ». Il s’agit, selon Françoise Laurant, membre du Haut Conseil, citée dans Le Monde, de « faire de l’IVG un acte médical comme un autre ».

Toutes ces dispositions en finissent avec les mesures de la loi Veil qui encadraient et limitaient la pratique de l’avortement. On arrive au bout d’une logique, déjà engagée lors de la loi Aubry de 2001, qui supprimait l’autorisation parentale pour les mineures souhaitant avorter, ainsi que l’entretien préalable à l’IVG.

Le rapporteur de la loi Aubry était la députée PS Danielle Bousquet, membre du Planning familial… et aujourd’hui présidente du Haut Conseil en question.

Le dernier souffle du vieux monde ?

Sur Twitter, Tugdual Derville a réagi : « Pourquoi relayer les préceptes fatalistes du Planning ? Caroline Roux 1secrétaire générale d’Alliance VITA vous dira que la plupart des femmes veulent éviter l’IVG ».

Tugdual prêcherait-il dans le désert ? Rien n’est moins sûr. Même si l’IVG est devenu en apparence un pilier indestructible de la République, ses bases deviennent fragiles.

La situation actuelle est paradoxale : la société n’est jamais allé aussi loin dans l’avortement (chiffres en hausse, consignes d’État pour le banaliser, eugénisme…), mais une souffrance sourde, profonde, est sécrétée en son sein. Le syndrome post-avortement est une réalité, que ne nient pas même des médecins militants, comme Israël Nisand, Brigitte Letombe et Sophie Marinopoulous, qui écrivaient dans Libération, en mars 2012 :

« Nous voyons chaque jour dans nos consultations des femmes qui nous disent leur souffrance psychologique et leur mal-être parfois de nombreuses années après, alors qu’elles auraient pu «cocher» lors d’un sondage que «tout allait bien». La souffrance ne se coche pas, elle se parle ! (…) Nous n’avons jamais rencontré de femmes pour qui l’avortement a constitué «un événement fondateur de leur vie d’adulte».

La vieille garde de Mai 68 et ses avatars modernes, tel Najat Vallaud-Belkacem, se sentent menacés. Ils savent que l’avortement ne sera jamais, dans l’intimité des familles, considéré comme un acte anodin.

En outre, la contestation de l’IVG comme seul et unique horizon proposé aux femmes, menée par des âmes déterminées, souvent maladroites, mais toujours persévérantes et fidèles à leurs idées, n’a jamais faibli. Elle se professionnalise, et peut compter sur une génération montante jeune, motivée et qui ne demande qu’à être formée et à agir.

Pourquoi pas lors de la manifestation « pour la vie » prévue en janvier 2014 ?

Bougainville

Notes :   [ + ]

1. secrétaire générale d’Alliance VITA

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