Dans le monde sans en être

Noël : la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes !

Noël. En une phrase, saint Paul nous révèle le sens plénier de cette fête. Aujourd’hui comme il y a deux mille ans, la grâce de Dieu est rendue présente pour tous les hommes…

Voici que César, au sommet de sa puissance, décide un recensement de tous ses peuples. Ce recensement qui a dû être une source d’inquiétude pour Joseph et Marie dans l’attente de la naissance de Jésus va permettre une chose étonnante. En effet, sans le savoir, l’empereur se fait l’instrument de la Providence en ordonnant à un descendant de David d’aller dans la ville de ses ancêtres pour y être recensé. C’est comme si César se faisait le « complice » de la geste de Dieu. Sans le vouloir, il va redonner vie à cette dynastie et permettre à la prophétie de s’accomplir : «  Un surgeon sortira de la souche de Jessé (…) Ce jour-là, la racine de Jessé, qui se dresse comme un signal pour les peuples, sera recherchée par les nations, et sa demeure sera glorieuse[1]. »

De la crèche à la croix

Dieu livre cet enfant aux hommes en le confiant à la première d’entre nous, la Vierge Marie : « Elle mit au monde son fils premier né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire. » Pour le monde il est comme impuissant,  alors, que pour les croyants, de la crèche au Golgotha, se manifeste la toute-puissance du salut de Dieu :

  • A la crèche, il est emmailloté et ligoté dans ses langes comme il le sera sur la croix puis dans son linceul.
  • A la crèche, le Verbe de Dieu en qui nous avons été créés se tait comme il se taira devant ses juges, Lui qui jugera le monde.
  • A la crèche, il est livré entre les mains de Marie qui, comme l’Eglise, présente Jésus aux hommes de bonne volonté.
  • A la crèche, il se donne tout entier à tous comme il se donne dans l’hostie de l’Eucharistie que nous célébrerons dans quelques instants.

En se faisant homme, en naissant pauvre parmi les pauvres, Dieu ne s’impose pas. Il se donne, afin qu’à son contact nous recouvrions l’innocence, la joie, et la paix. A Noël, en rencontrant notre souffrance, l’amour se fait miséricorde.

« N’ayez pas peur, je vous annonce une bonne nouvelle ! »

Les premiers témoins de cette joie sont les pauvres à qui Dieu envoie ses anges, afin que sa gloire soit enfin aussi celle des pauvres et des petits. Les cieux s’ouvrent et distillent la rosée, comme un baume de joie une consolation pour les bergers. Par eux, Dieu s’adresse aux brebis perdues de la Maison d’Israël, ainsi qu’à tous ceux qui se reconnaissent pauvres et pécheurs et qui veulent recevoir son salut…

« N’ayez pas peur » dit l’ange : « Je vous annonce une bonne nouvelle ». C’est cela l’Evangile, une bonne nouvelle, « une grande joie ». Cette bonne nouvelle est qu’ « aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David », un berger comme eux. « Il est le Messie, le Seigneur. » Voici le signe donné par Dieu: « Vous trouverez un nouveau né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Quel étrange signe, quelle drôle de joie : un Messie enfant dans une mangeoire… Dieu veut que nous puissions tous l’approcher et le recevoir pour nous communiquer ses bienfaits, ses grâces. Voilà pourquoi nous aimons tant offrir des cadeaux. Ils sont le signe visible de la joie et de l’amour que nous avons reçu de Lui et que nous voulons partager.

Mais plus encore, en se faisant pauvre parmi les pauvres, Jésus veut nous aider à dépasser les apparences pour le reconnaître et l’aimer en aimant et servant ceux devant qui parfois nous détournons notre regard : les petits, les pauvres, les malades… A l’école de Mère Teresa nous pouvons dire que « dans le pauvre, nous touchons réellement le corps du Christ. Dans le pauvre, c’est le Christ affamé que nous nourrissons; c’est le Christ nu que nous habillons; c’est le Christ sans demeure que nous abritons (…) Aujourd’hui, le Christ a faim dans nos pauvres gens. » Et de poursuivre : « Mais même les riches ont faim d’amour, d’attention, faim d’être désirés… » En ce jour de Noël demandons au Seigneur de nous faire l’immense cadeau, la grâce d’aimer ceux qui autour de nous ont faim d’amour et d’attention …

Voilà l’humble et immense témoignage de foi, d’espérance et de charité dont notre monde meurtri par la violence a faim et a soif…

Bon et saint Noël à tous, belle année sainte de la Miséricorde.

Pod

[1] Isaïe 11. 

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