Dans le monde sans en être

#Scouten2015

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“La France, c’était mieux avant” : tel est le sujet de l’émission “Complément d’enquête”, ce soir, sur France 2. Un sujet amalgamant dans un même programme la “fièvre Zemmour”, la naissance de Sens Commun et le renouveau du scoutisme. La toile a rapidement réagi pour faire la part des choses et le hashtag #Cdenquete s’est retrouvé submergé plus de 48h avant l’émission de témoignage sur ce qu’est être #Scouten2015 (La Toile Scoute a recensé ces réactions).

L’équipe des Cahiers, qui compte un certain nombre de scouts, est allée en rencontrer plusieurs. Tous montrent que si le scoutisme s’inscrit bien dans une longue histoire, ses buts comme ses moyens sont on ne peut plus actuels.

Si vous aussi, vous voulez témoigner, n’hésitez pas à poster un commentaire (en bas de l’article)!

Je suis scout depuis 1999 au sein de l’association française des Guides et Scouts d’Europe. Lorsque je regarde ce que je suis aujourd’hui, ce que j’ai reçu dans le scoutisme est plus que visible tant au niveau de ma personnalité que de mes compétences. Les projets que j’ai pu monter dans le scoutisme m’ont appris la débrouillardise, l’autonomie, la responsabilité, l’amitié et le travail d’équipe… Autant d’atouts réels dans le monde professionnel !

En 2013, j’ai eu la chance de partir en Suisse avec soixante jeunes d’Auvergne, de Seine Saint-Denis et du Val d’Oise. Ces jeunes aux profils très différents ont dû apprendre non seulement à travailler ensemble main dans la main, mais aussi à vivre ensemble ! Je suis toujours impressionné de voir à quel point trois semaines de camp peuvent changer le regard d’un jeune sur l’autre et lui apprendre à mieux s’intégrer dans la société.

En plus de tout ce que j’ai pu y apprendre sur le plan humain, le scoutisme m’a fait découvrir un grand nombre de techniques, depuis celles qui nous permettent de vivre dans les bois jusqu’à celles qui nous servent à raconter nos aventures aux parents (photo, vidéo, réseaux sociaux…) en passant par les documents collaboratifs et les logiciels libres pour préparer les dossiers des camps.

Pour moi, dans ses valeurs humaines comme dans ses techniques, le scoutisme est résolument moderne 😉


Scout depuis 2011 au sein de l’association du Scoutisme Européen Suisse, rattaché à l’Union Internationale des Guides et Scouts d’Europe, j’ai eu la grande chance d’y découvrir des jeunes chefs, motivés pour faire grandir les enfants qui leur sont confiés.

Pendant trois années, je me suis principalement occupé de 24 jeunes louveteaux, avec qui j’ai du apprendre la patience, l’organisation, la confiance, l’improvisation et la responsabilité. Que ce soit devoir s’adapter aux conditions météo, organiser toute la logistique d’un camp avec des transports limités ou gérer une équipe de chefs, ce sont toutes des compétences que je peux appliquer actuellement dans le monde du travail.

Entre temps, je m’occupe plus particulièrement du multimédia : gestion de notre site web, des publications, ou encore rédaction des textes associatifs. Je découvre ainsi des aspects techniques auquels je n’avais encore jamais touché auparavant, et je peux également étendre mes connaissances juridiques, principalement au niveau des associations, ainsi que sur l’encadrement des jeunes.

Même si toutes nos activités se déroulent en pleine nature, loin de la civilisation, notre but est bien de former des chrétiens actifs dans ce monde, serviables, engagés, solides dans leurs convictions. Nous ne sommes pas déconnectés de la technologie : une grande partie de la préparation des activités est informatisée pour réduire la charge de travail et optimiser la communication. Nous produisons également un calendrier, parfois des vidéos, des documents pédagogiques, bref, sans la technologie, nous serions bien désemparés ! Mais le scoutisme est pour moi aussi l’occasion de prendre un peu de recul sur le monde moderne : en allant en forêt, au milieu de nulle part, je peux prendre du temps pour moi-même, pour les jeunes qui me sont confiés, pour vivre sans le stress auquel nous sommes soumis quotidiennement.

A mes yeux, le scoutisme est clairement moderne. Il allie la technologie, la technique et la nature, tout en gardant l’humain au centre.


Je suis membres des Scouts Unitaires de France dans les Yvelines depuis 2000. J’ai appris comme louveteau puis éclaireur la découverte de l’adversité, le sens de l’effort, l’envie de me dépasser, de toujours faire mieux. Mes expériences de routier puis de chef m’ont elles appris à m’ouvrir vers les autres, à servir de façon désintéressée.

De ces 13 ans de scoutisme désormais révolus, j’ai conservé quelques souvenirs intenses. Tout d’abord, le jour de ma promesse, dans la chapelle du Père Doncoeur aménagée dans une ancienne carrière de pierres sous les tranchées de la Première Guerre Mondiale. Promettre de servir de son mieux dans ce lieu si poignant m’a vraiment donné une leçon.

À 18 ans, routier, je partais pour un camp un peu particulier : il s’agissait d’organiser un camp scout pour des jeunes des cités de Toulon. Nous étions chacun en binôme avec un jeune de 12 à 18 ans, dont la vie étaient à l’évidence si différente de la notre. Cette semaine éprouvante, entrecoupée de menaces au couteau, de pneus crevés et de débuts d’incendie maîtrisés in extremis, nous a finalement convaincu que si ces jeunes avaient une vie et des moyens d’expression à l’opposé des nôtres, nous étions capable de nous rejoindre sur des choses importantes : ils avaient finalement les mêmes aspirations profondes, le même goût de se dépasser, la même envie d’être maîtres de leur vie.

Plus tard, alors que j’étais chef louveteaux, j’ai pu observer comment ces enfants de 8 à 12 ans étaient capables de rester motivés dans l’adversité. Alors même qu’ils se montraient intenables en temps normal, le jour où la moitié des chefs étaient occupés par l’hospitalisation d’un des enfants, les 23 autres se sont mis sans concertation à nous aider, à se supporter les uns les autres, à s’adapter. Ceux qui nous semblaient les plus mal à l’aise avec la vie en communauté devenaient d’un coup les meneurs. Alors que les chefs, démoralisés, étaient prêts à rendre leur tablier, ils nous redonnaient le sourire. De ce camp, j’ai retenu cette joie et cette aide que peuvent nous apportés les plus petits, les plus faibles.

