Dans le monde sans en être

Édito : Du bon usage des listes

Aujourd’hui, sous le voile de Marie, s’ouvre l’année de la Miséricorde voulue par le pape François. Année sainte pour nous replonger à la source kérygmatique de notre foi : “la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ, alors que nous étions encore pécheurs, est mort pour nous” Rm 5, 8 !

Ni par une quelconque dignité intrinsèque, ni par nos oeuvres, c’est par son amour seul que nous sommes sauvés ! Notre valeur propre n’est pas en nous, elle est dans son regard. Ou plutôt notre valeur est en nous car c’est son regard qui nous a créé et racheté. De miséreux nous sommes miséricordiés.

Et de miséricordiés, nous sommes appelés à devenir miséricordieux.

“Soyez miséricordieux comme votre père céleste est miséricordieux” Lc 6, 36

Nos anciens avaient des listes. Listes de dévotions, d’oeuvres pieuses, etc. Nous les avons souvent balancées, n’y voyant que préceptes de pharisiens. Tout élément d’une liste peut en effet s’assécher et devenir purement formel. Nous autres modernes préférons les intuitions fondatrices aux listes de devoirs à accomplir. Mais à renoncer aux listes, nous risquons de renoncer aux oeuvres que doit produire en nous la foi ! Certains de nos anciens étaient peut-être secs, beaucoup cependant étaient imbibés de la tendresse divine. Rattachée à sa source, la liste peut indiquer les voies d’incarnation de notre foi.

Parmi ces anciens imbibés d’amour, il y a le pape François. Il n’a jamais rejeté les bonnes vielles listes, les bons vieux trucs de piété populaire. Au contraire, rattachées à leur source, ces listes ont été pour lui autant de rivières irriguant les terres lointaines.

De quoi parlons-nous ? Des listes des “oeuvres de miséricorde“. Le pape François dans la bulle d’indiction Misericordiae Vultus, au n° 15, écrite pour l’année de la Miséricorde nous invite à réfléchir sur deux bonnes vielles listes : les oeuvres de miséricorde corporelle et les oeuvres de miséricorde spirituelle.

“Redécouvrons les oeuvres de miséricorde corporelles : donner à manger aux affamés, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, accueillir les étrangers, assister les malades, visiter les prisonniers, ensevelir les morts. Et n’oublions pas les oeuvres de miséricorde spirituelles : conseiller ceux qui sont dans le doute, enseigner les ignorants, avertir les pécheurs, consoler les affligés, pardonner les offenses, supporter patiemment les personnes ennuyeuses, prier Dieu pour les vivants et pour les morts.” (Pape François)

Ces deux listes pourraient être une bonne base pour juger les listes électorales de dimanche prochain. Aussi me permets-je d’attirer votre attention sur l’œuvre corporelle n°4 “accueillir les étrangers”.

Benoît

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