Dans le monde sans en être

Edito : Portes ouvertes

La chrétienté souffre. « Aujourd’hui, l’Eglise est une Eglise de martyrs », affirme le Pape François. Et voilà qu’avec l’attentat déjoué de Villejuif, le mal gangrenant l’Orient vient frapper à nos portes. Cela ne le rend pas plus terrible, mais plus présent : c’est la première fois qu’une menace aussi importante frappe l’Eglise catholique en France. Et l’on découvre que vue depuis la Syrie islamique, les racines chrétiennes de notre Nation seraient non seulement bien réelles, au grand dam des hérauts laïcards, mais aussi particulièrement gênantes aux fous d’Allah.

« Qu’il s’agisse des violences exercées contre les minorités chrétiennes – mais aussi yézidies – en Irak et en Syrie ou des assassinats, cyniquement mis en scène, de chrétiens coptes et éthiopiens en Lybie, les djihadistes de Daech ont fait des chrétiens des cibles prioritaires. Il fallait s’attendre à ce qu’un jour, cette violence fasse mouvement vers le sol européen », écrit Guillaume Goubert dans La Croix. N’en déplaise à Christian Estrosi, cette prise de conscience n’est pas annonciatrice d’un choc des civilisations (la chrétienté appartient-elle à une civilisation ?). N’en déplaise encore à l’éditorialiste Marc Fauvelle qui lui répondait sur France Inter, elle n’est pas non plus « le meilleur moyen de jeter le soupçon sur ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans le moule judéo-chrétien ». Elle est une mise en lumière de ce qu’une religion prônant l’Amour fraternel comme voie de Salut se retrouvera toujours sur le passage des furies nihilistes. Pas une guerre de religion : un choc de l’espérance.

Les temps sont durs. Et pour nous, chrétiens d’Occident, ils sont l’occasion d’une communion plus profonde avec tous nos frères qui souffrent au nom de leur foi à l’autre bout du monde. Une occasion de compassion, aussi, envers tous ceux qui meurent de la folie des hommes, sans distinction aucune. Car notre foi impose de laisser nos portes d’églises et nos cœurs grand ouverts. Et d’afficher un sourire de ressuscité sur nos gueules de Carême. Les temps sont durs, durs comme du bois de parquet sur lequel il nous est aujourd’hui demandé de danser.

Joseph Gynt

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