Le scoutisme pour moi, ce n’est pas seulement une méthode labellisée Baden Powell, mais d’abord mettre un groupe de jeunes dans un milieu à la fois hostile mais également bienveillant qu’est la nature, et les laisser construire quelque chose à partir de là, ensemble, en utilisant leur force, leur intelligence, leur spiritualité. Pour parler en termes modernes, le scoutisme est une excellent école du vivre-ensemble. À ce titre, il est absurde de vouloir temporaliser le scoutisme. Que les différentes façon de le pratiquer soient reliés à différentes époques, et à différentes religions, c’est une évidence, mais l’essence du scoutisme est ailleurs et n’appartient à personne.


Mayou

J’ai été louvette, guide, cheftaine chez les guides et scouts d’Europe pendant une petite vingtaine d’années (et viens d’avoir 28 ans). Ces années m’ont appris avant tout à donner du sens à ma vie personnelle et professionnelle, à donner de mon temps aux autres et à la société, à ne pas prendre les taupinières pour des montagnes et à devenir une adulte à peu près équilibrée j’espère !

Le scoutisme est centenaire mais toujours très actuel : outre l’aspect débrouillardise qui en est l’image d’Épinal (et qui mine de rien est très utile et apprécié dans les milieux professionnels au quotidien), il rend naturel de se dépasser et s’accomplir en développant au mieux ses points fort et améliorant ses faiblesses. C’est également une école du travail en groupe, et de la vie en communauté. On y apprend à connaître les autres, à côtoyer et apprécier des gens à qui on n’aurait peut-être pas spontanément adressé la parole dans la rue. Quand j’étais assistante, deux de mes guides s’entendaient très bien et ne se seraient probablement pas parlé en se croisant au collège : l’une était gothique, l’autre “petite fille modèle”… Et inséparables en uniforme !


Romain

Je suis scout depuis 15ans au sein de l’AGSE. J’y ai reçu, et vécu, une grande fraternité, moi qui était fils unique. J’ai vécu beaucoup d’activités qui m’ont permis de devenir ce que je suis car en jouant, en vivant avec les autres, nous avons pu développer le service, le concret, la débrouillardise, l’écoute de tous, la responsabilité.

Un de mes souvenirs les plus marquant est un camp de 3 semaines que nous avons organisé en Irlande. Les scouts ont préparé le projet toute l’année en apprenant des mots d’anglais pour vivre avec les scouts de là-bas, on a fait des paquets cadeaux, on s’est montré et on a expliqué ce projet à plein de gens. Les scouts ont pris l’avion pour y aller, sur place on a campé mais on a aussi découvert la culture locale, l’histoire du pays, la ville de Dublin, etc… Ça nous a apporté beaucoup!

Évidemment que le scoutisme est moderne car il a suivi l’évolution du monde depuis Baden-Powell. C’est l’éducation du jeune par le jeune donc nous sommes forcément au goût du jour. Et notre monde moderne a besoin du scoutisme car beaucoup de jeunes passent leurs journées sur du virtuel, et sont solitaires et centrés sur eux. Le scoutisme leur apprend le concret en vivant avec les autres.


Jibé

J’ai vécu 10 ans de scoutisme (2002-2012), dont 7 en tant que chef chez les Scouts d’Europe en France. J’y ai reçu des clefs essentielles de structuration de ma personnalité. Le scoutisme est pour moi essentiel pour être acteur de la modernité et ne pas la subir !

Ce que je retiens le plus de toutes ces années c’est la joie sincère des veillées autour du feu, égalant en intensité celles de bien des soirées.


Je suis scoute depuis que j’ai 6 ans, ce qui nous fait donc 15 ans ! J’ai toujours été chez les Scouts et Guides de France, d’abord en France, et maintenant dans le groupe Scouts et Guides de France de Londres.
J’y ai appris l’autonomie, la gestion de projets, l’ouverture aux autres, le respect de la nature… J’y ai construit et enrichi de nombreuses amitiés, et ça continue!

J’ai tellement des souvenirs, toutes les rencontres vécues pendant le projet de solidarité qui se réalise chez les Compagnons, la branche aînée des SGDF. Avec mon équipe, nous étions 4 à partir au Vietnam pour construire une maison avec des ouvriers vietnamiens pour une famille défavorisée.

Alors oui bien sûr que le scoutisme est dans son temps! Le scoutisme propose de construire des citoyens actifs, utiles, heureux, et artisans de paix, tout ce dont on a besoin dans le monde moderne!


Marine L.

Je suis scout depuis que j’ai 8 ans (donc 20 ans !) en France, à la FSE puis chez les Europa Scouts.

J’y ai reçu une invitation à me dépasser, à me mettre au service des autres. le scoutisme m’a aidée à me construire (connaissance de soi, choix de vie, apprentissage du vivre ensemble). L’un de mes souvenirs les plus marquant a été mon engagement de guide-ainée, marquant mon départ dans ma vie d’adulte.

Aujourd’hui, les jeunes n’ont jamais eu autant besoin de repères, de cadre !! Le scoutisme apprend au jeune à construire son propre cadre et à lui donner un sens. Contrairement à l’école, le scoutisme propose une méthode où c’est la nature elle-même qui nous enseigne ses règles, qu’on apprend à respecter. A l’école, c’est le prof qui sanctionne et donne des notes. Dans le scoutisme, si tu ne sais pas allumer un feu, tu manges froid.


J’ai commencé en étant louvette en 2001 chez les Guides et Scouts d’Europe (France). Au cours des années scoutisme j’ai pu apprendre des choses très utiles comme allumer un feu, faire des constructions et objets en bois, mais surtout au niveau humain le scoutisme m’a apporté un complément d’autonomie et de responsabilités que je n’aurais pas pu acquérir aussi rapidement sans. Mes cheftaines ont été des modèles, voire pour certaines des anti-modèles, de la jeune femme que je voudrais devenir. Apprendre à obéir et à faire obéir, à respecter ses chefs comme ses subordonnés dès les louvettes permet de mieux appréhender la vie d’adulte. Mes quatre années de cheftaine ont parachevé cette formation intense en me donnant de nouvelles responsabilités.

