Dans le monde sans en être

Edito : A la croisée des blogs

Blog masculin : (Internet) (Anglicisme) Site Web personnel dans lequel l’auteur note, au fur et à mesure de sa réflexion sur un sujet qui lui importe, des avis, impressions, etc., pour les diffuser et susciter des réactions, commentaires et discussions. (wiktionnary)

Rédiger un blog, et encore plus à plusieurs plumes, c’est un exercice exaltant pour l’esprit. On y met en avant les points qui nous travaillent, les sujets qui nous importent. On laisse aussi la place à d’autres voix, pour qu’elles participent au débat. L’acte d’écrire permet d’approfondir, mais aussi de se confronter à l’autre, s’il est là pour répondre.

Il n’est pas bon que le blog soit seul. Car ce qui fait la richesse des blogs, c’est quand tout un écosystème communique et interagit. Quand un premier billet surgit, et suscite une cascade de réflexions, il y a la une réelle fécondité. Peut-être que le message ne toucheront qu’une poignée de lecteurs, mais le dialogue établit dynamisera la réflexion.

Quand le billet “Libérés ou déchirés ?” est sorti, on ne pouvait imaginer qu’il susciterait autant de réactions. D’abord il y a eu le billet de Darth Manu, puis de Skro, de Basho, de moi-même, et ce n’est pas fini 1Les noms de ces blogueurs ne vous disent peut-être pas grand chose, mais ils valent la peine d’être lus, je vous suggère donc de cliquer sur les liens.. Cinq billets, au moins. On peut se dire, à quoi bon ? Qui a envie de lire tout ça ? Sauf que chacun de ses billets apporte un éclairage particulier, et fait avancer le débat. Ils ont un intérêt, car ils s’inscrivent à la fois dans l’expérience particulière du blogueur, et dans un dialogue avec l’autre qui écrit. Dès lors, le blog est un outil qui permet une agora “virtuelle”, avec une réflexion et un dialogue bien réel.

Mais il ne faut pas se réjouir trop vite. Koz Toujours, fêtant 10 ans de blog, livre ce triste constat : “Je crois que, malheureusement, [Facebook et Twitter] ont tué les blogs et, en grande partie, l’idée d’une démocratie numérique. Ils ont asséché les blogs, noyé des vocations dans la masse anonyme de Twitter ou le cercle communautaire de Facebook. Finalement, le citoyen qui tenait une occasion d’exister, au moyen d’une position étayée, a vu cette occasion lui échapper.”

Le blog est un outil, mais un outil qui s’use de ne pas être utilisé. Car on est tenté de prendre un billet de blog comme un article de journal, c’est à dire un message figé qu’on se contente de recevoir passivement, et on en parlera éventuellement au dîner. Mais c’est un tort. Le blog se nourrit et grandit de l’interaction. S’il y a accord ou indignation, joie ou exaspération, il faut le dire ! Il faut commenter, répondre par un autre billet, partager aussi. Une réflexion ne se garde pas pour soi. Si elle est médiocre, il faut l’élever, si elle est brillante, il faut la montrer.

Les blogueurs qui arrivent à tirer un gain de leurs productions sont une infime minorité. Le blogueur n’est pas payé, s’il écrit c’est par plaisir et par envie. Écrire, construire sa réflexion, et la faire avancer en discutant, c’est passionnant. Et si on est touché, rien de mieux que de transmettre ce qu’on en a reçu, de donner ce qu’on peut apporter. Si on a plaisir à lire un beau billet, il ne faut pas hésiter à réagir.

Et à ceux qui hésitent, disons le clairement : il faut bien commencer un jour. C’est en forgeant qu’on devient forgeron, en bloguant qu’on devient blogueurs. Et maintenant, c’est à votre tour.

Notes :   [ + ]

1. Les noms de ces blogueurs ne vous disent peut-être pas grand chose, mais ils valent la peine d’être lus, je vous suggère donc de cliquer sur les liens.

3 réponses à “Edito : A la croisée des blogs”

  1. Père Louis de VILLOUTREYS

    Merci pour cet édito.
    J’avais créé un blog il y a 8 ans. Malheureusement, il est hors service. Je compte en créer un autre.
    Internet peut être un outil de fraternité, de discussion… A chacun d’y mettre du sien.

  2. Marie-Ange

    Je suis une grande lectrice des blogs alors que je n’aime guère FB ou T mais j’hésite toujours à participer aux débats. Le ton et le contenu des interventions me heurtent trop souvent; sous couvert de la distance qu’instaure le virtuel, les personnes échangent avec beaucoup trop de violence et les ego sont bien souvent enflés. Les échanges devraient être plus proches de ceux qui ont lieu face à face, avec respect et écoute (combien d’interventions ne tiennent pas compte de ce qui a été réellement écrit et débattu).

  3. Fol Bavard

    Si les débats en commentaire s’échauffent, raison de plus de participer avec la distance d’un autre billet !

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