Dans le monde sans en être

La souffrance d’un divorce

(c) Cahiers Libres

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Ils se sont dit oui. Un beau jour de 1997, devant l’assemblée des fidèles, devant le ministre qui présidait, devant Dieu, ils se sont dit oui. Christophe a dit oui à l’Eglise qui l’appelait, et l’Eglise à dit oui à Christophe qui voulait s’offrir à elle. Librement. L’un et l’autre. L’un à l’autre.

Pendant 18 ans, ils se sont aimés. Ils se sont donnés. Mais visiblement, pas assez…

Aujourd’hui, Christophe renonce. Avec fracas, il met fin à cette relation, rompt unilatéralement sa promesse, assène publiquement à son ex’ ses quatre vérités et annonce qu’il en aime un(e) autre avec qui il partage déjà sa vie.

C’est la fin. Comment, après un tel affront, leur union pourrait-elle survivre ? De part et d’autre, ce n’est que désolation et tristesse.

Secouée par ce coup de boutoir, sous le coup de la colère, celle de l’épouse bafouée, l’Eglise lui coupe les vivre et entame une procédure de divorce.

C’est la fin. Après la promesse devant témoins, c’est la rupture face aux caméras. De part et d’autre, amertume et rancœur.

Qu’avait-elle besoin de l’opprimer pour ce qu’il est ? Qu’avait-il besoin de la gifler ainsi pour la répudier ?
Dans ce divorce, comme dans tous les autres, les époux souffrent. Leurs “oui” réciproques étaient vrais, sincères. Mais aujourd’hui, la cohabitation est devenue impossible…

Akilafot ? Lafotaki ?

Et l’on se rejette la faute… C’est lui qui a commencé, en rompant ses vœux. C’est elle qui a commencé, en refusant de l’accepter comme il est.

“Il aurait pu faire ça en silence, sans vagues.” “Elle aurait pu pardonner, faire preuve de compassion.”

“Tout ça parce qu’il est homosexuel.” “Tout ça parce que le synode commence.”

“Ce n’est pas parce qu’il a rompu son célibat.” “Si, c’est pour ça.”

“Au moins, maintenant, il est heureux.” “On est bien mieux sans lui.”

Ping. Pong.

Et pendant ce temps…

Papa et Maman se chamaillent, se brouillent, se séparent. Et comme de raison, les enfants trinquent. Sommés de choisir entre leur mère et leur père. Ils les aiment, l’un et l’autre. Ils ne veulent voir partir ni l’un, ni l’autre. Pris en otage par un scandale public qui empêche tant la réconciliation que le simple apaisement sans que le moindre signe, la moindre main tendue, la moindre “faiblesse” ne fasse perdre la face à l’un ou à l’autre. Tout le monde se crispe, se cramponne et se tend.

Chacun espère qu’en tirant ainsi la couverture à soi, il aura gain de cause. Mais en l’état actuel des choses, tout ce que l’on va gagner, c’est une couverture déchirée qui ne couvrira plus personne.

Les blessures sont vives. Mais l’Esprit souffle.

Christophe, mon père. Eglise, ma mère. N’abandonnez pas vos enfants à la souffrance de la séparation dans les larmes. Ne vous y abandonnez pas vous-même. Il y faudra du temps et de la miséricorde. Mais l’Esprit souffle.

FPitois

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