Mon deuxième camp en tant que cheftaine de louvettes s’est déroulé sous la pluie de A à Z. Il nous revenait donc à nous cheftaines de maintenir le moral des louvettes au beau fixe. L’entente qu’il y a eu au sein de la maîtrise durant ces cinq jours, nos rires et surtout ceux de nos louvettes, leur joie et leurs chants alors que nous pataugions dans la boue dans la forêt en font un des meilleurs, si ce n’est le meilleur, camps auxquels j’ai participé.

Le scoutisme est et restera moderne. Il nous concerne tous en ce qu’il est une école de vie pour et par des jeunes, intégrée parfaitement dans le monde réel. Les rencontres bonnes ou mauvaises que l’on y fait nous marquent et nous forment, nous apprenons ainsi à cohabiter avec des personnes différentes.

J’ai eu des bons et des mauvais souvenirs au cours de ces années à servir, mais je ne veux en garder que la joie, la beauté de la nature et de la prière toutes ensemble, les chants le soir au coin du feu, les veillées, l’amitié et la solidarité entre nous ainsi que la bienveillance des cheftaines.


Je suis rentrée à l’AGSE (France) en tant que louvette en janvier 1993, et j’ai suivi ensuite le cursus classique (louvette, guide, guide-aînée, cheftaine) jusqu’à l’été 2009. Je ne suis plus inscrite dans un mouvement depuis, mais ma promesse m’a engagée pour la vie.

J’y ai reçu beaucoup : un cadre éducatif en premier lieu qui complétait l’éducation reçue à la maison, mais aussi une réelle découverte de la nature, de la vie en communauté avec les droits et les devoirs qu’elle implique, du sens du service et de la joie profonde que celui-ci peut procurer, et une connaissance approfondie de moi-même, des limites que je pouvais dépasser et de celles dont je devais tenir compte pour avancer. Encore aujourd’hui, je m’appuie au quotidien, dans ma vie personnelle, familiale, citoyenne ou professionnelle, sur le sens du concret et la réelle liberté que j’y ai acquis.

Mon souvenir le plus fort, parce qu’il engage toute la suite, est celui du soir de ma promesse, en mai 1998. Un engagement répondant à la soif d’absolu de la petite fille que j’étais alors mais aussi, encore aujourd’hui, à celle de la femme que je suis devenue. D’avoir pu grandir ensuite, et faire grandir les jeunes qui m’ont été confiées en patrouille ou en unité, en découle directement.

La grande modernité du scoutisme, à mon sens, c’est de continuer à proposer un mouvement d’éducation à la fois complet et qui transcende les modes, les époques et les cultures. Malgré la diversité des propositions que l’on peut constater dans les différents mouvements, il y a un noyau commun de valeurs humaines, d’orientations et de sens de l’engagement qui rapproche ceux qui le partagent et qui constitue un indéniable atout pour l’ensemble de la société.


Je suis guide depuis… 27 ans. Et je n’avais pas réalisé que ça faisait aussi longtemps, ce qui prouve que le scoutisme permet de garder un esprit jeune et alerte bon, en même temps, je ne suis pas non plus une cheftaine à cheveux blancs, enfin pas encore). J’ai débuté le scoutisme en 1987 et suis restée en activité jusqu’en 1999 (louvette, guide, GA, ACCie, CCie). J’ai repris du service il y à 7 ans pour monter un groupe guides d’Europe.

Ces bientôt 30 années de scoutisme m’ont beaucoup apporté. J’y ai découvert le sens du concret: sans bois, pas de feu et donc pas de repas mais aussi le sens de la parole donnée: “sur ta parole on doit pouvoir bâtir une cité” (cérémonial du départ routier). J’y ai appris le sens du service, le don de soi, le dépassement et ce pas une fois, mais chaque jour, chaque minute : “Faire toujours de mon mieux, être prête à donner le meilleur de moi-même au service de Dieu et des autres, cela non pas une fois mais chaque jour, tel est l’engagement que je vais prendre” (cérémonial engagement guide-aînée). J’ai appris également que le plus fort protège le plus faible. J’ai découvert le sens et la beauté de la progression personnelle, les longues heures d’apprentissage d’une technique, les efforts pour retenir les modes divers de transmission etc… A travers les grands rassemblements, les jumelages, j’ai appris que tous les scouts étaient frères et vivaient d’un même idéal avec des pédagogies parfois très différentes. Ma foi a mûri aux côtés de mes soeurs guides. Ensemble nous avons traversé la période agitée de l’adolescence, quand l’une flanchait, l’autre la soutenait, et inversement; la patrouille est une cordée! J’ai découvert le sens des responsabilités, à chaque âge, proportionnée aux capacités de chacun.
J’ai finalement appris pendant toute ces années à devenir une adulte responsable, au service de la cité et de mes frères.

Je n’ai pas un souvenir particulièrement fort, j’en ai plein ! Brancardage à Lourdes, nuits à la belle, jeux de nuit, grands jeux, veillée, chants, fou-rires, installs, concu complètement ratés. ou réussis… Je me souviens d’un camp jumelé, il y avait 7 patrouilles et donc 7 repas à déguster pour le concours cuisine. Les guides s’étaient vraiment décarcassées et c’était du 3 étoiles!! Nous avons remis 7 flots cuisine, impossible de les départager. Et la maîtrise à mis 3 jours à s’en remettre.

Souvenir tout récent, le 23 janvier dernier une cheftaine et un chef de nos groupes ont prononcé leur promesse. Les maîtrises se sont retrouvées le soir, autour du feu. IL faisait moins 5. Nous nous tenions serrés, les uns contre les autres, au coude à coude sur nos rondins de bois, le feu au milieu nous réchauffait les pieds. Nous avons vécu, sous un magnifique ciel étoilé, une très belle veillée de promesse, très simple, très scoute: de beaux chants, de beaux textes, de beaux témoignages de nos chefs. Et puis nous avons allumé les torches, retiré bonnets, écharpes, gants, capes pour nous mettre en uniforme et nous déplacer jusqu’au lieu des promesses. Là, au cœur de la nuit, au pied de la statue du Christ-Roi, à la lueur des torches et des étoiles, dans le froid de l’hiver, Emmanuel et Noémi sont devenus scout et guide. Peut-être cela aussi le scoutisme: l’amour des belles choses, l’amour des choses simples!

