Dans le monde sans en être

[Edito] Baby blues

« Je veux un smartphone, j’ai droit à un smartphone. Je veux un enfant, j’ai droit à un enfant ». Le verdoyant José Bové ne mâche pas ses mots quand il dénonce « la chosification de l’enfant et de l’individu ». L’ironie peut être un bon moyen de rappeler quelques vérités objectives, lorsqu’un trop plein d’émotions les cache. Comme le fait qu’un enfant est un peu plus qu’un smartphone, et le don de la vie un peu plus qu’une sortie d’usine.

Le désir d’enfant, si légitime et sincère soit-il, peut-il tout autoriser ? Dans son numéro de juin 2015, le mensuel Terra Eco énumère les fruits d’une science sans conscience galopant derrière un soi-disant progrès social : « l’an passé, en Suède, une femme née sans utérus a donné naissance à un petit garçon grâce à un utérus emprunté à une amie ménopausée. Cette greffe a donc théoriquement fait entrer l’homme “enceint” dans le domaine du possible. En Grande-Bretagne, l’enfant à trois ADN est en cours de livraison puisque les députés ont autorisé le recours à la combinaison de deux ovules provenant de deux femmes différentes afin de ne pas transmettre de maladie génétique. Aux Etats-Unis ou en Chine, on planche sur le sperme artificiel qui précèdera fatalement l’utérus artificiel… »

GPA business

Il est rassurant de voir que les catholiques ne sont pas les seuls à s’inquiéter du phénomène. La gauche écologiste secoue les bastions politiques. Un front commun s’organise, qui se fout pas mal des lignes idéologiques traditionnelles (voilà « l’éveil des consciences » dont se fait l’écho le deuxième numéro de la revue La Boussole, débarqué dans les kiosques !). Car après tout, il n’est pas besoin d’appartenir à tel ou tel camp pour s’offusquer de la marchandisation des corps, même au service de nobles sentiments parentaux. Première cible en ligne de mire : la GPA. Comptez 50 à 100 000 dollars aux Etats-Unis, frais d’avocats compris. La facture descend à 20 000 dollars pour une « GPA lowcost » made in India. On aura beau justifier la dérive à coup de bon sentiments et « d’aventure humaine extraordinaire », comme en témoignait récemment un couple gay rentrant du Mexique, le business s’impose : le marché des ventres à louer devrait atteindre les 4 milliards de dollars d’ici 2018 Outre-Atlantique. Il en brasse déjà plus de 2 milliards aujourd’hui en Inde. Au bilan comptable, que vaut l’honneur d’une miséreuse ?

Et le gouvernement français dans tout ça ? Il a beau jeu de marteler son opposition à la GPA. Il est pourtant à l’origine de situations ubuesques nées de la légalisation du mariage entre personnes de même sexe. A partir du moment où l’on se fout des considérations visées plus haut, n’est-il pas désormais légitime pour les couples concernés d’arguer de leur « infertilité sociale » pour revendiquer un droit à bénéficier des avancées de la science ? Surtout pour une pratique acceptée dans d’autres pays, à défaut de convention internationale. Les dés ont ainsi été jetés. Ce n’est pas faute d’avoir alerté l’opinion sur les conséquences d’un tel jeu de dupe lors des manifs pour tous… S’il devient urgent de s’interroger sur la course au progrès dans notre monde désorienté, la responsabilité de nos politiques doit elle aussi être mise sur le tapis.

Joseph Gynt

Illustration : Couverture - Terra Eco juin 2015

34 réponses à “[Edito] Baby blues”

  1. Manuel Atréide

    @ l’auteur

    et pof, on retombe dans la pataugeoire bien erronée de la PMA-GPA-c’est-la-faute-de-ces-gens-là …

    – la 1ère fécondation in vitro a lieu en 1977, le premier enfant conçu par cette technique de PMA nait en juillet 1978. Ses parents sont un couple hétérosexuel britannique, les Browns. Cet enfant, une fille, a actuellement 36 ans, mariée et est elle même maman de 2 enfants. La première enfant française conçue par fécondation in vitro est, elle, née en 1982. Elle a donc 32 ou 33 ans. Ah oui, elle est née au sein d’un couple hétérosexuel.

