Dans le monde sans en être

“La revue Boussole veut témoigner de cette dynamique dont les media ne parlent jamais.” Louis Daufresne

La revue Boussole est un Mook lancé en 2014. Son deuxième numéro consacré à l’éveil des conscience va sortir en juin prochain. Il est déjà possible de s’y pré-abonner via la plate-forme Ulule. Cahiers Libres est allé à la rencontre d’un de ses fondateurs, Louis Daufresne 1qui est aussi rédacteur en chef de Radio Notre-Dame.

Louis Daufresne

Louis Daufresne

Cahiers Libres (C.L.) : La revue Boussole va sortir début juin son deuxième numéro. Pourquoi avoir choisi la formule du Mook avec deux numéros par an ? Quelle est la pertinence d’un Mook aujourd’hui ?

Louis Daufresne (L.D.) : Il n’était pas question de faire du news, car nous n’en avions ni les moyens ni l’ambition. Le mook se situe à mi-chemin entre le livre et le magazine. Il est uniquement disponible en librairie (ou sur Amazon). C’est un bel objet que l’on garde et que l’on peut montrer avec fierté à des personnes qui ne lisent pas les journaux cathos. Boussole privilégie le temps long qui est celui de l’appropriation. Outre un thème central, la revue de quelque 200 pages comprend de nombreuses contributions d’auteurs reconnus, des reportages, des récits, de belles photos, une bande dessinée. Ajouté à une mise en pages aérée, cela permet de satisfaire un public exigeant qui lit peut-être moins mais mieux.

C.L. :  Qu’est-ce qui vous incité à créer la revue Boussole il y a un an ?

L.D. : Un tournant a eu lieu avec le mouvement social de 2013. Une nouvelle génération a émergé et celle-ci ne dispose finalement d’aucuns relais intellectuels. Nous nous sommes dit qu’il fallait répondre à ce besoin de renouvellement, du fonds comme du style. Notre premier numéro consacré à l’Autorité positive a séduit près de 4000 lecteurs, ce qui est un très bon début.

C.L. : Vous qualifiez la revue Boussole d’instrument de « refondation ». Qu’entendez-vous par « refondation » et sur quelle base pensez-vous que nous puissions refonder notre société ?

L.D. :  Entre l’info trash qui étourdit et l’info splash qui divertit, nos contemporains subissent les événements autant qu’ils les consomment et, à la vérité, beaucoup ne savent plus où aller ni à qui se fier. Il leur manque justement une boussole. Cet instrument est celui de la mobilité, un mot qui pour nous rime avec mobilisation. La mobilité, c’est la définition même de la modernité dans laquelle nous aimons vivre. La mobilisation, c’est agir pour faire les bons choix. Nous refusons la posture décliniste et déprimante dans laquelle nos adversaires se plaisent (et globalement réussissent assez bien) à nous enfermer. Notre société est pleine de ressources et l’avenir est à celui qui voudra l’écrire. Pour peu que l’on sorte de soi et d’une logique de repli contraire à la foi chrétienne. Nous nous voulons porteurs de réflexions résolument contemporaines puisant leurs racines éthiques dans ce que le christianisme vivant a pu offrir de meilleur aux hommes. L’attente est énorme. La marginalisation n’existe que dans nos têtes. La carence d’idéal chez nos contemporains revenus de toutes les illusions – ouvre la voie à une renaissance des idées dont nous devons être les maîtres d’œuvre.

C.L. : Après un premier numéro sur l’autorité positive, le deuxième numéro traitera de l’éveil des consciences, c’est un titre engagé. Pourquoi ce choix éditorial ?

L.D. : Qui peut nier que les lignes ont bougé depuis la Manif pour Tous ? Une prise de conscience a eu lieu – comme un souffle qui s’est mis à animer un corps social anesthésié depuis des décennies. Le phénomène des Veilleurs, si minoritaire soit-il, traduit cette mutation que Gaultier Bès – qui a contribué à ce numéro – représente à sa manière. Qui sait ce que cela donnera ? A nous de favoriser cette forme de mobilisation, de bien la comprendre, d’en percevoir toutes les promesses. En tout état de cause, dans le désert relationnel où se trouvent beaucoup de nos contemporains, les réseaux « catho-friendly » constituent une force d’action et de renouveau. La revue Boussole veut témoigner de cette dynamique dont les media ne parlent jamais.

C.L. : Quels sont vos projets ?

L.D. : Un tel numéro demande beaucoup de patience et de passion et nous le faisons tous bénévolement et sur notre temps libre, en marge de nos responsabilités respectives. Comme toujours, l’avenir dépendra du succès, en particulier de la campagne de pré-abonnement que nous avons lancée sur la plateforme Ulule. Fidéliser les forces émergentes d’un nouveau christianisme, engagé, décomplexé, moderne, autour d’une vision éditoriale axée sur la responsabilité personnelle et le bien commun. Voilà un beau concept, à mon sens plutôt novateur.

Propos recueillis par Charles Vaugirard

Notes :   [ + ]

1. qui est aussi rédacteur en chef de Radio Notre-Dame

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