Dans le monde sans en être

Le baptême du Seigneur

BaptèmeJésus

Avec la célébration de la fête liturgique du Baptême du Seigneur se clôt le Temps de Noël. Si l’Eglise a voulu lier la Nativité, l’Epiphanie et le Baptême du Seigneur, c’est pour nous faire comprendre qui Il est en vérité. En effet, ces trois épiphanies ou manifestations nous révèlent en plénitude la deuxième Personne de la Trinité, le Verbe fait chair. Par elles, nous apprenons que Jésus est le Messie d’Israël, le Roi des nations, qu’il est vrai Dieu et vrai homme et qu’Il est notre Sauveur et notre Rédempteur.

 

Pour illustrer ce propos, je souhaite vous citer un extrait de l’hymne de l’office des Vêpres de cette fête : « Jean remplit aujourd’hui sa charge : par lui, plongé dans le Jourdain, le Créateur de toutes choses lave les eaux en s’y lavant. Celui qui est né de la Vierge Marie ne vient pas être purifié, mais enlever par son baptême les péchés des humains ; tandis que le Père proclame : ‘voici mon Fils, mon bien aimé’, que l’Esprit Saint descend du ciel, sous la forme d’une colombe…»[1]

 

Il y a quelques semaines de cela, durant l’Avent, nous avons évoqué le baptême donné par Jean–Baptiste au désert. A la plénitude des temps, Dieu inspira le Baptiste afin qu’il appelle les hommes à la conversion en vue du salut.

 

Cette conversion, bien qu’imparfaite, est en vue d’accueillir une grâce plus grande encore. C’est pourquoi Jean-Baptiste annonce : « Moi je vous baptise avec de l’eau, pour vous amener à la conversion, mais celui qui vient derrière moi (…) lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.» La grâce à venir n’est plus une aide extérieure comme la loi, mais une transformation intérieure. C’est là la vraie circoncision du cœur et la réalisation de la promesse :

« Je changerai vos cœurs de pierre en cœurs de chair. »

 

La fête du Baptême du Seigneur est annonciatrice de la réalisation de cette promesse de Dieu pour nous. Les mystères de Dieu étant insondables, nous pouvons comprendre la surprise et l’incompréhension de Jean-Baptiste rapportée dans l’Evangile selon saint Matthieu. En effet, lorsque le Baptiste voit venir à lui « celui qui est plus fort que moi… » et dont il se sait  indigne « de défaire la courroie de ses sandales… » il ne peut s’empêcher de dire : « C’est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c’est toi qui viens à moi ! »

 

Toujours chez saint Matthieu, Jésus ne nie pas la véracité des propos de Jean, mais pour expliquer son geste il dit : « Pour le moment, laisse-moi faire ; c’est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste. Alors Jean le laisse faire. »

 

« Accomplir parfaitement ce qui est juste »

…signifie faire la volonté du Père et la volonté du Père, c’est que : « tout homme qui voit le fils et croit en lui obtienne la vie éternelle. »[2] Or, le moyen ordinaire que Jésus nous a donné pour obtenir la vie éternelle c’est le baptême. Avec le baptême nous sommes « immergés dans cette source d’eau nouvelle qu’est l’amour de Jésus, un courant de salut. »[3] C’est pourquoi, afin de nous montrer l’exemple, Jésus se fit baptiser.

 

Bossuet s’inspirant de l’Epître aux Hébreux[4] dira à propos du baptême du Seigneur que Jésus se fit baptiser : « pour porter la ressemblance du péché qu’il venait expier (…) Pour établir et consacrer le baptême. » [5]

 

Jésus ayant accompli « parfaitement ce qui est juste », Jean-Baptiste peut voir les cieux se « déchirer », « l’Esprit descendre sur lui (Jésus) comme une colombe et entendre « une voix venant des cieux » disant à Jésus: «  Tu es mon Fils bien aimé ; en toi je trouve toute ma joie » Dieu révèle ici le secret de son cœur, ce secret c’est son Fils « bien aimé ». Il se manifeste en plénitude et révèle qu’il est Trinité.

 

C’est au moment précis où Jésus sortait de l’eau, où il montait du fleuve, comme le dit le verbe grec, que l’ Esprit descendit et qu’une voix dit : « Tu es mon Fils bien aimé ». Qu’est-ce que cela signifie pour nous ? Au jour de notre baptême, Dieu fend les cieux pour nous recréer. Alors que nous étions des créatures connues de Lui, Il a fait de nous ses fils dans son Fils unique. Depuis le jour de notre baptême il nous regarde comme ses fils et Il dit à chacun de nous : « Tu es mon fils bien aimé ». Sommes-nous vraiment convaincu de l’amour de Dieu pour nous ? Acceptons- nous que le regard qu’Il pose sur nous soit le plus vrai et le plus juste ? Croyons-nous que ce regard d’amour nous fait devenir d’autres Christ, en qui le Père trouve sa joie et les hommes des frères ? Et vivons-nous sous ce regard d’amour, de bénédiction qui nous fait nous convertir ?

 

Le temps de Noël se clôt précisément par cette manifestation totale de Dieu : Père, Fils et Saint Esprit, afin que nous entrions dans le temps de l’Eglise, temps ordinaire, temps de l’espérance en vivant en fils de Dieu, en suivant l’exemple de Jésus notre chef et notre frère. Comment ? En priant pour laisser Dieu agir en nous, en aimant, en pardonnant, en oeuvrant pour le bien de la cité et en reconnaissant dans les pauvres, les malades, les tout-petits, le vrai visage de Dieu qui vient à notre rencontre.

 

Laissons nous apostropher par la question du Pape François : « Combien d’entre vous se souviennent-ils de la date de leur propre baptême ? (…) date à laquelle notre mère l’Eglise nous a mis au monde et nous a engendrés dans la foi. »[6] Suivons son conseil : « Lorsque vous rentrerez chez vous, renseignez-vous pour trouver la date de votre baptême, pour la fêter, pour remercier le Seigneur de ce don »[7].

 

Bonne fête du baptême du Seigneur à tous.

 

Pod.

 

Nb : En ces temps où la violence se déchaine dans notre pays, demandons la grâce de vivre en chrétiens pour rester humain et ne céder ni à la haine ni au désespoir. Soyons d’autres Christ pour nos frères pour que brille sa lumière sur le monde.  

 

[1] Hymne latine : Implente munus debitum…

[2] Jn 6, 40.

[3] Pape François, audiences générales du 8 janvier 2014.

[4] He 2, 17.

[5] Catéchisme des Fêtes, Leçon V. Pour faire le dimanche d’après l’Epiphanie, sur le baptême de Jésus-Christ, etc. N° 155.

[6] Pape François, Audience générale, 11 septembre 2013 et 8 janvier 2014.

[7] Idem.

 

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