Dans le monde sans en être

Aujourd’hui j’ai appelé le Planning familial

Juno

Aujourd’hui, j’ai appelé le numéro vert du Planning Familial. Je suis enceinte de deux mois, une « grossesse non désirée », comme on dit. Que me propose-t-on ?

La réponse ne se fait pas attendre : tout d’abord, j’ai le choix. Le choix entre deux méthodes d’IVG, médicamenteuse, ou par aspiration. La seconde est « identique à la pose d’un  stérilet : sauf qu’au lieu de poser, on aspire ». Me voilà rassurée. Je demande s’il est possible de discuter avec des femmes qui ont vécu la même situation que moi. Bien sûr ! La dame me donne le numéro d’un autre Planning dans lequel des femmes qui vont avorter se réunissent afin d’en discuter, « et d’avorter ensemble ». Comme c’est convivial ! Remarquons dès l’abord qu’il s’agit de femmes qui vont avorter, et non de femmes qui en ont déjà fait l’expérience.

Je demande timidement : est-il possible d’avoir des témoignages de femmes qui ont choisi de garder leur enfant ? La réponse tombe immédiatement : non, il n’y en a pas. Pourquoi ? Parce que ces femmes-là ne ressentent pas le besoin de témoigner. Ah bon.

Au bout d’un moment, intriguée, la dame me demande : « Mais qu’est-ce qui vous gêne dans le fait d’avorter, puisqu’il n’y a pour vous aucun problème, ni légal ni médical, et que vous ne désirez pas cet enfant ? » Je mentionne timidement le fait que, quand même, c’est un futur bébé, ou au moins un petit être vivant. Vive réaction de l’autre côté : « Non, il faut vous sortir ça de la tête. (Tiens, ma liberté vient d’en prendre un coup). Nous au Planning, on pense que c’est pas un enfant tant qu’on ne désire pas poursuivre la grossesse. A partir du moment où on désire un enfant, alors ça devient un enfant. C’est pour ça  que nous parlons de cellule-œuf, et pas de fœtus, et encore moins de bébé. » Même embryon, c’est trop, apparemment.

J’insiste : et si je voulais garder l’enfant, y-a-t-il des endroits où je pourrais être accompagnée ? Silence gêné en face : « Attendez, je vais chercher un prospectus, pour voir ce qu’ils disent… Euh… » J’entends des bruits de papiers remués, et des grattements de gorge. Je dois bien constater que ce n’est pas très pro, pour une femme payée par le gouvernement pour répondre à ce genre de questions. Elle finit par se souvenir qu’il est possible en France d’accoucher sous X, et me donne l’adresse du site internet du CNAOP, « Conseil National pour l’Accès aux Origines Personnelles », c’est-à-dire l’organisme qui permet aux enfants nés sous X de rechercher leurs géniteurs s’ils le désirent. Merci pour l’info.

Ce moment d’hésitation passé, on revient aux choses sérieuses : l’avortement par aspiration. Est-ce que ça fait mal, demandè-je ? « Oui, un peu comme les règles. Mais les femmes qui témoignent parlent surtout d’un sentiment de soulagement. Et puis, sachez que ça ne vous empêchera pas d’avoir des enfants plus tard ! ». Et d’ajouter : « Oui, car on accueille aussi des femmes qui veulent des enfants, mais qui n’y arrivent pas tout de suite. Vous savez, tout ça, c’est aussi dans la tête. C’est amusant, quand on y pense. Quand on n’en veut pas, ça marche, puis quand on en veut, ça ne marche plus ! » Mais ce n’est qu’un « pur hasard, qui n’a rien à voir avec l’IVG ! »

D’ailleurs, il faut faire attention aux anti-IVG, qui se servent de ce type d’arguments pour vous faire peur. « Je dis ça pour vous mettre en garde, comme vous avez l’air de chercher des témoignages. Il ne faut aller que sur les sites du gouvernement et du Planning Familial. » (Sites qui, rappelons-le, ne proposent aucun témoignage de femmes ayant décidé de garder leur bébé, ni aucune information sur les démarches à faire pour cela.)

Désireuse de poursuivre sur cette ligne, le ton se fait plus pressant : « Attention néanmoins à ne pas perdre trop de temps, puisque vous êtes déjà à deux mois ! ». Je rebondis aussitôt : « Que se passerait-il si je dépassais la date-limite ? » – « Nous, au Planning Familial, on pense que ça serait mieux de supprimer cette loi qui fixe une date-limite. C’est pourquoi on est prêts à accompagner les femmes jusqu’à l’étranger s’il le faut. Mais bon, là, je parle en militante. » En militante. La voilà l’information neutre et bienveillante subventionnée par le gouvernement.

Je m’apprête à raccrocher sur ces bonnes paroles, quand la gentille dame insiste une troisième fois pour me donner le numéro du centre d’IVG le plus proche. Je l’accepte, et la dame de conclure : « Je sais que c’est un choix difficile qui vous attend. Mais vous savez, dans la vie, tous les grands moments sont affaire de choix difficiles : choisir ses études, choisir son compagnon, acheter un appartement… Bon courage pour ce choix-là ! »

J’ai 23 ans, je suis en couple depuis deux ans. Je suis agrégée de philosophie. Et je suis enceinte. Toutes ces informations sont parfaitement exactes. (A ceci près que je suis enceinte de 5 mois et non de 2. Je l’avoue, j’ai menti, pour les besoins de la cause.) Voilà les informations que j’étais prête à fournir à mon interlocutrice, pour voir en toute bonne foi ce qu’elle conseillerait à une personne dans ma situation qui hésiterait à garder son bébé. Je les lui aurais communiquées de bonne grâce, si seulement elle me les avait demandées. Mais voilà, toute occupée qu’elle était à me répéter que l’IVG était un choix personnel et qui dépendait de mon histoire, elle n’y a pas pensé. Qu’est-ce que cela veut dire ? Que quelle que soit la situation de la personne qui appelle, la réponse sera la même : une prolifération de détails sur l’IVG et un silence atterrant sur toutes les autres alternatives. J’aurais pu être une gamine de 16 ans violée par son beau-père, ou une cadre supérieure en couple depuis dix ans, cela n’aurait rien changé. Voilà pour l’argument de la détresse.

Venons-en maintenant à l’argument du choix. Outre le fait qu’on peut difficilement aider quelqu’un à faire un choix personnel si on ignore jusqu’à son âge, on peut au moins présumer qu’un choix rationnel présuppose une connaissance éclairée des différentes alternatives qui s’ouvrent à nous. Or ici, si l’IVG est présentée sous son meilleur jour, avec forces détails très rassurants, on ne peut que déplorer l’absence affligeante d’information sur toutes les autres possibilités qui s’offrent à une jeune femme enceinte. La même disproportion est évidente si l’on consulte le site ivg.gouv.fr, où l’on trouvera toutes les informations juridiques et techniques sur ce « droit fondamental de toutes les femmes », mais absolument aucun témoignage personnel, et rien, absolument rien, sur les aides proposées aux femmes qui choisissent de garder leur bébé, sur les associations (comme les foyers Marthe et Marie, par exemple : http://www.martheetmarie.fr/) qui peuvent les soutenir, ni même sur l’adoption et l’accouchement sous X.

