Dans le monde sans en être

Trois mots qui me viennent

J’avoue que la semaine dernière, j’étais comme beaucoup totalement abasourdie. Quand je voyais le flot de messages passer, je me demandais comment trouver les mots… Pour vous, j’en ai quand même trouvé trois.

Tout d’abord c’est le mot FRATERNITE. Ces attentats je pense nous font réagir et nous partageons une émotion commune : le réflexe c’est la solidarité. Nous sommes frères en humanité, ceux qui sont tombés nous sont proches, ce sont des concitoyens. Et c’est ce qui s’est passé sur les réseaux sociaux avec le hashtag #JesuisCharlie. Cette mobilisation s’est poursuivie dans la rue par le rassemblement de dimanche, et là c’est déjà une première victoire, une victoire sur la peur, les Français, quels que soient leur religion, ont montré qu’ils ne céderaient pas au terrorisme mais que la fraternité était première.

Plus en profondeur, mon deuxième mot est EDUCATION. Est-ce qu’il ne serait pas temps enfin de donner une véritable éducation en culture religieuse aux enfants ? De donner de véritables et solides bases pour éviter qu’au premier imam intégriste qui passe les jeunes perdus ne tombent dans leurs bras (enfin, leurs griffes) ? Je ne pense pas normal que l’histoire du Christianisme fasse l’objet d’environ10h de séances sur l’ensemble d’uns scolarité, et que l’Islam et le judaïsme en fassent 4 chacun. 4h c’est le nombre d’heures de français hebdomadaire pour un élève de 6e. Voyez un peu le problème. C’est comme si on vous apprenait les tables de multiplication en primaire mais qu’on ne fasse plus rien après, pas une seule équation. Donc autant dire qu’en sortant de l’école vous ne savez pas grand chose sur les religions, en commençant par celle qui a construit le pays que vous habitez.

Mon dernier mot, c’est SPIRITUALITE. Je crois qu’il faut en finir avec la laïcité fondamentaliste. Car il y a des extrémistes de la laïcité, je pense notamment à ceux qui ont demandé que l’on enlève les crèches. La laïcité, c’est aussi la liberté religieuse, celle de pouvoir parler librement de Dieu, de religion, de spiritualité. Or aujourd’hui c’est LE sujet tabou. Quand Dieu reviendra-t-il dans la sphère publique ? Quand pourra-t-on en parler ? Pas pour imposer une quelconque religion, pas pour faire du prosélytisme, simplement au nom de la LIBERTE que défendait tant les dessinateurs de Charlie Hebdo. Il est grand temps que la religion et de la spiritualité s’invitent dans les médias, que les journalistes, les présentateurs, les invités puissent dire leur foi, sans honte, que des émissions nous parlent de l’histoire des grandes religions, qu’il y ait du divertissement, des télé-réalités autour de ce sujet. Aux Etats-Unis, en Italie, on parle de Dieu sans aucun problème. Récemment Roberto Benigni a fait un spectacle télévisé sur le thème des 10 commandements. Ce fut un succès d’audimat incroyable avec 9 millions de téléspectateurs.

Alors certains diront oui mais Dieu ça ne nous intéresse pas. Eh alors ? Comptons sur la sagacité des directeurs des programmes pour nous offrir des choses variées. Moi je n’aime pas le foot et pourtant je suis obligée de le subir à la radio. Je ne crois pas à l’horoscope et j’en ai un tous les jours dans mon journal.

Alors voilà : fraternité, éducation, spiritualité, les trois mots qui me viennent en espérant qu’ils reviennent.

 Sylvie Carnoy

2 réponses à “Trois mots qui me viennent”

  1. pepscafe

    Bonjour !
    Merci pour cet article, qui a le mérite de rappeler que la valeur fondamentale n’est pas, d’abord, la (sacro-sainte)liberté(même si elle est précieuse), mais la fraternité. L’image du corps, en 1 Corinthiens 12(v12-27), me parle souvent.
    D’autre part, d’accord avec vous pour l’horoscope ! Votre remarque me rappelle un vieil article(2010) du journaliste Henrik Lindell, lequel dénonçait une forme d’éthique à géométrie variable d’un certain “gratuit” qui avait refusé une publicité du diocèse de Lyon. Or, ledit “gratuit” “accepte et promeut[dans ses colonnes] les jeux d’argent, une vision commerciale de la sexualité et l’ésotérisme le plus bas de gamme. Alors que « la religion », Jésus et Marie par exemple, ce n’est pas éthique…”
    (http://temoignagechretien.fr/articles/pub-et-religion-la-lecon-dethique-de-20-minutes )

    Sinon, puisque vous parlez d’éducation, un petit livre , émanant du CNEF(Conseil National des Evangéliques de France)a été récemment édité : “Libre de le dire à l’école : parent et enfants. Ecole maternelle et primaire, collège, lycée”. BLF éditions, 2014(collection « libre de le dire »), 64 pages. Il nous invite à réfléchir sur la liberté de conscience et à son libre exercice(comme à son bon usage), particulièrement dans un contexte qui lui semble peu évident et bien peu favorable, de prime abord. L’enjeu restant le « bien vivre ensemble ». Il rappelle qu’ « en France, l’école publique est laïque et accueille ainsi des élèves et des parents de convictions très diverses, en toute neutralité. Toutefois, si l’école est laïque, ses usagers [et non « clients »] ne le sont pas. Leurs convictions, de toutes natures, ne restent pas à la maison », et ils sont « libres de les dire à l’école ». Mais comment alors exercer la liberté de conscience et d’expression ?
    J’en ai parlé ici : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/11/19/le-savais-tu-tu-es-libre-de-le-dire-a-lecole/

    En Christ, et encore merci pour votre article,
    Pep’s

  2. Sylvie - LSD

    Merci pour votre commentaire, que je découvre un peu tard excusez-moi. J’irai voir les références que vous citez. Un vrai débat mériterait d’être posé sur la laïcité.

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