    – la GPA est , elle aussi, pratiquée depuis les années 70. Aux USA, les questions légales que soulèvent cette pratique sont traitées une première fois par la cour suprême du New Jersey en 1987. Un second arrêt, qui fera date, est rendu en 1993 par la cour suprême de Californie. Dans les deux cas, les couples concernés sont hétérosexuels.

    Ce bref rappel de faits nous enseigne quelques petites choses.

    – Si la motivation des gens de lmpt est le combat des techniques médicales et sociales de reproduction, ils ont au minimum 20 ans de retard. Sur un sujet qui, visiblement, leur tient tant à coeur que cela, c’est plus que fâcheux.

    – les couples qui ont recours à des PMA ou des GPA pour avoir leurs enfants sont dans leur immense majorité hétérosexuels. La focalisation des gens de lmpt sur les couples homoparentaux est donc étrange : ils s’excitent sur un phénomène périphérique et assez peu répandu.

    – quand bien même vous réussiriez à obtenir l’abrogation de la réforme du mariage civil, les questions de légalité de la PMA et de la GPA resteront posées. Pour information, la récente décision de la CEDH concerne un couple … hétérosexuel.

    Le lien que vous faites donc entre statut légal des couples homosexuels et reproduction est une erreur si vous voulez effectivement combattre – pour les raisons qui vous sont propres, PMA et GPA. Renvoyer les couples homosexuels dans l’absence de reconnaissance légale n’empêchera pas l’immense majorité des PMA et GPA de se produire. Vous aurez toujours en face de vous les mêmes couples qui vous diront la même chose: ils veulent des enfants.

    Comme n’importe quel couple.

    Reste donc à savoir quelque chose : dans la réforme du mariage civil qui semble tant vous exciter, quel est le problème ? Les techniques de procréation assistées ou l’orientation sexuelle des nouveaux entrants dans le mariage ?

    A vous de répondre.

  2. Alberto Rostat

    Si le couple provisoirement retenu au Mexique avait été un couple homme/femme, auriez-vous spécifié : “un couple hétérosexuel rentrant du Mexique” ? Vous écrivez d’ailleurs que la légalisation du mariage de personnes de même sexe est à l’origine de situations ubuesques (je suppose que vous faites référence aux jugements concernant le statut des enfants nés par GPA à l’étranger). Etes-vous au courant que la GPA n’est pas du tout mentionnée dans la loi Taubira (et pour cause, ça n’a pas de rapport) et que les situations ubuesques dont vous parlez concernent tout autant (et surtout) des enfants de couples homme/femme ? Vous parlez des couples qui arguent de leur “infertilité sociale”… Où laissez-vous les couples homme/femme dont l’un des membres est infertile et qui sont les principaux couples pratiquant la GPA ?

    Le recours aux techniques de GPA existe depuis longtemps, n’est pas lié au mariage et peut venir autant de couples homme/femme, homme/homme ou même d’hommes ou de femmes seules. Votre combat (légitime) contre la GPA gagnerait en crédibilité si vous arriviez à le dissocier du “mariage pour tous”. Autrement, ne vous étonnez pas que l’on vous traite d’homophobes (non sans raison).

  3. Basho

    Pourquoi lier aussi fortement le GPA aux couples de même sexe. Comme le rappellent les deux premiers commentateurs, ce sont les couples “classiques” infertiles qui sont les premiers clients pour la GPA (ainsi que pour la PMA).

    A force de lier aussi fortement GPA et couple de même sexe, on va finir par penser que c’est la sexualité des couples clients qui vous gêne davantage que la GPA elle-même.

  4. Joseph Gynt

    Vous avez la gâchette facile, mais je ne parle ici des couples de même sexe que pour souligner l’incohérence du gouvernement sur le sujet. Il est évident que la question de la GPA et de cette course effrénée de la science que je dénonce ici, concerne tout le monde. Mais il faut aussi reconnaître que le mariage gay apporte une dimension nouvelle au débat, puisqu’à l’infertilité biologique à laquelle les scientifiques veulent répondre, s’ajoute une “inferilité sociale” (l’expression n’est pas de moi), avec les mêmes revendications qui en découle. Le fait est sociologiquement assez intéressant pour le souligner (ou au moins pour ne pas le nier).
    Pour ce qui est de la mention “un couple gay rentrant du Mexique”, elle effectivement inutile puisque l’argumentaire utilisé n’est pas lié à l’orientation sexuelle du couple en question.