C’est ce que j’appellerais une mystification par omission. Une rétention d’information. Une manipulation idéologique. Qu’on ne s’étonne pas ensuite si les sites « anti-IVG » prolifèrent.

Dimanche, je participerai à la Marche pour la Vie, pour demander le droit des femmes à disposer de leur corps. Pour qu’on ne leur confisque pas leur choix. Pour qu’on les informe vraiment sur l’avortement et ses alternatives.

Mais surtout, en tant que femme enceinte, j’irai manifester pour qu’on me rende mon propre corps et celui de mon enfant. Mon enfant, qui n’est pas une cellule-œuf. Mon corps, qui n’est pas une enveloppe manipulable, que l’on peut remplir et vider à loisir. Parce que le prix à payer pour que le Planning Familial puisse diffuser son ignorance, ce sont les femmes enceintes qui le payent. Comment ?

Réfléchissez bien. A l’hôpital, comme me l’a bien dit la gentille dame du Planning Familial, les accouchements et les consultations anténatales se pratiquent au même endroit que les avortements, et par les mêmes personnes. Mon gynécologue ausculte le cœur de mon bébé avec le même instrument qui lui a servi à ausculter le cœur d’un « tas de cellule » cinq minutes auparavant. Quand il regarde mon ventre, il n’y voit pas un lieu de vie. Il y voit le même organe que celui qu’il a dû cureter l’heure précédente. Quand je suis allée voir mon médecin pour la première fois, la première chose qu’il m’a demandée, c’est si ma grossesse était désirée. Le prix à payer pour que l’avortement soit un acte médical comme un autre, c’est que la grossesse soit une maladie comme une autre. Le prix à payer pour libérer le corps de la femme qui avorte, c’est d’aliéner celui de la femme qui accouche. Pour que vos corps puissent être manipulés sans conséquence, le mien devient lui aussi un réceptacle contingent d’un parasite appelé ou non à se développer. Allez consulter les forums de femmes enceintes, vous verrez comment elles vivent le regard et les gestes que posent sur elles des gynécologues-techniciens, qui les branchent et les entaillent, qui les tâtent et les pèsent, comme si elles-mêmes n’étaient plus, tiens donc ! qu’un vulgaire tas de cellule. Je le supporterais aisément, si cela n’affectait pas également le corps de mon enfant, qui n’est pas considéré comme tel par les gynécologues.

Quand même, à cinq mois ! me rétorquerez-vous. C’est oublier qu’il n’y a pas de date-limite pour avorter un bébé trisomique. Et que de toute façon, nous au Planning Familial, on voudrait bien la supprimer, cette date limite. Et puis quand bien même, tenez, en Suisse, elle n’existe même pas !

Dimanche, je manifesterai contre le déni et l’ignorance qui entourent cette difficile question. Je manifesterai que la vie qui grandit en moi est plus que le développement d’une tumeur. J’irai marcher avec mon corps de femme enceinte, ce corps dont, que vous le vouliez ou non, je ne dispose plus, parce que je le partage.

Marianne Durano

47 réponses à “Aujourd’hui j’ai appelé le Planning familial”

  1. Caro

    Si vous appelez en disant d’emblée que vous ne désirez pas cette grossesse, oui, évidemment, elles vont vous orienter vers un avortement, c’est logique. Si vous aviez dit que vous hésitiez entre mener la grossesse à son terme et avorter, elles vous aurez parlé des différentes options à votre disposition et de ce qu’elles vous permettent de faire. PERMETTENT, pas OBLIGENT.

    En outre, déformer ces propos en transformant un “le fait de tomber enceinte ou pas a peut-être une cause psychologique” en “l’avortement cause des difficultés pour avoir des enfants par la suite” est non seulement malhonnête mais en plus une aberration médicale.

    Si vous cherchiez des témoignages de personnes ayant mené leur grossesse à terme, vous n’avez qu’à regarder autour de vous, je suis certaine qu’il y en a non ? C’est peut-être aussi pour cela que l’on en parle pas au Planning familial, parce que des femmes qui savent ce que c’est qu’une grossesse et qui peuvent vous accompagner là-dedans, on en connaît déjà presque toutes au moins une : notre mère, et sinon ça s’appelle une sage-femme ou un.e gynécologue.
    Si vous vouliez des témoignages de femmes ayant avorté, il y en a plein sur internet, notamment sur le site Madmoizelle, mais attention, vous risquez de ne pas trouver les victimes larmoyantes et repentantes du Planning familial que vous cherchez visiblement.

    Il n’est pas possible, au Planning familial, de vous demander trop de renseignements par téléphone, surtout quand on appelle pour un avortement : il y a des raisons de confidentialité à cela. C’est certainement pour cela qu’elle ne vous a pas demandé votre âge. En outre, vous le dites vous-même, elle vous a proposé d’abord d’assister à un groupe de discussion, de soutien, qui a pour but d’aider à réfléchir et affirmer votre choix, quel qu’il soit. Vous semblez dire qu’elle vous proposait l’avortement comme ça, là, dans deux minutes, vous passez au Planning familial, et hop, c’est fait ; non, ce n’est pas aussi simple, et si elle vous a dit de vous dépêcher, c’est pour vous rappeler les délais légaux d’avortement en France.

    Je doute que vous écoutiez/acceptiez ceci mais je le dis toujours, on ne sait jamais : vous avez le droit de refuser d’avorter, pour des raisons morales, religieuses, personnelles… Vos valeurs sont respectables et aucune féministe ne vous dira le contraire. En revanche, ce que je refuse, c’est que vous imposiez vos valeurs aux autres. Vous avez le choix de ne pas avorter, de ne pas vous adresser au Planning familial, de demander conseil à un prêtre ou n’importe qui, ça vous regarde. L’avantage du Planning, c’est qu’il aide, guide les personnes qui font le choix inverse du vôtre et qui sont tout aussi respectables que vous. Il leur permet de pratiquer de façon sécurisée ce qu’elles auraient fait de toute façon, en y laissant peut-être la vie.

