Dans le monde sans en être

Transhumanisme #1 : de quoi parle-t-on?

“This is the end of mankind as we know it” (“C’est la fin de l’humanité telle que nous la connaissons”) prédit le personnage incarné par Morgan Freeman dans le film Transcendance. Formule choc, sans doute exagérée mais pas nécessairement fausse. Car depuis une trentaine d’années une nébuleuse de penseurs, de scientifiques et de spécialistes des nouvelles technologies travaillent à une révolution de l’être humain : le “transhumanisme”.

Le terme est explicite : il s’agit d’aller au-delà de l’humain ou plus précisément de passer à une autre forme de l’humain. Le transhumanisme désignerait donc un état transitoire de l’humain. Il s’agirait ensuite de gagner le rivage du monde posthumain. Là, notre définition de l’homme aurait nécessairement évoluée. Là, un homme “naturel” ne se rencontrerait plus.

Vaincre la mort

L’humanité n’aurait pas seulement été réparée par la médecine, comme depuis toujours, elle serait “augmentée” ! Les prothèses de jambe en carbone auraient remplacé nos bonnes vieilles guibolles en chair et en os. Des puces implantées dans le cerveau augmenteraient l’intelligence et la mémoire de l’homme. Des nanoparticules surveilleraient en permanence notre santé. Nos gènes auraient été sélectionnés à la naissance, ou du moins réparés. Peut-être même que notre corps organique aurait disparu pour être remplacé par un élément en silicium et notre cerveau téléchargé sur une puce et mis en ligne sur internet. Ce jour-là, l’homme aurait franchi la limite qui l’humilie depuis qu’il existe : la mort.

Un rêve américain ? Une utopie d’ingénieurs ? Pas si sûr que ça. Déjà, des puces sont implantées pour lutter contre la maladie (Alzeihmer, dépression). Déjà un homme peut diriger une main par la pensée. Déjà les jambes de M. Pistorius ont fait le tour du monde. Déjà un cœur artificiel bat dans une poitrine humaine. Déjà des robots veillent sur les personnes âgées, les aident ensuite à mourir, accompagnent des astronautes ou siègent dans des comités de direction d’entreprises. Déjà un logiciel écrit un blog tandis qu’un autre confectionne des tableaux exposés en galerie. Déjà Google propose des lentilles de contact capables de mesurer le taux de glycémie des diabétiques. Déjà la même entreprise a lancé Calico, une société de biotech qui veut “s’attaquer au vieillissement” etc. De près ou de loin, toutes ces expériences sont menées ou financées par des hommes qui se reconnaissent de la nébuleuse du transhumanisme. Il ne s’agit pas de quelques pauvres illuminés désocialisés mais des meilleurs ingénieurs de la Silicon Valley et de chefs d’entreprises puissantes (Amazon, Google, Facebook) qui comptent des soutiens non moins prestigieux (NASA, université d’Oxford, de Berkeley…).

Alors si ces hommes veulent bouleverser notre humanité, pourquoi ne pas prendre quelques minutes pour comprendre les enjeux du transhumanisme ? C’est ce que nous vous proposons au travers d’une nouvelle série consacrée à ce sujet devenu incontournable. A suivre sur les Cahiers libres !

Peter & Nate

4 réponses à “Transhumanisme #1 : de quoi parle-t-on?”

  1. pepscafe

    Bonsoir !

    Merci pour cette initiative, et pour cette invitation-très pertinente-à chercher à comprendre. Pour plus de vigilance. D’autant plus que, outre les exemples que vous citez, on peut lire une “apologie d’enfer” du transhumanisme dans un Dan Brown sorti en 2013 : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/08/19/lhomme-meilleur-un-projet-transhumaniste-denfer-a-decrypter-dans-le-dernier-dan-brown/
    Je suivrai la série avec le plus grand intérêt.

    Bien à vous, et en Christ,

    Pep’s

  2. Joseph Gynt

    Merci à vous pour ces liens très intéressants ! Vaste débat. Toutes les contributions sont bienvenues!

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