  5. Basho

    @Joseph Gynt : Quelle incohérence ? En quoi serait-il incohérent d’être favorable à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe et d’être hostile à la GPA. De plus, nombreux sont les pays hostiles au mariage pour tous (voire aux droits LGBT tout court) où la GPA est légale. Votre fixation sur les couples de même sexe pose des questions gênantes pour vous….

  6. Joseph Gynt

    Incohérence sur le fait de penser que la revendication au mariage civil n’appellerait pas une revendication à la parentalité. Et ma fixette sur cette question précise porte sur la mariage, pas sur le couple.

  7. Manuel Atréide

    @ l’auteur

    vous serez plus crédible quand vous remettrez les techniques de procréation assistée dans leur contexte historique. Pour le moment, vous faites un lien entre les techniques et la réforme du mariage alors que factuellement ce lien n’existe pas. PMA et GPA sont antérieures à la réforme Taubira et même antérieures au PaCS.

    La question reste donc posée : pour quelle raison faites vous ce lien ? incompétence dans le traitement de votre sujet ou incapacité à assumer votre problème avec l’orientation sexuelle des nouveaux entrants dans le mariage ?

    Je constate que vous avez beaucoup de mal à répondre à cette question somme toute assez simple. Je précise que votre opinion éventuelle sur l’homosexualité est légitime. Nous sommes en démocratie.

    M.

  8. Joseph Gynt

    Je ne dis pas que la GPA a débarqué après le mariage entre personnes de même sexe, mais que l’incohérence du discours gouvernemental en découle.
    Et le fait que j’ai un problème avec la loi Taubira n’est pas nouveau. Pour ce qui est l’orientation sexuelle des uns ou des autres, je m’en cogne.

  9. Alberto Rostat

    Vous avez en effet un tel problème avec la loi Taubira au point de lui attribuez des maux qui ne lui sont pas liés.

  10. Basho

    @Joseph Gynt > Votre réponse n’est pas satisfaisante car les revendications portent avant tout sur l’égalité des droits, en particulier l’adoption et la PMA. Si la GPA reste illégale pour les couples hétéro infertiles, je ne vois pas où est le problème. Je rappelle en passant qu’en 2010 on avait discuté de la légalisation de la GPA au Sénat, soit bien avant la loi Taubira.

    Effectivement, vous faîtes une fixation sur le mariage pour tous que vous accusez de tous les mots. On en vit très bien mais lorsqu’on se pique de journalisme, il faut savoir faire fi de ses préjugés. 🙂

  11. incarnare

    @Manuel Atréide :
    Vous avez raison quand vous dites que “nous” avons du retard dans la lutte contre la marchandisation des corps, qui a commencé bien avant la légalisation du mariage pour tous. Enfin, à un détail près : l’Eglise s’oppose à certaines techniques de PMA (FIV – hétérologue et homologue, GPA, etc.) depuis toujours (ou du moins depuis qu’elles existent).

    Et, de fait, ces pratiques concernent, en volume, sans doute plus de couples hétérosexuels que de couples homosexuels. Et ont pour les premiers la même valeur morale que pour les seconds.

    Mon opinion :
    – on a vécu pendant ces dernières décennies un “glissement”, au sens d’une évolution des pratiques vécue comme un certain continuum, pour pallier l’infertilité accidentelle des couples hétérosexuels.
    – L’avènement de ces techniques pour les couples homosexuels agit comme un révélateur : en étant arrivés à pallier par la technique une infertilité qui n’est pas, elle, accidentelle mais structurelle, on mesure mieux la discontinuité qu’il peut y avoir entre, par exemple, une simple stimulation ovarienne et une FIV. Ou entre une FIV et une GPA.
    – cela amène une prise de conscience (tardive, certes) que chacune des pratiques citées n’est pas équivalente et mérite une évaluation morale propre, au lieu d’une validation “de proche en proche”.

  12. Manuel Atréide

    Ok.

    Démonstration faite en tout cas que ce papier et cet auteur n’ont rien à faire sur ce site. Incompétent et discourtois, placer ses papiers au même plan que les compte-rendus des mardis des Bernardins, c’est un choix éditorial qui ne pourra pas éternellement tenir.

    l’équipe de Cahiers Libres va devoir choisir un jour entre militantisme et sérieux. Rien de grave à cela, tout le monde est confronté à cette même question : peut-on tout dire et tout faire pour défendre ses convictions ? Les médias sérieux ont tous donné la même réponse : non.