Quant à savoir si le scoutisme est moderne tout dépend ce que l’on entend par “moderne”. En tout cas, remède idéal pour notre temps. Outil pédagogique inégalé. Soutien indispensable pour les parents dans l’éducation de leurs enfants. Ecole de vie incroyablement belle et riche! École de la débrouillardise, du service, du sens du concret etc…


Je suis dans le mouvement des Scouts d’Europe, en France, depuis 2003, bientôt 12 ans j’y ai eu un parcours plus ou moins tout à fait classique : louvette, guide, guide-aînée, assistante et cheftaine (dans les trois branches aussi).

Il y a tant de choses fortes et belles que j’y ai vécu : la (quasi) première qui m’a marqué c’est lorsqu’un jour de mars 2004, ma main dans celle d’Akela (la cheftaine des louvettes), je prononçais ma promesse, ma première. La dernière en date ? Le 14 décembre dernier, quand, moi-même Akela, des petites louvettes ont mis à leur tout leur main dans la mienne et promis de faire de leur mieux.

Entre temps, et c’est presque ça le plus important, j’ai grandi, mûri, et quelque fois même plus. J’y ai appris à me dépasser, de tous les points de vue ; pour donner un exemple concret je n’ai jamais été très sportive, voire même le contraire, et pourtant ma route de guide-aînée en Corse (une semaine à marcher) fut l’un de mes plus beaux souvenirs : j’aurai su ce qui m’attendait, je ne serai jamais partie, disant que c’était pour les autres, et pourtant je l’ai fait, je me suis dépassée, j’ai fini complétement lessivée mais je l’avais fait – et j’y étais arrivée parce que mon feu (le groupe de GA) était comme une grande bande d’amies et que l’on se soutenait ensemble.

Encore plus que se dépasser, le scoutisme fut aussi pour moi l’école de la débrouillardise. Comme CP, comme cheftaine, on comptait sur moi (aussi bien mes cheftaines que celles qui me sont confiées) et c’est en l’étant que j’ai appris que l’on devait planifier, que l’on devait s’organiser… (à mes dépens parfois). Je pense que c’est complétement fou mais que c’est aussi incroyablement beau d’avoir de telles responsabilités aussi jeune !

Aller aux guides fut toujours – et reste encore – une véritable bouffée d’air frais pour moi. Se couper de la vie qui va vite et que l’on doit suivre, se couper de son téléphone quand tout le monde y est scotché (pour reprendre le cliché), se couper d’une vie dans laquelle on est quelque fois entrainé sans le vouloir ; c’est prendre la vie du côté de la simplicité, de la bonne humeur à toute épreuve, d’un retour aux choses si simples, si belles et bonnes et que l’on oublie si souvent : chanter et rire, manger un bon petit plat, discuter assise au soleil, en avoir plus rien à faire de la pluie (loin de se préoccuper des cheveux qui frisent, true story), … c’est arrêter un instant de se prendre trop au sérieux quand on a que 8, 15 ou 19 ans.

C’est aussi un moyen – et pas du tout rétrograde pour le coup – de dépasser aussi ce que la société fait de nous. Parce que oui, même en 2015, nous pouvons toujours nous servir de nos mains et tout faire, même si l’on veut nous faire croire le contraire – tous et toutes. On m’a souvent reproché le scoutisme (surtout européen) comme hyper sexiste et tout : n’empêche qu’allez voir un camp de guide. Des filles, de 12 à 17 ans, toutes seules, qui vous coupent du bois, construisent des tentes dans les arbres, toutes seules, vous montent des tables, des chaises, des mâts, le tout quelque fois sans ficelles, des radeaux, des feux gigantesques,… Qui peut dire qu’elles ne se débrouillent pas ? On y apprend à entreprendre, à voir grand, à voir beau et à savoir faire soi même. (Alors pour continuer dans le sexisme, j’ai déjà eu un dîner préparé entièrement par les scouts – et oui ce n’était pas les guides à la cuisine – c’était absolument délicieux, comme quoi les garçons aussi apprennent à se débrouiller!)(la légende voudrait même que les scouts cuisinent mieux que les guides..)

Enfin bref, je pense que je pourrai noircir des pages et des pages de souvenirs très forts et de tout ce que j’y ai réçu (et voudrai encore y recevoir) ; pour moi le scoutisme c’est une aventure, commencée il y a longtemps et qui ne s’achèvera peut-être que dans longtemps aussi.. Être guide c’est être une soeur pour tous, voir en chaque scout ou guide un ami/une amie (et c’est comme ça que commencent des amitiés extraordinaires d’ailleurs, ça rapproche énormément mine de rien..) et être toujours au service de son prochain, de ses frères. Le scoutisme n’est pas déconnecté aujourd’hui de ma vie d’adulte, d’étudiante.. au contraire chaque jours il me permet de m’y épanouir et m’aide à y donner un sens, comme une boussole.

Le scoutisme est clairement moderne, c’est l’éducation du jeune par le jeune, qui change toujours donc, en fonction de celui qui est chef. Je ne suis pas cheftaine comme les miennes l’étaient, nous ne sommes pas la même personne mais ne vivons pas dans la même époque… Le scoutisme est extrêmement adaptable suivant chacun et suivant son époque, et en ce sens il reste un mouvement d’éducation qui sera toujours actuel. Et puis bon, aujourd’hui, l’on essaye de promouvoir le bénévolat des jeunes, le service civique, .. de sortir les enfants de leurs ordinateurs (d’ailleurs tout le monde montre qu’être rivé à un écran c’est mauvais), de les faire se dépenser, user de leurs mains, se donner aux autres, etc.. c’est ce que le scoutisme fait depuis plus de 100 ans, d’un bout à l’autre du monde et quelle que soit sa confession, true fact.


Je suis scout depuis plus de 10 ans chez les Scouts Unitaires de France, à Paris. J’ai été fortement marqué par mes années de scoutisme. J’en retire un sens du service et de l’attention à l’autre. Bien sûr il y a la débrouillardise et l’inventivité, mais il y a aussi la prise de responsabilité, très tôt. A 17 ans avoir sous ses ordres 7 garçons déterminés à faire de leur mieux, pour bâtir des projets et organiser des activités avec eux, c’est une expérience forte. Revenir quelques années plus tard, à 21 ans et être responsable de 30 garçons entre 12 et 17 ans, alors que n’importe quelle entreprise demanderait des expériences longues comme le bras, c’est aussi formateur. J’ai beaucoup de souvenirs marquants liés au scoutisme. Le meilleur moyen de voir s’allumer des étincelles dans les yeux de scouts c’est de leur demander de raconter leurs années en uniforme. Grands jeux, marches en forêts ou en montagne, travail en équipe et veillées inoubliables laissent marquent la mémoire de plus d’une manière. Mais je me souvient particulièrement de mon année de CP, quand j’ai eu à construire la plate-forme qui serait notre lieu de vie pendant 3 semaines. Un travail d’équipe exigeant, un projet ambitieux, mené à bien par ma patrouille. Le résultat final était à la hauteur de nos espérance et suscitait notre fierté. Le scoutisme laisse sa place à chaque jeune pour qu’il puisse se développer selon ses intérêts : Transmission de l’expérience par les plus vieux, responsabilisation dès le plus jeune age et activités laissant la place à l’imagination et aux talents de chacun. On y développe des qualités comme le gout de l’effort ou la joie du service. Peut-être que ce n’est pas ce à quoi on pense immédiatement quand on parle de modernité, mais c’est ce dont toute société a besoin. Que demander de plus ?