  2. Willothello

    Merci pour ce texte génial. Je suis assistante sociale, pro-vie, et pourtant il m’arrive de l’oublier et de proposer l’avortement. Je vois de temps en temps des femmes, sans logement ou dans des logements précaires (hôtel, foyer, chambre de bonne…) tomber enceinte car elles n’utilisent aucune contraception, n’ont aucune connaissance de leur corps et n’ont pas pensé un instant à leur capacité à accueillir un enfant et à l’élever. Elles veulent garder leur bébé car il est à elle, que leur religion leur interdit d’avorter, ou qu’elles auront des allocations et ou des papiers grace au bébé. Et j’avoue que pour ces cas là, je pense à l’avortement. A tort pour le bébé, je le sais. Je leur parle aussi de l’adoption, mais ça, c’est pire pour les femmes qu’elles veuillent avorter ou garder leur bébé. Elles ne se demandent pas ce qui est mieux pour l’enfant, leur réaction, c’est de dire que l’abandonner et ne pas savoir ce qu’il devient ni oú il est est pire que d’avorter. Donc tuer son bébé est pire que de savoir qu’il est vivant, inaccessible mais probablement heureux, dans une famille qui l’a désiré ?

  3. Marguerite

    Ce commentaire n’est pas truqué, ce sont des réponses normales d’un centre normal de planification.
    Je suis gynécologue-obstétricien et peux vous rassurer : pour moi il n’y a que des êtres humains même très petits mais pas de tas de cellules.
    Je peux dire que je constate chaque jour que les femmes sont totalement désinformées et que, parfois en grande détresse, elles sont prises dans un engrenage qui se veut libératoire.
    Combien de fois ai-je entendu: si seulement je vous avais rencontrée avant mon IVG.
    J’irai manifester dimanche car on ne peut parler de choix que lorsqu’il y a une information correcte et objective . Je demande un entretien obligatoire, objectif (avec un protocole) pour toute femme enceinte en difficulté.

  4. Marianne Durano

    Chère Caro,

    Justement, le point est que j’ai appelé le Planning sans leur dire que je voulais avorter, en leur disant seulement que j’étais en plein désarroi, parce que je n’avais pas souhaité cette grossesse. Leur réponse immédiate a été l’IVG.

    Pour ce qui est des témoignages de femmes, je leur ai demandé explicitement où lire des témoignages de femmes qui ont décidé de garder un bébé qu’elles ne désiraient pas initialement. Evidemment que je ne ferai pas d’abord appel au PF pour rencontrer simplement une femme ayant eu un enfant.

    Enfin, pour ce qui est de la situation personnelle : comment peut-on prétendre donner des conseils si on ignore complètement qui est la personne qu’on a au bout du fil, sachant que l’appel reste quoi qu’il en soit anonyme ?

    Merci néanmoins pour votre long commentaire,
    Cordialement.

  5. Rémy D. WIEDEMANN

    Bravo pour ce magnifique article, témoignage extrêmement parlant. La réalité du Planning, c’est le meurtre de masse. Il a tué dans le monde plus que la Seconde guerre mondiale. On n’y pense pas assez.
    Subventionné, il est en fait un outil de destruction des nations dont bcp ne sont pas conscients. Margret Sanger, sa fondatrice, était d’ailleurs une militante proche des nazis historiques. Elle considérait qu’il fallait prioritairement favoriser l’avortement des Noirs… Tout une philosophie qui s’est étendue à l’ensemble de la population. C’est le fer de lance de l’eugénisme.

  6. Jacques

    Bonjour,

    Merci pour votre démarche.

    Quand elle a dit qu’elle était militante, vous auriez pu lui demander si elle-même avait avorté et avoir son témoignage…

    Et pour compléter l’article, un lien vers le site de mademoiselle où elle appelle des anti-ivg (comme elle dit) permettrait de voir la différence de ton.

    Un heureux papa de 5 enfants.

  7. Manuel Atréide

    @ l’auteure

    Je l’avoue, j’ai menti, pour les besoins de la cause.” Je lis donc le papier d’une militante qui s’est confrontée à une autre militante – si j’en crois vos propos. Madame, votre avis est respectable mais comment arriver à convaincre votre lecteur de la justesse de vos positions ?

    De deux choses l’une: ou vous avez véritablement envie d’informer un lectorat sur les éventuelles carences et failles dans le dispositif du Planning Familial et là, par cette simple phrase, vous détruisez vous même votre crédibilité, ou vous écrivez un papier de plus pour vous rassurer entre pro-vie avant la marche de demain et dans ce cas cet article n’a aucune espèce d’intérêt et de crédibilité.

    Le sujet de l’avortement est prisonnier depuis 40 ans de la gueguerre que se livrent de part et d’autres des militants de leur cause. Les 200000 avortement qui sont réalisés chaque année en France, un chiffre remarquable par sa constance – ne sont pas débattus un seul instant pour ce qu’ils sont. Pourquoi ? Parce que la seule chose qu’on entend c’est d’un coté “c’est bien c’est la liberté” et de l’autre “c’est mal c’est un meurtre de masse“. Le problème, c’est que l’avortement représente les deux à la fois, et encore tout autre chose.

    Ce qui me navre à propos de ce sujet, c’est que je crains qu’en réalité, vous ne vous battiez plus pour vos certitudes que pour ces foetus. Eux, je le crains, ne sont que le prétexte sanglant de votre envie d’imposer votre morale et votre forme de société au pays. Tout comme ces avortements sont le prétexte d’une frange du féminisme pour imposer sa conception du monde.

    Parler avortement, c’est commencer par parler éducation sexuelle, parler du plaisir, parler du fonctionnement du corps, parler de protection contre les MST. Et oui, ça commence parfois par une histoire de capote, de flirt amoureux sans mariage, d’une montée du désir qu’on ne sait pas contrôler. Un être humain, ça s’éduque et cela ne se fait pas par le silence.

    C’est parler contraception. C’est parler de contraception masculine tant il est vrai que dans ce débat, le jeune homme qu’on n’éduque pas devient un homme irresponsable qui se dépouille de sa capacité à choisir la paternité. C’est aussi parler du couple et de sa reconnaissance sociale, des formes de familles, c’est parler congé parental pour la mère comme pour le père.

    Parler avortement, c’est parler de notre rapport à nous même qui conditionne notre rapport à ce premier autre qu’est notre enfant.

    Il n’y a rien de tout cela dans votre texte, pas plus que cela ne sera abordé dans votre manif’. Seule compte la certitude pour vous d’être “du coté du bien“. C’est pour cela que depuis 40 ans, vous êtes inaudible. C’est pour cela que vous le serez demain et longtemps encore.

    Bon défilé. Faites attention cependant : il fait froid, il pourrait y avoir un sol glissant et vous allez imposer certaines contraintes à votre organisme. Et 5 mois, ce n’est pas suffisant pour un foetus en cas d’accouchement prématuré.

    Cordialement, M.

  8. Magali

    @Manuel le dernier paragraphe de votre commentaire, tel une sourde menace, laisse entrevoir quel genre de personne vous êtes.