    A vous donc d’en tirer les conséquence. Et, s’il vous plait, le jour où vous le faites, dites le moi. perso, je ne “m’en cogne pas” de la réponse.

    M.

  13. Alberto Rostat

    Ce qui est dommage dans tout ça, c’est que quelqu’un comme moi pourrait tout à fait sympathiser avec cette lutte contre la GPA (en sachant que c’est une pratique qui peut se présenter sous des formes et dans des situations différentes, dont certaines me semblent moins graves que d’autres). Mais il est hors de question que je m’associe à des groupes ou personnes qui pratiquent l’amalgame et qui font de leur opposition au mariage pour tous et à la GPA un combat commun.

  14. Elke

    D’accord avec les critiques sur ce coup-là. C’est bien facile, on agite des épouvantails et c’est la faute de “ces gens-là”.
    Et puis au passage, on mélange un peu tout, l’important étant le fear factor. La greffe d’utérus à elle seule ne pose pas de problème moral, par exemple.
    Ecrivez contre la FIV, contre le don de gamète, contre la congélation des embryons, toutes choses pratiquées par vos amis, vos voisins, même bons catholiques. C’est moins confortable, mais c’est le vrai noeud du problème.
    Incarnare, je crois que la “discontinuité” entre simulation ovarienne et FIV n’a rien d’évident, aux yeux de l’écrasante majorité de nos contemporains. A nous de la leur faire voir…

  15. Charles Vaugirard

    @Manuel Atréide : Je te trouve particulièrement dur avec l’auteur du texte. Et surtout injuste car ce que tu vises est ni plus ni moins que les choix éditoriaux des Cahiers. Car ce papier est un éditorial et donc une tribune d’opinion.
    Oui, Cahiers Libres est un site catholique.
    Oui, l’enseignement de l’Eglise est quelque chose que nous respectons.
    Oui, nous sommes contre le mariage pour tous et contre la PMA et contre la GPA.
    Oui… et alors ? Est-ce que je vais commenter les éditos de Yagg ou de Tétu en regrettant leurs convictions LGBT ? Est-ce que je vais clamer haut et fort que Libération doit virer Laurent Joffrin parce que dans un édito il affirme qu’il est pour le mariage pour tous ? Non, parce qu’un journal a le droit d’avoir une ligne éditoriale et que ce droit est intrinsèquement lié à la liberté de la presse… si on commence à critiquer ce droit alors pourquoi avoir crié “Je suis Charlie” le 11 janvier ?

    Donc, cher Manuel, merci d’accepter que des journaux catholiques aient des éditos aux convictions davantage conformes au magistère romain qu’a la ligne de Pierre Bergé…

  16. Alberto Rostat

    Je sais que le dernier commentaire est destiné à @Manuel Atréide, mais je me permets de donner mon avis:
    1. Il y a une différence importante entre un article d’opinion et un éditorial.
    2. Ce que je reproche à ce texte n’est pas qu’il soit catholique et conforme à l’enseignement de l’Église. C’est qu’il pratique l’amalgame et laisse entendre que la GPA est la conséquence du mariage pour tous. Cet éditorial est inexact et confus. Bref, il n’est pas très sérieux.

  17. Charles Vaugirard

    @Alberto Rostat :
    1- Un éditorial émet une opinion, ce n’est pas un papier d’info.
    2- La GPA est certe une question différente du mariage pour tous. Mais à votre avis pourquoi en parle-t-on autant maintenant ? Le mariage pour tous se fait dans un esprit d’égalité entre couples homos et couples hétéros. Egalité dans le mariage et dans la filiation. Donc logiquement égalité dans l’adoption. Les couples lesbiens réclament la PMA (étendues aux lesbiennes)… en poursuivant une logique égalitaire, les couples gays sont pro-GPA (pour tous car interdite actuellement). On ne peut pas nier que le mariage pour tous à relancé la question de la GPA, même si en effet elle ne concerne pas que les gays.

  18. incarnare

    Elke, je partage 100% de votre commentaire.

    Et en même temps, par rapport au propos de Joseph Gynt :

    1. je trouve qu’on lui fait un procès d’intention en limitant son propos à son dernier paragraphe (si vous relisez l’article, vous verrez que les couples de même sexe ne sont pas évoqués avant).