Je suis scout depuis 1995 chez les Scouts Unitaires de France.
Ce mouvement m’a permis de grandir humainement, ainsi qu’acquérir de nombreuses compétences (débrouillardise, management, …).
Parmi mes souvenirs, je peux notamment citer plusieurs raids en solitaire me permettant de me retrouver seul, en vérité face à moi-même. Je peux également citer plusieurs étapes de progression me concernant (promesse, départ routier), ainsi que des moments où j’ai pu transmettre ce que j’avais moi-même reçu (par exemple au cours de formations).
Bien que le scoutisme ait maintenant plus de 100 ans, je pense que l’on peut dire qu’il reste très moderne : il suffit pour cela de voir le nombre d’inscrit dans les divers mouvements, ainsi que les sourires des jeunes découvrant ses joies.
Un dernier message à #cdenquete : pour ceux qui ne connaissent pas le scoutisme, venez le découvrir et vous recevrez beaucoup !


@Mfsj

Je suis scout depuis 15 ans aux Scouts Unitaires de France.
Le scoutisme a été pour moi l’occasion de m’ouvrir sur les autres, sur le monde, de comprendre à quel point l’environnement est précieux et d’apprendre à vivre en citoyen, en respectant la culture et l’identité de chacun.
Je me souviendrais longtemps de notre expédition en Corse, un moment unique d’aventure dans les montagnes et sous le soleil de l’île de Beauté !
Le scoutisme est une École de vie dont les valeurs ne sont autres que celles de l’amitié, du respect des autres et de l’environnement. Ces enjeux sont d’autant plus fondamentaux à une époque où nous vivons au rythme de la pollution environnemental, de la faillite du système éducatif et des attentats contre la liberté d’expression !
Un message à #cdenquete : Vous vous distinguez par votre volonté de faire votre métier de journaliste en vous rendant au cœur de votre sujet alors s’il vous plaît, dépassez les clichés et les quelques affaires judiciaires qui ont pu être massivement relayés dans les médias alors qu’elles ne représentaient absolument pas les mouvements scouts. Allez au cœur de ces Écoles de vie pour montrer en quoi elles peuvent réellement jouer un rôle dans la formation citoyenne des jeunes !


Je suis scoute depuis 12 ans, chez les Scouts et Guides de France, en Picardie.
Au sein des scouts, j’ai appris à m’engager envers moi-même, les autres et Dieu, à écouter et prendre en compte l’avis des autres. J’ai développé mon sens du service, j’ai appris à construire des projets du début à la fin, avec persévérance et responsabilité. Enfin, j’ai appris à respecter la nature et à vivre simplement.
L’été dernier, avec mon équipe de 7 Compagnons (branche aînée, nous partons en camp en autonomie), nous sommes partis marcher dans les Pyrénées et servir à Lourdes. Être uniquement en équipe, au milieu des montagnes, nous a permis de nous dépasser mais aussi de découvrir l’importance de l’attention aux autres, essentielle pour que l’équipe soit soudée.
A Lourdes, nous nous sommes réellement mis au service des malades, et cela a donné un véritable sens à notre camp. Le pèlerinage que nous accompagnions nous a fait confiance et nous a ainsi permis de faire de multiples rencontres, que ce soit parmi les malades ou parmi les hospitaliers.
Le scoutisme, en nous apprenant le sens de l’engagement et du service, l’autonomie et la responsabilité permet de faire des jeunes des citoyens utiles et heureux ! Résolument moderne, il donne une place à chacun dans l’équipe et dans la société, et répond aux défis actuels. En faisant se rencontrer des jeunes de tous milieux, le scoutisme est un mouvement d’éducation populaire idéal pour “bâtir un monde meilleur” : quel enjeu peut être plus actuel que celui-ci ?


Je suis scout depuis 10 ans, en pause depuis 2 ans pour cause d’études, chez les Scouts et Guides et France.
J’y ai appris à être autonome, à gérer une équipe, à obéir quand je ne suis pas le leader, à écouter et à m’exprimer. En fait j’y ai appris à être citoyen. J’ai aussi appris des compétences techniques en nœuds, travail du bois, orientation mais aussi à créer un site web, monter un projet en partenariat avec une autre association et enfin, en tant que chef, à faire grandir les plus jeunes. J’y ai de nombreux souvenirs comme le soir du centenaire du scoutisme, assis autour du feu, ma première étoile filante. Ou la randonnée avec les compagnons, seuls au milieu des Pyrénées.
En étant impliqué dans LaToileScoute, association promouvant le scoutisme sur internet et faisant le lien entre les différents mouvements, je vois au quotidien combien le scoutisme est actuel. C’est d’ailleurs là-bas que j’ai appris le SQL, à gérer un forum, un groupe facebook, à faire du community management, bref que des compétences 2.0
Un message à faire passer #cdenquete : On m’a dit que votre reportage n’était pas si prompt aux amalgames que ce que le laisse penser la bande annonce, dans tous les cas on jugera sur pièces mais malgré tout il me semble dommage d’utiliser des moyens aussi nazes pour faire buzzer son reportage.


Je suis scout depuis 30 ans, au sein de l’AGSE, en France puis en Belgique.
En tant que chef de groupe, la joie de voir naître des hommes capables d’affronter le monde, de voir des jeunes capables de s’engager et de prendre des responsabilités, voir le sourire des jeunes qui se sentent investis d’une mission et qui par ce moyen décuplent leur puissance pour avancer.
Le scoutisme que je pratique est de plus en plus moderne car il assure la colonne vertébrale nécessaire à nos jeunes enfants et jeunes adultes pour affronter le monde. D’une part parce que la société ne fait pas ce travail, mais également car les parents sont absents sur ce terrain.