    Nous défilerons demain pour les plus fragiles d’entre nous, aux côtés de Marianne, bras dessus bras dessous, soyez tout à fait rassuré.

    @Marianne

    Merci pour ce témoignage, triste reflet de la réalité. Je m’amuse des cris d’orfraie quant à la méthode utilisée. Méthode qui ne choque nullement les féministes et les pro-IVG quand elle est utilisée pour tenter – sans succès- de dénoncer les lignes d’écoute pro-vie.

    Il faut aller sur les forums avortement pour se rendre compte qu’avorter est rarement un choix. Le plus souvent les femmes ne font que se résigner à l’IVG, de peur de ne pouvoir assumer financièrement leur enfant, de l’élever seule, de perdre leur conjoint, d’être rejetée par leur famille, de ne pouvoir poursuivre leurs études tout en étant mère…

    Il est tellement plus facile à notre société de les orienter vers l’avortement, plutôt que de les soutenir à avoir leur enfant.

    Le planning familial n’évoque pas les probables difficultés psychologiques et émotionnelles suite à l’avortement. Il ne me semble pas normal de cacher cette partie de la vérité aux femmes qui s’adressent à eux en toute confiance. De même l’acte en lui-même n’est pas décrit, les douleurs sont minimisées. On ne parle pas non plus de certaines images qui peuvent rester gravées.

    Il faut aller sur les forums ou la parole est libre, anonyme, pour lire toute la douleur de l’avortement, avant, pendant et après. Comme par exemple cette femme qui décrit avoir été en larmes à toutes les étapes de son avortement, sans qu’on lui demande jamais si c’était bien ce qu’elle voulait, comme cette autre personne qui a vu l’embryon évacué et reste hantée par cette vision, cette autre encore qui demande pourquoi personne ne l’a prévenue que ça pouvait faire si mal psychologiquement après…

    La valeur d’une vie ne saurait être définie par le désir ou le non-désir de l’autre.

    Voilà pourquoi, moi aussi, bien que non-croyante, je serai fière d’être là demain, pour ma seconde Marche pour la Vie. A demain

  9. Robert Marchenoir

    “Nous au Planning, on pense que c’est pas un enfant tant qu’on ne désire pas poursuivre la grossesse. A partir du moment où on désire un enfant, alors ça devient un enfant.”

    Quel aveu ! Donc, un homme aurait le pouvoir de dénier sa qualité d’homme à un autre, par le seul fait de sa volonté. Si cela ne légitime pas les totalitarismes les plus meurtriers, je ne sais pas ce que cela signifie… Et d’ailleurs…

    “Il ne faut aller que sur les sites du gouvernement et du Planning Familial.”

    C’est le gouvernement (et les “militants” — militants de quoi ?) qui détiennent la vérité. Seul l’Etat sait ce qui est bon pour vous. On ne saurait être plus clair : ces gens sont des dictateurs dans l’âme.

  10. croicel

    Bravo pour votre article, je suis enceinte de 4 mois et serai de tout cœur avec vous demain.

  11. Nathanael

    Bonjour,

    Je remercie chacun pour cet article et les commentaires qui suivent.
    Au-delà de la question de l’humanité ou non du foetus / bébé / amas de cellules, ce que je déplore le plus, c’est ce que Marianne a essayé d’illustrer par son appel au planning familial :
    L’information que donne le gouvernement / l’Etat est partielle, on y parle et propose facilement l’ivg alors que très rarement on y présente des aides et structures pour garder l’enfant.

    Il y a par exemple l’association magnificat qui accueille les futures mamans et les accompagnes après la naissance.
    Ce site présente d’autres infos en plus : http://www.jesuisenceinteleguide.org/

    Voilà pourquoi je soutiens le collectif en marche pour la vie et ai l’habitude de participer à cette manifestation.

  12. Maritro

    @Manuel Altréide
    Je vous rejoins entièrement sur l’importance de l’éducation affective et sexuelle qui est au fondement de tout. Même si mon avis diffère sur la contraception, mais ce n’est pas là le sujet (encore que). En revanche, la phrase qui me fait bondir est celle-ci :
    “Ce qui me navre à propos de ce sujet, c’est que je crains qu’en réalité, vous ne vous battiez plus pour vos certitudes que pour ces fœtus”
    Vous pouvez critiquez l’hypocrisie d’un certain milieu pro-vie, mais honnêtement pour le connaître assez bien, il est sincèrement engagé pour la défense de ses petits êtres qui n’en ont pas, et pas pour le confort d’une conscience sûre d’être dans “le camp du bien”. C’est tellement plus facile entre amis, en famille d’être “pour l’avortement”. Si on était sûr que ces minuscules êtres humains n’étaient que “des amas de cellules”, croyez-moi qu’on ne tergiverserait pas, tant les situations de grossesse non désirées sont délicates!
    Quand je manifeste pour la vie, je ne me dis pas “oui, c’est bien, tu défends la morale!”, mon Dieu, non! Je tremble en songeant à tous ceux qui ne sont pas nés et qui ne naîtront jamais, et ce n’est pas de la rhétorique. Un de mes amis est un rescapé de l’avortement. Tous n’ont pas cette chance et la souffrance des mères n’annule pas celle de voir tant d’êtres humains supprimés. Et on s’en fout “d’imposer une société”, ça n’a rien à voir avec ça.
    Et oui, votre dernier paragraphe est honteux et glaçant.

  13. Tristana

    La seule erreur réelle de la personne que vous avez eue au bout du fil, c’est d’avoir compris que vous ne vouliez pas mener à bien votre grossesse alors que vous avez simplement évoqué une grossesse non-désirée.
    Ça, d’accord, c’est une erreur. Mais une erreur qui reste humaine, et compréhensible : combien d’appels doit-elle prendre par jour ? Et toutes, des femmes qui appellent essentiellement parce qu’elles cherchent à être renseignées sur l’avortement — renseignées, et rassurées. Car non, avorter, ce n’est pas “mal”. Ce n’est pas obligatoire, évidemment, mais l’urgence est de rappeler à toutes les femmes culpabilisées ici ou là qu’elles ne sont pas des criminelles, et que quelqu’un sera là pour les soutenir.
    Le planning familial n’accompagne pas les grossesses. Ce sont les médecins qui le font.
    Mais dites-moi, si vous trouvez aussi “honteux” que la personne que vous avez eue au téléphone ait osé vous dire que pour elle il ne devrait pas y avoir de contrainte liée au délai, expliquez-moi donc ce que vous pensez des nombreuses femmes qui sont mortes parce qu’elles ont voulu avorter après la date prévue, ou qui ont voulu avorter (tout court) alors que l’avortement n’était pas permis ?
    J’imagine que tout cela, c’est moins grave que tous ces pauvres bébés à qui on n’a pas permis de naître…
    Mais comme je suis d’humeur partageuse, je vais vous livrer quelques liens qui démontrent que non, l’accueil fait aux femmes qui souhaitent avorter n’est certainement pas aussi simple que vous le prétendez, et qui démontrent également que l’avortement n’est pas toujours l’horrible souffrance physique et morale que vous dépeignez :
    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1134747-j-ai-eu-2-avortements-et-je-vais-bien-merci-l-ivg-est-un-acte-desormais-banal.html
    http://rue89.nouvelobs.com/2012/07/20/mon-ultrafertilite-mes-quatre-ivg-et-les-humiliations-medicales-233981
    http://blog.jevaisbienmerci.net/
    http://www.humanite.fr/07_11_2010-l%E2%80%99ivg-un-droit-de-plus-en-plus-difficile-%C3%A0-exercer-457321

