Dans le monde sans en être

Suivre l’Etoile

Lors de la nuit de Noël, nous avons médité et contemplé le mystère de la Nativité du Sauveur.  Les premiers témoins de cette joie humble mais pour le moins bien réelle sont les pauvres, des marginaux, les brebis perdues de la maison d’Israël, des bergers à qui Dieu envoie son ange afin que Sa gloire soit enfin aussi celle des pauvres et  des petits …  A l’Epiphanie,  Dieu se manifeste aux nations, c’est à dire, à tous les hommes et les femmes de bonne volonté, pour qui, désormais, le salut est possible.

Pour les juifs comme pour les païens, l’enfant de la crèche est une bien étrange manifestation de Dieu. En effet, il est difficile de comprendre que le Dieu trois fois Saint, le Seigneur des armées ait voulu se révéler en se faisant l’un de nous, un enfant, un nouveau-né couché dans une mangeoire.

Jésus, le Verbe éternel du Père, en qui tout est créé, est là, dans une mangeoire, gisant, silencieux, prêt au don total de Lui-même, afin que nous puissions de nouveau être en communion avec le Père. A la crèche, « l’Adam pécheur » que nous sommes peut de nouveau s’approcher sans peur de Dieu. Etrange Mystère de la Nativité intimement lié à celui du Golgotha.

“Où est le roi des juifs qui vient de naître ?”

Pour l’heure laissons-nous émerveiller par lumière de l’étoile qui pousse des mages à se rendre en Palestine. Les mages ne sont pas des illuminés, des sorciers ou des astrologues…, mais des intellectuels, ils sont philosophes, mathématiciens, astronomes etc. Ils cherchent le sens, le pourquoi de la vie et des événements. Ils ont vu « une étoile se lever », ils en ont déduit qu’elle annonçait une naissance, un avènement.

Mus par l’étoile et par la soif de comprendre, comme Abraham leur lointain ancêtre, ils quittent leur pays et se rendent à Jérusalem pour trouver une réponse à leur question : « Où est le roi des juifs qui vient de naître ? »

Pourquoi vont-ils à Jérusalem ? Précisément pour trouver une réponse que ni les astres ni leur science ne peuvent donner. En effet, cette réponse se trouve dans la Bible. C’est pourquoi les païens doivent se laisser enseigner par la Bible, car le « salut vient des juifs ».

Voilà pourquoi, les mages firent halte à Jérusalem, la ville de la Bible. Le prophète Isaïe n’avait-il pas annoncé : « Les nations viendront à ta clarté naissante »? L’étoile et l’Enfant ne sont-ils pas cette clarté naissante, cette lumière qui brille dans les ténèbres selon le mot de saint Jean ?

« Où est le roi des juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » Ces hommes qui ont pourtant vu bien des gloires en Orient, viennent de trouver la vérité et l’ayant trouvée, ils veulent y adhérer de tout leur être. Ils acceptent humblement de recevoir une réponse, fût-elle celle d’Hérode et de ses conseillers : « à Bethléem en Judée… »

L’or, l’encens et  la myrrhe

« Voilà que l’étoile qu’ils avaient vue se lever les précédait ; elle vint s’arrêter au dessus du lieu où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils éprouvèrent une grande joie. » La lumière et la vérité se confondent et donnent la joie et la paix  aux cœurs et aux intelligences qui acceptent humblement de se laisser enseigner et toucher par Dieu.

« Entrant dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère… » autrement dit : « Ils virent et ils crurent. » Ils reconnaissent en l’Enfant  Dieu fait homme pour notre salut. Ils lui offrent l’or symbole de sa royauté sociale et spirituelle, l’encens symbole de sa divinité et la myrrhe symbole de son humanité et du don de sa vie livrée pour notre salut.

« Tombant à genoux ils se prosternèrent. » Nous avons ici la plus belle et la plus haute réponse que l’homme puisse donner à Dieu qui se révèle. Cette réponse adéquate de l’homme à Dieu est l’adoration où  l’homme  craint et aime Dieu en vérité. Cet acte engage tout notre être : âme, intelligence, cœur, sensibilité et corps.

Un chemin de liberté

« Ils regagnèrent leur pays par un autre chemin. » En cela ils obéissent à Dieu mais avec les Pères de l’Eglise nous pouvons voir aussi l’œuvre de la conversion.

En effet, celui qui a rencontré Jésus en vérité ne peut plus vivre comme avant.  Le croyant vit dans le monde, mais plus à la manière du monde. Tous nous sommes appelés à témoigner de cet autre chemin, c’est à dire de Jésus : Chemin, Vérité et Vie.

C’est ce chemin que nous voulons suivre à la suite des mages  et à la suite de tous les croyants. Ce chemin qui est plus grand que notre honneur et notre vie sur cette terre est un chemin de liberté, de fidélité. Il est le chemin qui nous mène droit au Ciel…

Ensemble faisons nôtres les paroles de l’oraison de ce jour : « Aujourd’hui Seigneur tu as révélé ton Fils unique aux nations, grâce à l’étoile qui les guidait ; daigne nous accorder, à nous qui te connaissons déjà par la foi, d’être conduits jusqu’à la claire vision de ta splendeur. »

Que la lumière de l’étoile de Bethléem guide nos pas et nos choix tout au long de l’année nouvelle. Bonne fête de l’Epiphanie à tous.

Pod

Nb : L’attitude des mages doit être la nôtre : voir, venir, se prosterner.

Le contraste est énorme entre le silence de la crèche, de l’enfant et l’agitation qu’il provoque à Jérusalem.

Au lieu de se réjouir de l’arrivée du Messie, les autorités ont peur, peur de perdre leur pouvoir, leur confort, leurs habitudes. Nous avons parfois ce type de réaction : face à quelque chose de bon, nous sommes parfois embêtés, car cela nous dérange…

Les mages ont une droiture d’intelligence étonnante. Ils ont une vraie recherche intérieure, une vraie recherche de la vérité. Ils ont à la fois une connaissance des signes naturels et de l’histoire. Dieu guide les hommes au coeur droit. Il se révèle à eux.

Marie ne garde pas son enfant pour elle, elle nous permet de l’approcher. A son école apprenons à nous effacer devant Lui pour que d’autres puissent L’approcher.

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