  • Le sens de l’engagement si difficile à trouver aujourd’hui.
  • L’apprentissage de la responsabilité assumée, loin de ce qui se pratique actuellement dans le monde du travail
  • Le développement de l’autonomie et du sens du concret. Les exemples ne manquent pas pour montrer ces lacunes dans notre société.


J’ai commencé le scoutisme à 12 ans, clairement à reculons car ne sachant pas trop à quoi m’attendre, chez les Scouts Unitaires de France. J’y suis restée 8 ans, dont trois en tant que cheftaine.
Le scoutisme c’est une école de vie. On y rencontre des personnes différentes, hors du cadre du collège/lycée où le seul objectif est de se fondre dans la masse tout en essayant d’exister pour soi. Dans le scoutisme, on existe en tant que personne et c’est la richesse de chacun qui fait le groupe. On y apprend qu’on a tous un rôle à jouer, que chacun peut apporter sa pierre à l’édifice. Pour paraphaser ce bon vieux Baden-Powell, “nous devons tous tâcher de quitter cette terre en l’ayant rendue meilleure qu’on ne l’a trouvée en faisant de notre mieux”.
Grâce au scoutisme, j’ai appris à organiser des projets de A à Z, à décrocher mon téléphone à 18 ans pour demander des devis, à demander à un chauffeur de car qui avait le triple de mon âge de respecter les arrêts obligatoires car j’étais responsable des jeunes dans le car. J’ai appris la simplicité, j’ai appris à découvrir en chacun un frère en humanité, au-delà de nos différences. J’ai appris à prendre des engagements et à les respecter. J’ai appris à me donner à fond. J’ai tout simplement appris à être adulte et responsable.
Le scoutisme est clairement moderne, car c’est l’éducation des jeunes par les jeunes, c’est vivre nos propres expériences, c’est apprendre à sortir de nos frontières. Le scoutisme c’est être un citoyen non pas seulement français, non pas uniquement européen, mais un citoyen du monde.

Je suis scout depuis 2000, chez les Guides et Scouts d’Europe, jeune louveteau accomplissant sa promesse de “devenir un bon éclaireur et un bon routier”.

Il m’est difficile de distinguer ce que je dois au scoutisme… J’aurais tendance à dire : Tout! Car le scoutisme est une véritable école de vie, où l’on apprend moins à faire qu’à être, ou plutôt où l’on apprend à faire pour apprendre à être. On y apprend à être soi, mais aussi à être avec les autres, ces autres qui ne sont plus des “autres”, mais des frères et sœurs. La loi scoute, cœur de la promesse et de la vie scoute, liant de cette grande fraternité, était, est et sera un guide tout au long de ma vie, dans ses aspects personnels, professionnels ou familiaux.

Tant d’événements ont émaillé ces années, marquant ma mémoire. Ma promesse louveteau, lors d’une chaude journée de printemps, sous un chêne centenaire, devant une petite église du bocage normand. Ma montée à la troupe et l’au-revoir de/à mes frères louveteaux. Ma promesse scoute, un matin d’avril, le soleil se levant sur le lac en contrebas, perçant à travers des filets de brumes, deux frères se préparant comme moi à engager leur vie au service des autres. Des camps scouts, nombreux, aux quatre coins de la France, en République tchèque. De belles veillées au coin du feu. Des grands jeux nous faisant battre la campagne trois jours durant. Une route, en hiver, marchant vers le Mont Saint Michel avec mes nouveaux frères routiers. La splendeur de la Merveille brisant la brume à la veille d’une nouvelle année. La joie de voir grandir les garçons dont j’avais la charge, comme chef de patrouille ou en maîtrise de troupe. La constance de cette joie dans tous les groupes que j’ai eu la chance de fréquenter, de la Normandie au Midi, de Paris aux Landes.

C’est précisément cette constance, cette efficacité sans cesse constater de la méthode scoute, qui me convainc que malgré son âge, elle est résolument moderne. Non, en fait, pas moderne : visionnaire. Il y a plus de 100 ans, B.P. a voulu éduquer la jeunesse à l’autonomie, à la responsabilité, au service, au respect : on voit aujourd’hui combien ces principes peuvent faire défaut à notre société, et particulièrement à la jeunesse, qui n’est rien de moins que l’avenir! Alors non, pas moderne. Visionnaire.


Depuis mes 8 ans, je suis dans le mouvement des Guides et Scouts d’Europe, d’abord au louveteaux jusqu’à 12 ans puis dans différentes troupes et au Réseau de l’Araignée. Maintenant je suis au clan à Strasbourg et dans les équipes techniques nationales pour la communication.

J’y ai reçu et reçois encore beaucoup de grâces, le scoutisme dont le but est de faire grandir l’homme accompagne mon développement personnel dans la foi en notre Seigneur Jésus Christ. Et puis aussi plus concrètement, à travers des joies simples, l’apprentissage de la débrouillardise ou le sens du service.
Un souvenir particulièrement fort peut être mon engagement raider en 2013 : “J’accepte les exigences des raiders scouts et je demande à être considéré comme étant toujours de service et quoi qu’il m’en coûte, je répondrai prêt ! Que Dieu m’aide pour cela à faire grandir ma foi. Si je manque, que la troupe me juge ! Si j’avance, qu’elle me suive ! “ Cet engagement est un moteur dans ma vie, et m’aide a accomplir chaque jour la promesse scout.
Oui, le scoutisme est moderne, car son message est universel, et particulièrement aujourd’hui, la vie scout, ce retour à l’essentiel est quelque chose dont la société aurait bien besoin !

Mon message en moins de 140 caractères :
#ScoutEn2015 On n’a pas à parler de “nostalgie”. Quand on prononce notre promesse c’est “S’il plaît à Dieu, toujours” ! 🙂 #CdEnquete”

 

Je n’ai jamais été guide jusqu’à cette année. Mes trois frères et soeur l’ont été, mais alors dormir sous la tente, me fatiguer, ce n’est absolument pas mon truc. Et puis vu de l’extérieur, ça ne me faisait pas spécialement rêver, puis je n’accrochais pas avec tout le délire sur le Livre de la Jungle et j’en passe.