    2. si je suis d’accord que, JUSQUE-LA, ces couples étaient moins nombreux à être “clients” de la GPA que les couples hétéros, il faut aussi considérer que c’est parce que la société n’envisageait pas l’homoparentalité comme une option valable ; dans les années à venir où l’on s’achemine à grand pas vers sa normalisation, la demande risque d’être plus forte et l’on va vers une massification de la GPA (puisque 100% des couples homos masculins sont structurellement infertiles).

    3. On peut donc – à mon sens, légitimement – craindre qu’une pratique jusque-là confidentielle (il fallait le temps, l’argent, les réseaux à l’étranger) mais déjà condamnable ne se répande à grande échelle, précisément du fait de cette normalisation. Sans que l’homophobie soit le moteur de cette crainte.

  19. Alberto Rostat

    @CharlesVaugirard,

    – Un article d’opinion n’engage que la personne qui l’écrit. Un éditorial est le reflet d’une ligne éditoriale et engage l’ensemble de la rédaction d’un média.

    – Pourquoi parle-t-on autant de la GPA (qui existe depuis des lustres) aujourd’hui ? Je pense que nous sommes face aux restes du mouvement contre le mariage pour tous qui a appris à s’organiser et à se faire entendre et qui se cherche une deuxième vie. Cela dit, ce combat me paraît plus juste et justifié que celui contre le mariage pour tous. Mais, comme je l’ai écrit plus haut, tant que vous continuerez à associer le mariage pour tous à la GPA et à la PMA, votre combat ne sera pas vraiment crédible puisque ces techniques ne sont pas la conséquence de celui-ci et que les gays et lesbiennes qui souhaitent des enfants ne l’ont pas attendu pour en avoir. Puis, comme l’a écrit Basho, il suffit de faire un petit travail à la Emmanuel Todd et superposer les cartes des pays qui ont légalisé le mariage entre personnes du même sexe et la GPA. Vous verrez que ça ne coïncide pas forcément.

  20. Charles Vaugirard

    @Alberto : Quand vous dites : “– Un article d’opinion n’engage que la personne qui l’écrit. Un éditorial est le reflet d’une ligne éditoriale et engage l’ensemble de la rédaction d’un média.”
    Je suis d’accord et je vous confirme : le comité de rédaction des Cahiers Libres partage l’avis de Joseph Gynt.

  21. Manuel Atréide

    Charles,

    je n’ai rien contre les opinions et surtout rien contre les opinions divergentes. Je crois l’avoir amplement prouvé durant ces trois dernières années. En revanche, je sais faire la différence entre un mensonge et une opinion. Une opinion est une interprétation dans un sens donné de faits. Un mensonge est une distorsion des faits ou leur omission à des fins de tromperie. Cet “édito”, loin d’émettre une opinion, raconte des âneries et je l’ai montré, faits à l’appui. Mon problème est là.

    De façon à tout de même revenir dans le cadre d’une opinion, j’ai demandé à l’auteur de préciser sa pensée. Pensée qu’il est en droit d’exprimer, je l’ai aussi rappelé : “Je précise que votre opinion éventuelle sur l’homosexualité est légitime. Nous sommes en démocratie.” Difficile d’être plus clair, non ? Il refuse de le faire dans des termes peu élégants. j’en prends acte. En tant que lecteur de ce site, je dis aussi ce que j’en pense.

    Si tu voyais passer de telles énormités dans un édito de Yagg, tu serais en droit de le critiquer et je te soutiendrais, quand bien même le texte critiqué serait favorable à mes opinions.

    Sur le fond du sujet : l’homophobie n’est pas une opinion, Charles, c’est une discrimination. Exprimé dans certains cadres et sous certaines formes, c’est même un délit. La liberté d’opinion n’inclue ni le mensonge ni la diffamation. Nous ne sommes pas dans la diffamation là, mais nous sommes dans le mensonge. Et si tu fais partie des gens qui refusent toute limite à la liberté d’opinion, dis le, je me ferai un plaisir de te montrer avec quelle vitesse tu vas demander à ce que la mienne en ait une, de limite.

    je regrette que tu laisses passer ce genre de texte. Ce n’est pas à la hauteur du projet de ce site, ce n’est pas à la hauteur du sujet et ce n’est certainement pas ce qui est susceptible de me satisfaire en tant que lecteur. Et, toujours en tant que lecteur, j’exprime mon opinion à la direction éditoriale de ce site. C’est mon opinion, ce n’est que mon opinion.

