Dans le monde sans en être

Il ne suffit pas, Fernando Pessoa.

pessoa il ne suffit pas

Alberto Caeiro (Fernando Pessoa),
Poèmes dessassemblés
in Le Gardeur de troupeaux et autres poèmes,
Poésie/Gallimard, nrf.

3 réponses à “Il ne suffit pas, Fernando Pessoa.”

  1. paname

    “Il faut également n’avoir aucune philo…Avec la philosophie, il n’y a pas d’arbres, il n’y a que des idées”.
    Je ne peux laisser passer une telle énormité, du même gabarit que la formule dédaigneuse “le dieu des philosophes”.
    Ce que dit votre auteur est vrai de Descartes, de Galilée –“il faut mesurer ce qui est mesurable, et rendre mesurable ce qui ne l’est pas” (sic)– et des philosophes qui les ont suivis (chronologiquement et logiquement tout court).
    Mais c’est absolument faux d’Aristote qui a su déceler (en chimie, on dirait “isoler”) dans les êtres leurs composants, lesquels ne sont pas des “idées”, ni des molécules, mais des principes-causes de réalité, ce qui est tout à fait différent.
    Méditez Aristote, et vous vous émerveillerez encore d’avantage à la vue d’une modeste fleur de pissenlit.

  2. Benoît

    La poésie de Pessoa (sous l’hétéronyme Alberto Caeiro) porte surement en elle une philosophie, mais il s’agit bien d’abord de poésie.

    À travers chacun de ses hétéronymes (ici Alberto Caeiro) le poète Pessoa a poussé jusqu’au bout une intuition. Celle confiée à Caeiro dans les recueils O guardador de rebanhos et O Pastor amoroso est le désir d’un sensation pure, immédiate, d’une expérience de la vie en sa fraicheur naissante, sans les détours qu’impose la raison. Ainsi au travers ces poèmes il cherche a dire le premier mot, le mot d’avant les mots, la sensation encore toute pure, ce que Husserl appelait “le monde encore muet de l’expérience”.

    Pessoa ne propose pas un traité de philosophie où cette quête de l’immédiat devrait être questionnée, confrontée aux exigences de la raison, … Il nous offre l’effort fervent à se détacher de ses idées d’une homme en quête de réel.

    Aristote, réaliste s’il en est, et Caeiro ne sont donc pas si loin l’un de l’autre. 🙂

  3. paname

    Cher Benoît, poésie, très bien, et je suis d’accord pour dire que la poésie est parfois proche de la philo.
    Encore faut-il ne pas dérailler complétement.
    Brassens est génial, et parfois philosophe (existentialiste à la Kierkegaard), ce qui ne l’empêche pas de dire parfois de grosses grosses bêtises…

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