  14. Manuel Atréide

    Magali, vous faites totalement erreur. Aucune menace là dedans, je ne contrôle pas la météo et si cela était le cas, je m’assurerais un temps convenable pour que Mme Durano défile en toute sécurité.

    Mes propos peuvent ne pas vous plaire, c’est votre droit le plus strict. En revanche, imaginer que je pourrais souhaiter un accident à une femme enceinte n’est pas à votre honneur. Désolé de le dire.

    Cordialement tout de même.

    M.

  15. Manuel Atréide

    @Maritro je crains, je ne suis pas sûr. Je n’ai vraiment aucune certitude sur les motivations profondes, mais je m’interroge. Ma crainte est alimentée par les trous béants dans les propos et les raisonnements des “pro-vie” (comme si on pouvait être pro-mort).

    J’avoue d’ailleurs que l’incapacité de ce mouvement à créer les conditions d’un débat sur l’avortement en France m’interpelle. 40 ans de luttes pour une telle absence de résultat devrait à un moment vous conduire à vous interroger sur la pertinence de votre discours et de vos moyens d’actions. C’est long tout de même, 40 ans.

    Vous ne trouvez pas?

  16. Raphaël

    @Manuel Atréide : “Et 5 mois, ce n’est pas suffisant pour un foetus en cas d’accouchement prématuré. ” ce propos est sordide, menaçant pour l’auteure et particulièrement odieux, elle en dit long sur les intentions sous-jacentes de votre propos. Le fait d’utiliser à dessein le mot foetus pour rabaisser la vie de l’enfant de l’auteur est particulièrement mesquin. Je suis papa de deux “foetus” nés tous les deux très grand prématuré (6 mois 1/2) et je peux vous assurer qu’ils sont bien des êtres humains. Ce dernier propos mériterais des excuses de votre part vis à vis de l’auteur, mais ne rêvons pas…

  17. Manuel Atréide

    @Raphael

    Même propos que ceux que j’ai adressé à Magali : “Aucune menace là dedans, je ne contrôle pas la météo et si cela était le cas, je m’assurerais un temps convenable pour que Mme Durano défile en toute sécurité.

    Mes propos peuvent ne pas vous plaire, c’est votre droit le plus strict. En revanche, imaginer que je pourrais souhaiter un accident à une femme enceinte n’est pas à votre honneur. Désolé de le dire.”

    Je ne souhaite qu’une seule chose à cette future maman : que sa grossesse se passe le mieux du monde et qu’elle donne naissance à un superbe poupon ! Je me demande bien ce qui vous passe par la tête pour prendre une remarque qui appelle à la prudence comme une menace implicite.

    Si vous avez une explication, je suis preneur.

    Cordialement, là encore.

    M.

  18. Magali

    @Manuel
    Je vous explique simplement :
    1. Quelqu’un de bienveillant évite de parler de fausse-couche à une femme enceinte
    2. On ne parle pas de son “fœtus” à une future maman. Ni à cinq mois de grossesse, ni à deux.

    Si vous êtes père, parliez-vous à votre compagne enceinte de son “embryon”, de son “fœtus”? J’en doute beaucoup.
    J’espère que vous avez été indélicat seulement par inconscience, je vous le souhaite en tout cas.

    Cordialement

  19. CG

    Pourquoi je ne suis même pas surprise ? Toujours l’illusion du choix… Q’une illusion. On nous bourre le crâne dès qu’on en a l’occasion. J’ai été pour l’avortement pendant longtemps, hyper agressive vis-à-vis de ceux qui étaient contre. Comment ai-je pu me tromper à ce point ? Maintenant, cet état des choses m’horrifie mais je ne juge pas cette femme, j’aurais fait comme elle il y a 3 ans. Elle manque de repères comme moi avant et baigne depuis sa toute jeunesse dans les discours pro-avortement… Comme je suis heureuse d’en être sortie !

  20. Amélie

    Merci pour cet article.
    En 2006, je me suis rendue chez mon médecin généraliste, un peu chamboulée en découvrant que j’étais enceinte sans que mon fiancé et moi l’ayons “planifié”.
    La première phrase du médecin a été “ah, c’est pour une IVG?”. Aucune question sur ma situation, rien.
    Mon amas de cellules aura 8 ans le mois prochain et a deux petites soeurs.

  21. Manuel Atréide

    Magali,

    – on dit à une femme enceinte de faire attention si il y a des risques. Nous sommes en janvier, il fait froid, n’est pas bonne. Par ailleurs, une femme enceinte n’est pas un petit sucre fragile, bien au contraire. L’organisme d’une femme est particulièrement résistant et je n’ai aucune indication que le psychisme féminin soit plus fragile. Donc vous me permettrez de parler à Mme Durano comme je le fais à n’importe quel adulte.

    – un foetus est un enfant à un stade prénatal. Ce n’est en aucun cas un gros mot, ‘est en revanche un terme de la langue française qui désigne précisément l’enfant qu’une femme porte encore en son sein.

    Je n’ai pas été indélicat ni inconscient. Evitez donc les procès d’intention, le problème se trouve dans votre tête, pas dans mes paroles.

    M.

  22. CG

    “J’avoue d’ailleurs que l’incapacité de ce mouvement à créer les conditions d’un débat sur l’avortement en France m’interpelle. 40 ans de luttes pour une telle absence de résultat devrait à un moment vous conduire à vous interroger sur la pertinence de votre discours et de vos moyens d’actions. C’est long tout de même, 40 ans.”

    Je ne pense pas que ce soit la faute des pro-lifes, bien au contraire. Dès qu’on remet en cause ce “droit fondamental” on nous agresse. Les gens trouvent ça intolérable, on se fait cataloguer de réac’ avec un balai dans le derrière et j’en passe…
    Et oui, on se bat depuis longtemps, la preuve que notre combat est légitime, “pertinent” sinon, il y a longtemps qu’on aurait arrêté de se battre.