    Maintenant Charles, si je ne suis pas un lecteur de ce site mais tout au plus un visiteur “toléré”, dis le moi, les choses seront claires. Nous saurons toi et moi dans quel cadre je peux évoluer et je ne viendrai pas me mêler de textes où ma parole n’est pas considérée comme légitime. Si ce blog est un lieu d’entre-soi, stipulez le. Je ne m’impose jamais.

    Dans l’attente de ta décision, souveraine et légitime comme il se doit.

    M.

  22. Manuel Atréide

    Nota bene à l’intention d’incarnare :

    la logique de la “massification de la GPA” créée par les “couples homos masculins” n’est pour le moment prouvée nulle part. Nous avons quelques cas de célébrités qui y recourent, ces cas sont amplement relayés dans la presse. Pour le reste, la PGA ne se “massifie” nulle part sinon auprès de couples hétérosexuels dont la femme ne peut porter d’enfants.

    Cette crainte de la “massification” est une manière de donner corps à la fameuse phrase de Christine Boutin “on est envahis de gays”. Non, vous n’êtes pas envahis. Nous sommes là, nous avons toujours été là et nous ne sommes pas différents de vous. Et ces sujets sur la GPA sont apportés par des couples hétérosexuels qui ne nous ont pas attendus pour y avoir recours.

    J’en reste là, Charles doit me donner une réponse.

    A plus tard. Peut être.

    M.

  23. incarnare

    Manuel,

    Jusqu’à il y a peu les agences américaines de GPA ne sillonnaient pas les hotels français à la recherche de clients..

    Hasard du calendrier ?….

  24. Manuel Atréide

    Non. Ce n’est pas un hasard. Mais si tu regardes la clientèle, ce n’est pas majoritairement des couples d’hommes.

    Dès lors, nous coller cela sur le dos est – au minimum – une grossière exagération. Tu me permettras de te dire que vu tout ce qu’on se prend dans la gueule, j’ai envie de qualifier cela d’insinuations malveillantes.

    Vous pensez que si vous bramez assez fort, nous allons rentrer dans ce trou dont nous n’aurions jamais du sortir. C’est une grosse erreur. Non seulement nous ne rentrerons plus dans les placards, mais en plus un jour, nous allons vraiment nous mettre en rogne.

    Politiquement et socialement, vous avez beaucoup plus à perdre que nous. Je vous invite à commencer à apprendre le respect de l’autre. Vous n’êtes plus si dominants que vous soyez à l’abri d’un énorme retour de bâton.

    Je m’en voudrais de vous braquer mais si je commence – alors que je fais partie des modérés, fanatiquement modérés même – à avoir la moutarde qui me monte au nez, imagine ce qui se passe dans la tête des autres qui n’ont pas pour vous le même amour que moi.

    If you see what I mean …

    M.

  25. Elke

    @Charles
    Le problème n’est pas dans “les opinions” qui sont exprimées dans cet éditorial. Joseph, et les Cahiers, (et moi), sont opposés au mariage pour tous, ainsi qu’à la GPA, ainsi qu’à l’artificialisation de la procréation en général. Fort bien, Cahiers Libres est dans son rôle quand il fait des éditoriaux sur ces sujets.
    Mais ce texte en particulier est confus, et d’assez mauvaise qualité. Il n’y a pas d’arguments, pas d’angle critique, juste une suite de phrases chocs sans trop de liens les unes avec les autres, qui laissent une impression d’amalgame. La touche finale sur les couples homosexuels et la loi Taubira n’apporte rien, on a l’impression d’un texte qui joue au bingo-LMPT.
    Les Cahiers Libres valent mieux que ça !

  26. Charles Vaugirard

    @Manuel : Ne cherche pas à te victimiser s’il te plaît, tu as toujours pu commenter nos papiers et nous ne t’avons jamais censuré. Le fait que tu sois militant LGBT n’a jamais été considéré par les Cahiers comme un quelconque obstacle à venir commenter chez nous.

  27. Manuel Atréide

    @ Charles

    Je ne cherche pas à me victimiser et je te remercie de confirmer ce que j’ai toujours su : Cahiers Libres ne trie pas ses lecteurs.