Et puis me voici à 22 ans à Moscou, prof, touriste, étudiante, jeune recrue de l’unique paroisse catholique de la ville, et on me saute dessus : pénurie de cheftaines ! L’heure est grave. Bon, ce n’est qu’un an, je vais survivre. Plus poussée par mon bon coeur que par une envie dévorante, j’enfile un uniforme et me voilà devenue l’Akela de vingt têtes blondes (AGSE).

Et là, le miracle s’accomplit. Je ne dirais pas que j’aime le scoutisme. J’ADORE CA. J’adore découvrir que le scoutisme, c’est la croissance. Que Mowgli grandit dans le Livre de la Jungle, comme les louvettes sont appelées à le faire dans leur vie. Que dans leur carnet de scout, on leur apprend certes à faire des noeuds et des brelages, mais aussi à reconnaître des feuilles, des animaux, à respecter la nature, à rendre service chaque jour, et même on s’y assure qu’elles savent… lire l’heure, compter la monnaie, chanter une chanson. Que les deux doigts levés de leur salut symbolisent les oreilles du loup, mais que le pouce sur les deux derniers symbolise le fort qui protège le faible, et que chaque salut qu’elles font est une promesse renouvelée, un réengagement à protéger les autres. Et que le sens du scoutisme est là : que c’est tout le temps, toute sa vie. Le scoutisme, ce n’est pas une activité : c’est une attitude.

Le scoutisme est bien plus moderne que n’importe quelle colonie de vacances : avant tous les autres, il a inventé cette magnifique combinaison du respect de la nature et du respect de l’autre, de la débrouillardise et de la camaraderie, de la réflexion et de la progression constante de son coeur.

Et si #cdenquete veut comprendre en moins de 10 minutes tout ce qu’est le scoutisme : il leur suffit d’ouvrir un Mowgli ! Bonne lecture 😉

Je suis entré dans la vie scoute à mes 8 ans. au sein des Guides et Scouts d’Europe. Louveteau, scout, chef de patrouille, Equipier pilote, Chef de clan, Routier Scout et Conseil Religieux… J’ai eu (et j’ai toujours) la joie de vivre l’aventure scoute. Deux mots que je retiens : Fraternité et engagement. La foi chrétienne reçue à mon baptême donne tout son sens à ces deux valeurs. Si je suis chrétien et prêtre aujourd’hui c’est grâce, entre autres, au mouvement scout.
“Pars maintenant, derrière le Christ. Que la foule des saints et des saintes t’accompagne, aujourd’hui, demain et jusqu’en l’éternité !” (extrait du Départ Routier).

Je me rappelle avoir pris ma promesse de louveteau très au sérieux. L’Akéla, l’aumônier, et la pédagogie AGSE concourraient pour me faire comprendre que ce n’était pas n’importe quoi. Un engagement. Pas des mots en l’air, mais un acte, concrétisé dans un geste, avec une para-liturgie qui l’exprime. Facile de dire tout cela près de 25 ans après, mais je me souviens très bien du sérieux de l’affaire.

Plus tard, le scoutisme sera du même ordre. Même sérieux, mêmes difficultés. Pas toujours facile de rester fidèle à cette parole donnée. D’avoir des “frères” scouts dans le visage desquels on reconnaît ou non sa propre fidélité, et dans lesquels on peut voir dénoncés ses manquements à une loi que nous avons pourtant librement choisi de suivre.

Ce furent pour moi des années de croissance humaine et spirituelle extraordinaires, d’apprentissage du dépassement de soi. Pas dans les exploits, non (même si l’adolescent a été content qu’on le fasse rêver avec des trucs un peu exceptionnels et des mises en scène), mais plutôt dans les petites choses, dans le dépassement de mes travers, défauts, au-delà de mon péché, par amour pour mon prochain. J’ai nourri à la troupe un désir de fraternité et d’humanité, par les installes et les veillées, par l’appel à la porte du Kraal et les discussions franches avec les chefs, par les élaborations culinaires douteuses en concours-cuisine et les repas trappeur en raid, par les marches à la boussole et le silence d’une nuit d’adoration à la fin du camp.

Là ont été semées des graines, elles ont germé, la pousse a été entretenue et fortifiée. Le départ routier n’a pas eu lieu, car j’ai choisi la vie religieuse. Ma façon de suivre le Christ et de ratifier mon baptême en une forme de “grand saut” se fait tout de même sur une route, qui avait commencé sur la piste de la jungle. Chaque matin, avant de descendre à Laudes avec mes frères, je boucle sur mon habit de dominicain mon ceinturon scout. Je vis encore de ma promesse.

J’ai fait du scoutisme pendant une grosse dizaine d’années : louvette, guide, guide aînée puis cheftaine de guides.
Plus que raconter des souvenirs (qui sont pour la plupart excellents), juste témoigner que le scoutisme a très fortement aidé à structurer ma personne, ma personnalité et in fine ma vie d’adulte.
* Par le sens de l’engagement individuel que le scoutisme apporte : dire ce qu’on fait, faire ce qu’on dit, persévérer y compris dans la difficulté, prendre des responsabilités (y compris très jeune) et les tenir : cela fait grandir et pousse à être meilleur. Lorsqu’il est important d’être fiable pour que le groupe fonctionne, et qu’on comprend cela à 10 ans, c’est une attitude qui marque pour le reste de sa vie
* Faire confiance aux autres : la pédagogie scoute place l’harmonie générale sous la responsabilité de chacun, et promeut la responsabilité de chacun selon ses capacités du moment. Chacun a une place, un rôle qui est important pour l’ensemble du groupe. Cela oblige à faire confiance et solidifie les rapports humains. Les rôles sont distribués en fonction de l’âge, de la personnalité, des goûts. On apprend à jauger un groupe et ses individualités, à voir comment le faire fonctionner du mieux possible.
* La débrouillardise et l’inventivité sont des valeurs très positives dans le scoutisme, au contraire du reste de la société où le zéro-risque et la continuation des habitudes sont trop souvent la norme. Le scoutisme m’a donc appris à voir “plus loin”, plus haut. À apprendre comment surmonter les obstacles.

Aujourd’hui je travaille dans le milieu associatif. Les anciens scouts, de tous mouvements, y sont très nombreux alors que ce milieu n’a rien à voir avec l’encadrement de jeunes, la religion ou l’éducation. Nous nous “reconnaissons” souvent à notre manière de faire vivre les associations dont nous avons la charge et à la structuration de nos manières d’être et de voir le monde.
En toute discrétion, le scoutisme contribue à former des adultes solides et engagés auprès des autres, dans tous les domaines, et enrichit la société. Sa pédagogie originale mériterait d’être largement déployée.