  23. Manuel Atréide

    @CG

    je ne questionne que les moyens du combat. Quand, depuis 40 ans on utilise des moyens qui ne mènent à rien, c’est qu’il y a peut être un problème avec lesdits moyens. Et l’attitude qui consiste à dire que “c’est pas nous qui avons tort, c’est les autres qui sont méchants avec nous” ne conduit pas bien loin.

    En revanche, ça rassure et ça évite de s’interroger.

  24. Michel de Guibert

    @ Manuel Atréide

    Il a fallu plus de temps pour abolir l’esclavage !

  25. LR

    J’ai pas très bien compris. Quelqu’un vous a-t-il pris votre corps et votre bébé, se l’est-il approprié en vous forçant à avorter, pour que vous exigiez si promptement qu’on vous le rende ? Vous parlez de femmes enceintes seules et déboussolées en manque de conseils qui essaient de peser le pour et le contre tant bien que mal et en parallèle vous exposez clairement vos certitudes immuables; donc à l’issue du raisonnement, j’en retiens la conclusion qu’une femme (en l’occurrence vous) sait si elle désire garder son enfant ou non, elle le sent, quoiqu’en dise son entourage. C’est sur ce point unique que je vous rejoins, parce qu’on a beau avoir toutes les informations du monde, ce ne sont que de vagues repères comparés à la situation personnelle, unique de chaque femme enceinte. Alors pourquoi impliquer autant le planning familial et lui taper dessus comme ça ? D’après votre retranscription, toutes vos questions ont été honorées de réponses, au détail près que ces réponses pragmatiques s’inscrivent dans un cadre bien défini : une grossesse non désirée qui excède bientôt les deux mois. Ce dialogue était l’occasion d’un échange véritable, vous l’avez restreint à une étude de cas biaisée, si vous aviez fourni à la gentille dame les informations que vous partagez dans cet article, peut-être que les réponses vous auraient moins déplu. J’aime l’idée qu’on se pose des questions. J’aime encore mieux celle qu’on soit prêt à recevoir tous les points de vue.
    Si je veux des témoignages de femmes qui ont gardé leurs enfants, j’ai des amies qui ont fait le choix de donner naissance, j’ai une mère qui a vécu dans un pays et une époque où l’IVG n’existait pas, j’ai des moyens de trouver des infos ailleurs que sur les sites du gouvernement. Et si je n’avais pas tout ça, il me resterait une interlocutrice de choix, peut-être la seule qui compte, moi-même : ai-je envie de cet enfant ? Puis-je m’en occuper ? Suis-je à même d’endosser cette responsabilité ? Des questions simples auxquelles moi seule peut répondre, et honnêtement, mon éventuelle incapacité à y répondre (si j’en suis déjà à deux mois de grossesse) me ferait flancher vers un NON limpide. Et j’aimerais pouvoir dire que je suis aussi une femme de 23 ans qui ne me sentirais pas prête à maintenir une grossesse non désirée, pour mille raisons qui me regardent moi et pas le planning familial, le pape ou mes parents, sans que mon réflexe de demander une IVG fasse de moi un être insensible et meurtrier. J’aimerais que quelqu’un comme vous et que quelqu’un comme moi puissions parler de ce sujet sans se juger aussi sévèrement, sans partir d’emblée du principe que l’autre essaie de piétiner ma liberté juste pour une divergence de choix. Vous avez une chance incroyable de savoir ce que vous voulez et d’accueillir cet enfant dans la joie. Mais c’est une terrible erreur de penser qu’un organisme tel que le Planning Familial (dont la raison d’être principale est le contrôle des naissances) vous l’interdit.

  26. Marie Coulon

    Que Manuel Atreïde rétorque, pour se défendre ,que l’insulte est dans la tête de ceux qu’il insulte, voilà qui est grave. Au lieu de parler de maladresse, au minimum, le voilà qui dénie la blessure qu’il fait, son cynisme et son ironie. La manoeuvre est trop visible.
    J’étais au MLAC, quand j’étais jeune, et, sensibilisée aux angoisses réelles de certaines femmes enceintes, je suis nuancée.
    Mais M. Atreïde est tellement sûr, lui, tout comme le Planning…Et les souffrances des femmes qui ont avorté ou qui ont participé à des avortements sont bien réelles, quand on veut les entendre. Et un bébé est toujours un bébé, quel que soit le désir qu’on a de lui. Ce n’est pas nous qui décidons de l’humanité ou pas d’un être, M. Atreïde.

  27. Manuel Atréide

    Madame Coulon, un minimum de structure intellectuelle ne fait jamais de mal.

    – Mon conseil (et non pas ma menace) s’adressait à l’auteure de cet article, enceinte de 5 mois qui allait défiler un dimanche de janvier. Mon seul objectif était de lui recommander d’être prudente. Ma soeur est né un jour de janvier 68. Elle avait simplement 3 mois d’avance. Les accidents, cela arrive. Si vous y voyez une menace dans mon conseil, libre à vous de le penser, libre à moi de trouver cette démarche grotesque.

    – La blessure – si blessure il y a – a été reçue par une personne à qui mon propos n’était pas adressé et qui a commis l’erreur, soit de prendre pour elle mon conseil en le voyant comme une menace, soit de se mettre à la place de l’auteure alors qu’elle n’en a pas la légitimité.

    – Vous venez presque deux jours après me faire la morale à propos d’un “crime” qui n’a pas été commis. Vous vous permettez en plus de me donner une leçon d’humanité en présumant de ma position sur l’avortement, position que je n’ai à aucun moment donnée.

    Je me demande si vous avez des problèmes de lecture, de compréhension ou les deux à la fois. En tout cas, votre commentaire est déplacé en ce qu’il s’immisce dans un dialogue auquel vous n’avez pas été conviée, tout comme Magali et Raphael.

    Je vais donc en terminer par une remarque que j’ai faite aux deux autres : “Mes propos peuvent ne pas vous plaire, c’est votre droit le plus strict. En revanche, imaginer que je pourrais souhaiter un accident à une femme enceinte n’est pas à votre honneur. Désolé de le dire.”

  28. Maritro

    @Manuel Altréide

    “Je ne questionne que les moyens du combat. Quand, depuis 40 ans on utilise des moyens qui ne mènent à rien, c’est qu’il y a peut être un problème avec lesdits moyens. Et l’attitude qui consiste à dire que “c’est pas nous qui avons tort, c’est les autres qui sont méchants avec nous” ne conduit pas bien loin. En revanche, ça rassure et ça évite de s’interroger.”