    Ce que je fais ici, apporter une parole critique voire recontextualiser les choses, ne te prive pas de le faire sur Yagg ou Têtu (où je ne travaille pas) si tu sens que les papiers ne sont pas honnêtes. Pour ma part, je râle parfois contre leur manque d’objectivité à laquelle j’aimerais qu’ils s’astreignent. Je n’ai pas la même exigence ici, non pas parce que je trouve que ce site est de moins bonne qualité, mais parce que ce qui compte ici, ce sont les opinions qui sont développées. Certaines me révoltent, elles m’intéressent néanmoins.

    En revanche, je ne cesserai pas de venir apporter la contradiction quand je la crois nécessaire. C’est un moyen de vous rendre ce que je trouve ici : la contradiction m’aide à mieux penser mes convictions et à les débarrasser des bouts inutiles ou peu honnêtes. De même, je ne cesserai pas de râler quand je trouverai des papiers qui ne me semblent pas à la hauteur de vos ambitions. Je ne les ai pas choisies, c’est vous qui les avez voulues et elles sont élevées.

    Je le ferai d’autant plus librement que lorsque je trouve un papier exceptionnel, je le dis voire je le relaie.

    Charles, je ne suis sans doute pas le lecteur le plus cool que vous puissiez avoir. J’essaie néanmoins d’être un lecteur honnête. Car, je l’ai déjà dit, je préfère qu’on s’écharpe en se parlant plutôt qu’on s’ignore avant de s’entretuer. Nous vivons tous sur le même monde et il n’y a pas de planète B. Autant le faire en bonne intelligence.

    Même avec Joseph qui m’a, aujourd’hui, prodigieusement agacé. Ca me passera.

  28. Basho

    Charles Vaugirard > Je ne comprends pas ce que vient faire le catholicisme là-dedans, et a fortiori l’enseignement de l’Eglise. Le problème est que cet éditorial est mensonger en faisant le lien entre GPA et les couples de même sexe. Ce n’est pas le fait que vous soyez contre le mariage pour tous ou contre la GPA qui nous gêne. Ce qui nous choque, c’est que vous établissez une relation entre les deux, or il suffit d’un minimum d’information (par exemple comparer la liste des pays autorisant la GPA avec celle ouvrant le mariage aux couples de même sexe) pour savoir que c’est faux. Pourquoi persistez-vous à soutenir le contraire alors que vous savez pertinemment que c’est faux ? Refus de désavouer un fondateur de Cahiers Libres ? Homophobie qui remonte et qui vous fait perdre tout attachement à la vérité ?

    Du reste, le problème de l’attachement des catholiques à la vérité n’est pas nouveau puisque ça a été relevé par Simone Weil qui se plaignait que les catholiques n’avaient aucune appétence à la vérité. Je vous laisse méditer là-dessus.

  29. Charles Vaugirard

    @Basho : C’est très facile d’accuser les autres d’homophobies (ce point Godwin !) ou de faire dire des choses à des philosophes.

    Evidemment nulle trace d’homophobie dans ce très bon édito, et même si la GPA n’a pas été inventée pour les LGBT, on ne peut nier qu’elle constitue une revendication de bon nombre de groupes LGBT. Des personnalités comme Caroline Mécary ou Pierre Bergé illustrent bien cela.

  30. Alberto Rostat

    Décidément, Charles Vaugirard, il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Si la GPA constitue une revendication de certaines associations LGBT, si des personnalités comme Caroline Mécary ou Pierre Bergé sont pour la GPA, qu’est-ce que cela a à voir avec le mariage homosexuel ? En quoi cela fait du mariage homosexuel une cause de GPA ? Il vous est passé par la tête qu’il peut y avoir des homosexuels (mariés ou non) opposés à la GPA ? Et non, je regrette, cet éditorial n’est pas “très bon” car il est fait d’amalgames et votre défense m’a l’air d’être motivée d’avantage par du copinage que par un souci d’argumenter.

  31. Charles Vaugirard

    Il est temps de terminer cette discussion. La GPA est un des nouveaux visages de l’exploitation de la femme par l’homme, c’est un scandale qu’il faut combattre. Rien ne la justifie et certainement pas un “droit à l’enfant” qui chosifie également l’enfant en plus de sa mère “porteuse”.
    Qu’on le veuille ou non, des associations LGBT revendiquent la GPA au nom de l’égalité dans la procréation. Bien sur, elles ne sont pas les seules car des couples hétéros stériles le revendiquent aussi. Mais avec le débat sur le mariage pour tous, cette revendication est ressortie.
    Merci à Joseph Gynt pour ce très bon papier.

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