Dans le monde sans en être

[Edito] Au coq, la victoire !

Ça commence par quelques notes. Des mots se chantent, qui racontent un jour de gloire et l’histoire de gars acceptant de crever pour un étendard. Ça se poursuit sur du gazon coupé court, au sein d’enceintes aux noms mythiques. Twickenham, Wembley, St Jame’s Parc… Au coup de sifflet, les lignes s’avancent. Et c’est le choc. Des épaules, des mâchoires et des esprits. Sur cette terre d’origine du rugby, chez ce peuple que l’on aime tant haïr, la France vient disputer au monde sa coupe 2015.

Un sport, rien qu’un jeu… Une bagatelle face aux drames des hommes. Mais une bouffée d’air frais, aussi ! Comme on refait le monde au comptoir d’un bistrot, on vit pleinement le sentiment de communauté en gueulant depuis les gradins pour soutenir des loustics flanqués de ses couleurs. Frivole peut-être, mais toujours bon à prendre.

Le rugbyman, champion de la transmission

Le pain et les jeux ne suffisent plus au bon peuple. Il veut que les causes pour lesquelles il vibre le chatouille jusqu’à ses racines nationales. Le sport, même professionnel, reste moins sale que la guerre… Et le rugby peut-être un peu moins vérolé que son cousin au ballon rond. L’argent roi, les simulations ridicules, les coupes de cheveux en compétitions enlèvent trop souvent au football le plaisir d’un dribble endiablé ou d’un coup-franc millimétré. Si le fric enfume de plus en plus l’ovalie, on peut toujours puiser dans ses fondamentaux de belles leçons de vie : l’abnégation au service du groupe, le travail d’équipe plutôt que l’exploit individuel, le respect de l’arbitre, celui dû aux vaincus.  Et la passe en avant comme « péché mortel » ! « Pour aller en avant, il faut regarder en arrière, analyse l’abbé Amar, dans commentaire très sportif publié sur PadreBlog. On ne peut aller de l’avant que si l’on sait d’où on vient. Je ne trouve pas de meilleure expression pour définir ce qu’est la tradition ! Le rugbyman serait-il un catholique qui s’ignore : un champion de la transmission ? » Des lignes écrites à l’occasion de la dernière coupe du monde de 2011, qui a malheureusement vu notre nation s’incliner en finale face à la Nouvelle-Zélande…

Quel sera son parcours cette année ? Après une entame victorieuse, mais en demi-teinte, contre l’Italie, le XV de France doit encore nous prouver que le « french flair » n’est pas une légende perdue. Pas tant par esprit de compétition que pour relever le défi de la transmission. Celle du bon jeu, de la fierté du drapeau et du panache. Beau dans la ferme, perché sur un clocher ou fier sur le maillot, le coq n’est jamais si utile que chantant.

Joseph Gynt

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