    Je suis tout à fait prête à m’interroger sur l’échec relatif (relatif puisque le mouvement perdure et même grandit, si l’on compare le nombre de manifestants d’il y a dix ans et aujourd’hui) du mouvement pro-vie. Cela dit, cela n’est pas dû selon moi parce que nos moyens sont nuls ou parce que le combat n’est pas pertinent ou parce que les autres sont des méchants pro-avortement. C’est d’abord parce que ….c’est juste hyper dur de continuer une grossesse non désirée dans beaucoup de situations! Je comprends parfaitement que ce soit glaçant pour nombre de femmes d’imaginer qu’on pourrait ne plus avorter. D’ailleurs je ne pense pas du tout qu’abroger du jour au lendemain la loi Veil serait un bien (recours à l’étranger, à la clandestinité etc), ce serait anti-stratégique. Pour moi c’est davantage dans les pratiques et les mentalités qu’on peut changer les choses pour que l’accueil d’un enfant soit davantage mis en valeur et c’est probablement ce que souhaitait souligner l’auteur de l’article : le fait que le Planning Familial oriente directement vers l’avortement. Cependant, comme le dit @LR, il ne fait que son job. L’association a pour objectif l’éducation sexuelle, la lutte pour le droit à la contraception et à l’avortement et le contrôle des naissances. Donc il n’y a aucune tromperie là-dedans, il ne se revendique pas comme étant le lieu d’information sur “que faire en cas de grossesses non désirées?” Mais on pourrait imaginer qu’une telle association existât et soit encouragée par l’Etat. Pas une association qui fait pression à fond dans l’autre sens, mais un peu plus pluraliste, quoi, dans le choix des solutions.
    Et sinon je suis preneuse de toute bonne idée afin que nos moyens mènent à quelque chose ! 😉

  29. Manuel Atréide

    @ Maritro

    quelque part, la réponse à votre question réside dans vos propos :

    “on pourrait imaginer qu’une telle association existât et soit encouragée par l’Etat. Pas une association qui fait pression à fond dans l’autre sens, mais un peu plus pluraliste, quoi, dans le choix des solutions.”

    Vous venez de décrire une association du type “allo-grossesse” que toute femme, voire tout couple pourrait appeler quand un enfant est conçu, que cette grossese soit désirée ou pas. Elle aborderait toutes les questions qui se posent :

    – quels sont les risques pour la mère au vu de son état de santé
    – quelles sont les droits et devoirs du futur père
    – c’est une grossesse surprise, quels choix s’offrent à moi (garder et aimer cet enfant surprise, avortement, adoption)
    – comment éduquer un enfant vs comment s’éduquer comme parents
    – la contraception féminine et la contraception masculine
    – nous voulons un enfant, mais nous avons du mal : PMA, GPA, méthodes naturelles, méthodes douces, adoption nationale & internationale

    etc. La liste des questions est à mes yeux très large et une association qui serait au service des familles françaises plutôt qu’au service d’une école de pensée. Idéalement, Pro-vie et pro-choix bossant main dans la main.

    La vraie question est : est-ce possible et qui souhaite une telle chose ?

    Cordialement, M.

  30. Maritro

    Concrètement ce serait possible, mais quarante de lutte entre deux camps ont rendu la chose hélas inenvisageable…Il y a trop de rancoeurs, d’accusation, de méfiance les uns envers les autres pour qu’on puisse travailler main dans la main.
    Cela dit, une association comme sos -ivg (du site ivg.net), est tout de même dans une optique ouverte. L’idée n’est pas de contraindre les jeunes femmes à garder leur enfant mais de souligner le fait que ce soit possible. Mais jamais l’Etat ne soutiendra une assoc dite “pro-vie” au même titre que le Planning Familial..

  31. L.

    A la lecture de ton article,
    il me semble nécessaire de rappeler une chose fondamentale : le Planning Familial est un mouvement féministe militant qui a obtenu le statut d’association. Il défend des valeurs féministes, et donc a fortiori, le droit à l’IVG.
    Les centre de planification ou d’éducation familiale, sont, quant à eux, des centres “qui assurent des consultations de contraception, des actions individuelles et collectives de prévention portant sur la sexualité et l’éducation familiale, des entretiens préalables à l’interruption volontaire de grossesse et des entretiens relatifs à la régulation des naissances dans les suites d’une interruption volontaire de grossesse. Ils organisent en outre des séances de préparation à la vie de couple et à la fonction parentale, et des entretiens de conseil conjugal. Les centres de planification ou d’éducation familiale délivrent à titre gratuit des médicaments ou objets contraceptifs aux mineurs désirant garder le secret ainsi qu’aux personnes ne bénéficiant pas de prestations maladie, assurées par un régime légal ou réglementaire. Enfin, ils peuvent réaliser des interruptions volontaires de grossesse (IVG) par mode médicamenteux (jusqu’à 5 semaines de grossesse, soit 7 semaines d’aménorrhée).” Ils dépendent donc de l’Etat, plus précisément du ministère de la santé.

    Il me semble donc qu’en appelant le Planning familial, il était normal que l’on te serve un discours militant. Pour des informations plus “neutres”, il aurait fallu que tu t’adresses au bon interlocuteur.

  32. Laurence

    Par rapport au bon interlocuteur à choisir suivant ce qu’on attend, moi, si je tombe enceinte et que “ça tombe mal”, c’est au Planning que je pense en 1er pour demander de l’aide immédiate, des conseils. Je ne sais même pas qu’il y a plusieurs entités, des “centres de planification” dont les orientations sont plus larges. J’espère donc que leur existence est suffisamment connue…

  33. Manuel Atréide

    @laurence :

    ceci est d’abord et avant tout un problème d’éducation et d’information. Le Planning Familial peut sans doute faire mieux, mais il ne pensera jamais à votre place, pas plus qu’il ne pourra résoudre vos lacunes en matière d’information. En 2015, on peut considérer qu’il est utile de se renseigner un minimum sur le sujet quand on commence à avoir une vie sexuelle active, non ?

    Après tout, il y a des cours dans le cycle scolaire pour cela. Où étiez vous pendant ces cours ?

    Cordialement, M.

  34. lemonnier

    Bonjour, ton blabla est très interessant. Mais je me pose une question, pourquoi avoir appelé le planning familial? Non parce que si tu voulais garder l’ enfant, cet appel ne servait à rien sauf peut être à écrire cet article. Je suis éduc, je suis fondamentalement contre l’avortement mais j’ai fait des stages dans un planning familial dans le cadre de ma formation. Alors non la gentille dame n’est pas comme ça. on aime ou on aime pas et personnellement j’aime pas , mais ils sont beaucoup plus dans le suivi psychologique des personnes et de ces femmes.
    ps: du coup t’as fait quoi de ce pauvre enfant non désiré?

