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Monsieur le curé fait sa crise : un roman et un appel

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Le curé d’une paroisse rurale n’en peut plus. Après une accumulation de déboires, frustrations, mauvais coups et autres désillusions, il décide de fuguer. Ainsi commence le roman de Jean Mercier « Monsieur le curé fait sa crise ». Avec un humour délicieux, riche en formules imagées dont l’auteur a le secret, ce roman aborde un sujet grave : la souffrance des prêtres épuisés par la réunionite, le management de bénévoles, les kilomètres pour desservir tous les clochers (et ne frustrer personne…), la multiplication des tâches éloignées de l’essence de leur ministère, l’absence de reconnaissance et autres difficultés qui conduisent tout droit nos prêtres vers le burn out. Et Dieu sait si cette question est grave : l’épuisement professionnel se répand chez nos abbés, et parfois l’actualité nous rappelle qu’ils ne sont pas à l’abri de l’irréparable…

La figure du prêtre est un thème bien connu par Jean Mercier qui avait écrit une enquête précise et exhaustive sur le célibat des prêtres qui fauchait au passage quelques idées reçues. Cette fois-ci, c’est sous la forme d’un roman façon « Don Camillo » qu’il aborde son thème préféré. Mais surtout il faut lire ce livre comme un appel à une réflexion (et une réforme) de l’organisation de nos paroisses. Jean Mercier nous montre que ce qui mine les prêtres est une dispersion dans de multiples activités. Il nous rappelle que le prêtre n’est pas multitâche et qu’il est indispensable de resserrer son activité autour du cœur de sa vocation : annoncer le Christ, être un apôtre de sa miséricorde. La confession, la messe, la prière… et avoir comme objectif de toucher les périphéries en n’étant plus un personnage inaccessible. Certes, fermer des clochers pour ne garder plus qu’une église au centre des groupements paroissiaux, supprimer des réunions, pour que le prêtre soit disponible dans son confessionnal (et puisse aussi célébrer des funérailles, lieu essentiel pour annoncer la vie éternelle), n’est pas toujours facile à mettre en place. Mais ce sera indispensable pour que nos prêtres puissent vivre pleinement leur vocation. Et nous les laïcs pouvons les aider, ne serait-ce qu’en acceptant que le clocher de notre village n’ait plus sa messe trimestrielle.

Ce beau roman est à découvrir et à faire découvrir. N’hésitez pas à l’offrir à votre curé ou même à votre évêque : son message est salutaire et il doit être diffusé.

Charles Vaugirard

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