Dans le monde sans en être

Edito : Que veux-tu ?

« Le bruit ne fait pas de bien, et le bien ne fait pas de bruit. » disait Saint François de Sales. Et ce soir, dans les médias, résonnent les résultats des élections législatives partielles dans le Doubs. Si le FN n’était pas au programme, il y aurait moins de bruit. Le FN monte, on s’indigne. Le FN s’indigne de ce système ligué contre lui, et les médias s’indignent du FN et de ses électeurs, ligués contre lui. Le combat du bien contre le mal, de la république contre le fascisme, de la civilisation contre la barbarie. Beaucoup de bruit, avec un air de déjà-vu.

Que veux-tu, journaliste, quand tu parles du FN ? Informer le citoyen, au premier abord, c’est surement le cas. Mais des actualités il y en a beaucoup. Alors pourquoi celle-là ? Depuis le temps tu devrais savoir que plus on parle du FN, plus sa popularité monte ; plus on le conspue, plus il progresse dans les sondages ; plus on l’assimile à la barbarie et plus les électeurs fuient tous les autres partis pour rejoindre les rangs des électeurs qui donnent leur voix au FN. Si vraiment c’est la barbarie, et que les pins ne fonctionnent pas, pourquoi continuer à agir en sa faveur ? A croire que ça te fais plaisir de parler d’un sujet sulfureux et sensationnel, au risque de faire de l’audimat. Mais non, on fait du journalisme, pas du commerce.

Que veux-tu, acteur du monde politique quand tu réagis au FN ? Servir ton pays et lui éviter de sombrer le fascisme, au premier abord, c’est surement le cas. Mais comme pour le journaliste, tu fais le lit du FN avec la couette et l’oreiller en le vouant aux gémonies. Il est comme un ballon qui enfle à chaque souffle gaspillé à parler de lui. Alors que derrière ce ballon il y a des électeurs, avec des préoccupations. S’ils en sont venu là alors qu’avant ils votaient pour toi, c’est que quelque chose ne va pas. Et ils ne peuvent pas être foncièrement mauvais, avant ils votaient pour toi. Mais ça, c’était avant. Maintenant ils sont chez la concurrence. Alors tu te concentres sur les préoccupations des électeurs qui sont restés, parce qu’au moins avec eux tu sais comment faire, pas besoin de remettre en question les méthodes. A croire que tu fais ça par calcul politique, sans penser à un plus grand bien commun. Mais non, ce serait du calcul politicien, et ça n’est pas possible dans on défend la République™.

Que veux-tu électeur qui vote pour le FN ? Changer les choses, surement. Dégouté des autres partis, ce qui peut se comprendre, tu votes pour celui qui semble leur ressembler le moins. Mais il est là depuis si longtemps. Il fait partie du jeu. Il crie, les autres grondent. Il fait le pitre, les autres s’indignent. De loin ça peut paraitre drôle et tentant d’aller voir l’élève rebelle, mais ce n’est pas en faisant le pitre qu’on apprend à gérer un pays, déjà qu’une ville ce n’est pas évident… Les partis qui promettent beaucoup contre le système finissent par décevoir, parce que le système ne peut pas changer en un jour. S’engager pour agir à ton humble niveau, ça prend du temps, mais c’est le meilleur moyen de faire changer les choses. Mais tu n’as pas le temps, tu as mieux à faire. Après tout, les autres le font très bien pour toi non ?

Tous les ans, on demande à des centaines de jeunes « Que veux tu ? ». Et dans la discussion qui s’en suit, ce qui est mis au centre, c’est servir Dieu et son prochain. Et l’un des moyens, c’est de rendre chaque jour un service à quelqu’un. Un petit service est rendu à une petite personne dans le but de servir. Vouloir rendre un petit service, à un niveau humble, cela fait un petit résultat. Mais si chacun agit, ces petites bonnes actions s’ajoutent pour faire de grandes choses.

« Ce que tu fais au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que tu le fais ». (Mt 25,40)

Fol Bavard

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