  35. LiberezKingKong

    Le Planning Familial n’a pas vocation a guider un choix, mais à proposer une solution et un accès aux contraceptifs, et le cas échéant, à l’avortement. Aucun institut, aucune association, aucune politique n’a vocation à aiguiller le choix d’une personne quant à qui elle devrait ou ne devrait pas épouser, ou si elle doit ou non mener une grossesse à son terme. La prémisse de la conversation était plutôt claire: l’appelante ne désirait apparemment pas poursuivre sa grossesse. Plutôt que d’aller contre ce souhait, la bénévole a souhaité dissiper le sentiment de culpabilité, qui n’a effectivement pas lieu d’être dans une procédure légale. Quant à la mystification, je me marre un peu. En général un gynéco tâtonne et manipule avec une une froideur toute technicienne n’importe quelle femme ou fille, qu’elle soit vierge ou pas, qu’elle soit enceinte ou pas. Un dermatologue d’hôpital va aussi tripoter, scruter, mécaniquement et avec souvent assez peu de délicatesse une brûlure en rémission, une crise de psoriasis. On a vu des urgentistes annoncer avec froideur qu’il n’y avait “plus rien à faire” à la mère d’un accidenté de la route. Des psychiatres infantiliser par habitude l’agrégé de philosophie qui a tenté de se suicider parce que les précédents patients étaient pour la majorité d’entre eux en rupture scolaire. C’est dur d’être à l’hôpital. C’est difficile de soigner. Le gynéco n’a pas à s’identifier à ses patientes qui sont en plein miracle de la vie. Le dermato n’a pas à s’identifier à celui qui ne se reconnaît plus dans le miroir. Le psychiatre n’a pas non plus à s’identifier à celui qui s’est jeté par la fenêtre.
    Votre grossesse, votre enfant, votre miracle. Ni le mien, ni le leur. Rassurez-vous, pour l’accouchement, le personnel accoucheur est surtout habitué aux naissances et a en général une attitude plus conforme aux attentes des accouchées.

    Si vous souhaitez réellement le témoignage d’une femme qui a avorté (ce dont je doute), il y a ma mère. Elle a avorté à 24 ans, soit l’âge que j’ai aujourd’hui. Sa grossesse n’était pas désirée, elle n’avait pas souhaité envisager d’autres possibilités. Elle n’a pas regretté son choix par la suite, et m’a parlé de l’avortement quand j’ai commencé ma vie sexuelle. Pour moi, la question ne s’est encore jamais présentée, je ne pense pas que je souhaiterais avorter en cas de grossesse, même inopinée, car avec un déficit en progestérone en phase lutéale, pour moi, il sera difficile d’être enceinte et de garder l’embryon. Ma mère a été une bonne mère pour moi. Je suis contente qu’elle ait pu choisir de l’être. Je suis contente qu’elle m’ait fait sentir que j’avais le choix de vivre ma féminité comme je le souhaitais également, que je veuille la traiter comme un attribut sacré, porteur de vie, ou simplement comme un détail anatomique, que je veuille être une mère, ou pas. Ma mère va très bien, elle a avorté en conscience et en adulte. Ma meilleure amie d’enfance, qui a avorté à 15 ans à la suite d’une rupture de préservatif avec son petit ami de l’époque, a malheureusement été beaucoup plus choquée. Elle ne regrette pas, car elle ne voulait pas être mère si jeune, mais il est regrettable qu’elle n’ait pas été aidée par un psychologue à l’époque. Ses amies de son âge ne pouvaient pas comprendre. Elle s’est beaucoup renfermée pendant plusieurs années. Désormais, elle a trouvé un homme qu’elle aime, elle est très heureuse, et ils envisagent d’avoir, un jour, des enfants. Dans quelques années.

    Vous n’êtes ni oppressée, ni humiliée, ni rabaissée par les femmes qui se font avorter. Pour la plupart, elles seront un jour des femmes enceintes, des futures mères. Leur droit ne bride pas le votre. Votre inversion rhétorique ne convaincra personne. Vous avez trouvé ce que vous avez cherché, vu ce que vous avez souhaité voir. Vous avez écrit, pensé, réduit en militante. Vous avez instrumentalisé le particulier.

    Vous avez écrit en militante, peut-être. Pas en philosophe, non.

  36. charles

    “ce n’est pas très pro, pour une femme payée par le gouvernement pour répondre à ce genre de questions” : curieuse ânerie.

  37. Jean François Primaudière

    Bonjour,

    REPORTAGE EXCEPTIONNEL : DES FEMMES TEMOIGNENT

    « Un jour, j’ai avorté… tais toi et souffre ».

    http://reinformation.tv/avortement-femmes-temoignent-51113-2/

    Je vous informe qu’Armel Joubert des Ouches, journaliste et caméraman depuis 28 ans vient d’achever la réalisation d’un documentaire sur un tabou : la souffrance silencieuse des femmes après un avortement.

    Des témoignages bouleversants.

  38. San

    Bonjour, merci pour ce magnifique article !
    J’en suis d’autant plus fan que vous ne faites pas l’assassinat de l’IVG ! Vous faites preuve d’une neutralité évidente, tout aussi évidente que le fait que vous ne fustigez absolument pas les femmes qui y ont eu recours. Ça, j’aime, je valide. Vos arguments, je trouve, sont justes et justifiés. C’est que c’est un business à alimenter, et que l’aimable dame est là pour convaincre. C’est dommage.

    Quoiqu’il en soit, merci encore pour cet article plein de bon sens, ça fait du bien !!!!
    Je ne juge en rien celles qui le font, c’est déjà bien assez difficile. Quand bien même ce ne le serait pas pour certaines, qui sommes-nous, au final, pour juger ? Alors merci pour votre neutralité et votre ressenti (oui c’est un exercice assez dur que vous avez réussi avec maestria, car on ressent tout ce que vous avez ressenti, tout en n’exprimant aucun préjugé sur l’IVG !)

  39. Nantais

    Mon épouse a vécu la même situation, il y a 13 ans. Elle avait 18 ans, la grossesse n’était pas désirée, mais on avait quand même choisi de garder l’enfant. L’interlocutrice du planning familial voulait absolument la convaincre d’avorter, alors que l’on cherchait principalement des réponses pratiques, comment faire matériellement…

    Notre fils à presque 13 ans. Pas une seule seconde nous n’avons regretté ce choix. Mais nous avons été chopés, voir blessés par la réaction de cette interlocutrice. Heureusement que notre entourage nous a soutenu…

  40. Charlotte

    Merci @Caro (commentaire du 23 janvier 2015) pour ce commentaire constructif 😉

    Après tout, où est le problème de tomber enceinte et d’être sûre de vouloir garder l’enfant ? Quand on est enceinte et que la question de l’avortement ne se pose pas, on appelle pas le planning familial.. Elle a des proches autour d’elle si tolérants soient les catholiques..

    De toute façon ce site n’est pas objectif et clairement orienté catho. Le témoignage de cet article est inventé de toute pièce par quelqu’un qui n’a jamais eu à faire avec le planning familial..

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