Le scoutisme, c’est un peu un truc nouveau dans ma vie, mais en même temps j’ai l’impression que j’aurai du y être toute ma vie, et que ce truc nouveau m’a accueilli comme si c’était le cas. Comme si j’avais toujours fait parti de la famille.

Je suis tombé dedans à 20 ans, ça fait un peu plus de 4 ans maintenant. Je connaissais les scouts de nom, mais je n’en avait jamais vu dans la rue en grandissant à Marseille, et je ne savais pas vraiment a quoi m’attendre. Un pote m’a simplement appelé à l’aide “j’ai 10 jeunes à gérer ce week-end et je suis tout seul, tu peux me filer un coup de main stp ?”.

Et c’est juste comme ça que je suis entré dedans. Chez les Eclaireuses Eclaireurs Unionistes de France (les scouts protestants) : responsable, puis chef d’unité, j’ai fait un passage en équipe régionale, et puis aussi formateur BAFA et membre de groupe de travail. Aujourd’hui, le scoutisme est le lieu où j’exerce mon métier de développeur web, chez les SGDF.

Les scouts, j’y vois un objectif majeur, martelé dans nos textes, dans nos pratiques, dans nos jeux, partout, tout le temps : former des citoyens épanouis, engagés, libres et conscients de leurs choix et de leurs devoirs. C’est un bel objectif. Et c’est un objectif résolument tourné vers l’avenir. Comment peut-il en être autrement ? Comment former ces citoyens si ce n’est en les préparant à ce qui les attends demain ? Si ce n’est en leur apprenant à (se) questionner ? A chercher ? A découvrir ? A comprendre ? A s’amuser aussi, parce que c’est important.

Ces jeunes, ils formeront demain notre nation, notre monde, et ça sera un peu grâce à moi, à nous, aux scouts, qu’ils seront qui ils sont. J’y apporte ma (bien maigre) contribution comme (littéralement) des centaines de milliers de bénévoles à travers le monde, tous tournés vers ce même objectif.

Définitivement non, le scoutisme, en tant que mouvement d’éducation populaire, fort de 40 millions de membres, n’est pas tourné vers le passé. Il est ancré, les deux pieds, dans l’avenir. Un avenir qu’il voit plus radieux, plus ouvert et plus simple. En tout cas, moi c’est comme ça que je le voit et que je m’y sens bien.

6 réponses à “#Scouten2015”

  1. @xavierlesort

    le Scoutisme donne accès aux valeurs éternelles du Partage, de l’Autonomie, de l’Esperance, de la protection des plus jeunes, des plus faibles et de la transmission des valeurs Chrétiennes.
    Il est la réponse que ne peuvent trouver les Christianiphobes qui veulent fournir aux enfants des activités en lien avec la nature et les valeurs civiques.
    Il donne une Force calme et irrépressible fondée sur la Confiance dans l’Homme et l’Esperance.
    Seigneur Jésus apprenez-nous à servir, apprenez-nous à combattre sans souci des blessures.
    Des valeurs, une force de caractère, une Foi qu’on ne lache jamais, jamais, jamais.

  2. Abbé Guy-Emmanuel

    Je suis scout depuis…… Euh? on est obligé de le dire vraiment? J’ai été louveteau de France, puis scout unitaire de France et chef, puis conseiller religieux chez les scouts et guides d’Europe et même conseiller religieux de district pendant 9 ans. Ce que j’ai appris du scoutisme? La responsabilité. Dans le système de la patrouille, chacun a une responsabilité et l’implication de chacun est nécessaire pour que ça marche. J’y ai appris surtout à reconnaître le Christ marcher à mes côtés et ne serais surement pas prêtre s’il n’y avait pas eu ces belles veillées finissant dans le crépitement des flammes et le silence du camp… merci le scoutisme! L’émission avait l’air de dire comme un leitmotiv que le scoutisme était nostalgique du monde d’hier. Je préfère penser qu’il annonce celui de demain. Mes deux phrases préférées : “Le scout met son honneur à mériter confiance” et “Je veux t’aimer sans cesse de plus en plus… Seigneur Jésus”

  3. Marie Coulon

    Nos trois enfants ont été scouts. Je précise que si j’ai la foi, ce n’est pas le cas de leur père, qui a pourtant compris leur engagement scout et a révisé ses a priori en quelques heures, lorsqu’il a vu ce que ses enfants vivaient…
    Le sens de la responsabilité, les camps et leur préparation, les projets multiples, je ne les ai cependant compris que lorsqu’on est venu me demander d’être chef de groupe. Ce que j’ai accepté, inconsciente de la somme de travail..Marseille et la prévention des feux de forêt, les jubilés inoubliables, le service à Lourdes où ils sont allés à vélo depuis Paris, la fierté du petit qui découvre qu’il sait se débrouiller sans ses parents…
    Il y a 15 jours, à la messe, ma fille, qui a pourtant le scoutisme derrière elle, a entonné avec joie et émotion le chant de la promesse scoute. Etonnée de cette ferveur qu’elle ne montre pas souvent (je connaissais pourtant fort bien les paroles de ce chant), j’ai réalisé qu’elle avait vraiment fait cette promesse pour la vie.

    Marie.

  4. Déclaration du scoutisme protestant : Quand six protestants se mettent d’accord - Cahiers libres

    […] Tout récemment, parce que nous nous sentions prêts, parce que nous sentions aussi qu’il y avait un besoin d’expliquer à d’autres ce que nous étions, nous avons écrit une déclaration ensemble. Signée publiquement vendredi dernier, elle est là pour exprimer que même des protestants sont parfois d’accord entre eux. Contrairement à la plupart des déclarations, ce n’est pas un texte en réaction, écrit dans l’urgence par un groupe se trouvant un minimum commun pour pointer ce qu’elle ne veut pas. C’est un texte qui prend le temps de se construire, pour être une porte vers encore plus. On a vu la semaine dernière les 5 mouvements officiels du Scoutisme Français s’unir dans un communiqué pour mettre en garde contre une proposition de loi sur la neutralité imposée aux structures privées, on a là une proposition de ce qu’elles peuvent proposer pour la société, la laïcité et la jeunesse. C’est un peu ça du coup pour nous, être scout en 2015. […]

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