Dans le monde sans en être

Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l’accordera…

Comme je vous le disais la semaine dernière, ce chapitre quinze de saint Jean dont nous poursuivons la lecture aujourd’hui est cher à mon cœur pour une raison à la fois humaine et spirituelle. Cet Evangile est un coup de foudre, une parole du Seigneur Jésus qui transperce le cœur et l’âme : Demeurez en moi comme moi en vous…

 

Demeurez dans mon amour

« Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous êtes fidèles à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour… » Commentant ce verset qui nous parle à la fois de l’amour du Christ pour chacun de nous, ainsi que de l’accomplissement des commandements divins, saint Augustin remarque que « c’est parce qu’il nous aime que nous avons la force d’observer ses commandements[1]… » Voilà la grande vérité de notre foi: “Dieu est amour” et “Il nous a aimés le premier”. Faisons nôtre cette affirmation de saint Jean et souvenons-nous que nous avons été créés à l’image et comme à la ressemblance de Dieu. Tout amour véritable vient de Lui. Nous sommes tous faits pour accueillir cet amour et aimer et si nous aimons, nous obéissons à son commandement. Saint Grégoire le Grand nous enseigne que si les commandements de Dieu sont multiples, en revanche ils « ne sont qu’un par la racine unique de la charité[2]. » Cette unique racine c’est le Christ, le Cep sur lequel nous sommes greffés…

Le secret pour demeurer dans l’amour du Père est d’imiter le Fils en gardant « fidèlement les commandements » de son Père, notre Père. A la fidélité, si difficile à vivre, est liée la promesse de la joie. C’est ainsi que Jésus dit à chacun de nous : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que vous soyez comblés de joie.» C’est à notre fidélité à Dieu et à ses commandements que nous serons reconnus comme étant ses disciples.

 

Aimez-vous les uns les autres

« Mon commandement, le voici : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » L’amour que nous devons témoigner envers Dieu et le prochain ne trouve pas son origine en nous, mais en Dieu le Père. Son amour nous précède, il nous donne l’être et la vie et nous rend capable d’aimer comme lui. Afin que nous comprenions de quel amour nous sommes aimés, Jésus ajoute : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » L’amour du Père culmine dans le don de son Fils qui livre sa vie sur le bois de la Croix en rançon pour les multitudes. Par sa Passion, le Christ permet à l’humanité de recouvrer la communion avec Dieu. Communion que nos premiers parents avaient perdue par leur désobéissance. Plus encore, les mérites de sa Passion nous obtiennent de n’être plus appelés « serviteurs, car le serviteur ignore ce que fait son maître ». Désormais nous ne sommes plus de simples créatures, nous ne sommes plus des serviteurs, mais des amis de Dieu. En outre, par le baptême nous sommes devenus ses fils et ses filles bien aimés. Saint Augustin de dire : « Le nom d’ami fait disparaître celui de serviteur (…) Puisque Dieu nous a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, ne soyons plus des serviteurs, soyons des enfants, afin que, de façon merveilleuse et inexplicable, mais vraie cependant, nous soyons au service de Dieu’ sans être des serviteurs[3]. » Voilà pourquoi, désormais, chacun de nous est appelé par la grâce du baptême et celle de la confirmation à vivre en plénitude l’exhortation du Seigneur : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » Afin de nous éviter l’orgueil qui rend caduc nos bonnes actions, le Seigneur nous rappelle : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis… » Ce verset est aussi une parole de consolation lors des moments de doute et de découragement.

«…  afin que vous partiez, que vous donniez du fruit, et que votre fruit demeure. » Comment ne pas entendre ici en écho cette autre parole du Seigneur : « Si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul ; s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » ? Pour le disciple « porter du fruit » consiste à vivre uni au Christ et à donner sa vie par amour de Dieu et du prochain en rendant témoignage à la vérité.

 

Demeurons en Dieu et nous serons exaucés

S’ensuit cet étrange verset : « Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l’accordera. » Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ? Si nous demeurons en Jésus, c’est à dire si nous lui sommes unis et si nous essayons de l’imiter en toute chose, alors tout ce que nous demanderons au Père sera exaucé. Par la puissance du Saint Esprit et par le don de son Corps et de son Sang dans l’Eucharistie, Jésus veut nous transformer en lui. Avons-nous conscience de cela ? La Vierge Marie et tous les saints et bienheureux sont autant de modèles pour nous. Lors de l’Annonciation et tout au long de sa vie, la Vierge Marie vivra le Fiat (qu’il me soit fait selon ta parole) fidèlement jusqu’au bout en union avec son Fils jusqu’à en avoir le cœur transpercé au pied de la croix. Les martyrs par le témoignage du sang, les saints et les saintes par le don de leur liberté, de leur volonté de leur intelligence et de leurs sentiments à Dieu pour sa gloire, le salut et le service du prochain vivent sur cette terre de la vie du Ciel. Vie que nous avons reçue en plénitude au jour de notre baptême… Voilà pourquoi leurs justes demandes sont exaucées d’une manière irrésistible par Dieu.

A une époque où les chrétiens sont souvent marginalisés et où les principes de la dignité de la personne humaine depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle, ceux de la famille fondée sur l’union stable et aimante d’un homme et d’une femme… sont bafoués, il est bon de nous souvenir que le Christ est notre unique espérance. Il est le Cep, la Vigne sur lequel nous devons demeurer. Laissons-nous irriguer et nourrir, par ses Sacrements et par sa Parole. Laissons-nous guider et enseigner par l’Esprit Saint et par son Eglise…

 

Bon dimanche à tous.

 

Pod

 

 

[1] Tractatus in Johannis evangelium LXXXII 3-4.

[2] Homélie XXVII 1.

[3] Tractatus in Johannis evangelium LXXXV 3.

 

4 réponses à “Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l’accordera…”

  1. Charles de montesquieu

    Je suis ÉVIDEMMENT en accord total avec ce commentaire ; MAIS dans ce “TOUT ce que vs demanderez….” se mêle à mon avis le pur et le moins pur ( je veux dire ce qui peut être moins conforme à Sa volonté)
    L’oraison quotidienne purifie toujours notre cœur ; donc ce qui est impur le Seigneur finit par le rendre pur en changeant notre regard.
    Le juste vivra par sa fidélité ( Ha ??)
    Donc TOUT implique une confiance absolue en la puissance de miséricorde de notre Dieu ; on peut tout lui demander et que sa volonté soit faite ; pas de limite à TOUT

  2. daniela

    Tout ce que je lui demande reste sans réponses, je suis dans une grande solitude et personne d’autre peut m’aider.

    J’ai l’impression d’avoir passer la plus grande partie de ma vie a pleurer et lui implorer de l’aide dans cette vie sur terre qui est si dure, malheureusement dieu aide certains mais d’autre n’auront jamais son aide.

  3. KABORE

    DIEU N MA PAS PLANTER
    DONC UN CRÉATURE, DESTINÉE A LUI.
    Ne mabandonnez pa dans les terreurs et les douleurs de la mort.
    GLOIRE AU PERE, ET DU FILS, ET DU SAINT-ESPRIT.
    AINSI SOIT-IL!

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