Dans le monde sans en être

Edito : Un synode de rupture ou fidèle à la tradition ?

Ce synode sur la famille a des airs de synode sur l’Église même. Certains prédisent des déchirures si tout change, ou même si rien ne change. D’un côté il y aurait ceux qui ont peur que l’Église n’écoute pas le cri de détresse de certains croyants sincères, et de l’autre ceux qui ont peur que soit défait non pas simplement une soixantaine d’années, mais bien mille ans d’enseignement du magistère. Entre ça et les soupçons de conspirations de tous bords, on frôle la pièce de théâtre.

Tous les intervenants du synode ont une chose en commun : vouloir le bien pour l’Église. Même ceux “d’en face”, quels qu’ils soient. Et étant tous des pécheurs faillibles, ils ont besoin de l’Esprit Saint. Si on croit fermement qu’Il est présent et inspire le synode, Il souffle sur tous les participants, et sur le pape en premier lieu, pas simplement sur ceux qui “croient bien”.

A ceux qui ont peur que l’Église chamboule mille ans d’histoire, rappelons que ces craintes existaient aussi pendant le concile Vatican II. Et depuis, l’Église continue de faire le bien dans le monde, et son rayonnement grandit (si on sait regarder au delà des frontières nationales). Le changement peut être fécond quand il est discerné, rendons grâce à Dieu pour cette liberté.

A ceux qui ont peur que l’Église se coupe du progrès et de croyants sincères, rappelons que ce n’est pas la première fois qu’on lui fait ce genre d’injonctions, et qu’elle est toujours debout. Le rythme de l’Église n’est pas le rythme du monde. L’Église continue de faire le bien dans le monde, et son rayonnement grandit (si on sait regarder au delà des frontières nationales). La patience peut-être féconde quand elle est discernée, rendons grâce à Dieu pour cette liberté.

Dans ce synode, chacun choisit ses continuités et ses ruptures. Et par un effet de miroir, ce qui est continuité d’un côté est rupture de l’autre. Ainsi, pour certains, laisser une plus grande liberté aux évêques est un acte dans la continuité d’une tradition pluriséculaire dont on aurait dévié. Pour d’autres c’est une rupture avec l’enseignement de l’Église qui nuirait à l’unité de l’Eglise.

La tradition est une référence nécessaire mais pas suffisante dans ce synode. Et les débats actuels ont le mérite de rappeler qu’il y a de nombreuses autres sources pour éclairer le discernement : l’Écriture, les constatations empiriques, les réflexions théologiques, la prière…

Si le synode pouvait nous remettre, chacun, en contact avec toutes ces sources de notre foi, ce serait déjà un progrès qui s’inscrit dans la tradition de l’Eglise.

Fol Bavard

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