Dans le monde sans en être

Edito : mort et vie éternelle

Nous sortons d’un week-end existentiel. La Toussaint et le jour des défunts sont deux fêtes essentielles du calendrier liturgique. Elles nous mettent face à la question la plus importante de notre vie : notre mort.

La Toussaint ouvre grande les portes de la Jérusalem céleste. Les béatitudes sont accomplies. L’Eglise triomphante défile devant nous dans la litanie des saints, tous les saints sont fêtés y compris les saints inconnus. Nous leur demandons de prier pour nous, de prier pour que nous devenions comme eux : des saints.

La Toussaint est la Pâque de l’Eglise, ce jour-là nous célébrons la résurrection future de tous les saints, c’est la fête de la vie éternelle. Elle est une invitation à devenir saint à notre tour, elle est espérance du salut.

C’est certainement une des fêtes les plus importantes.

Le lendemain, c’est au tour de nos défunts d’être à la fête. Cette fois-ci c’est l’Eglise souffrante, celle qui attend le salut au purgatoire. Nous prions pour eux, pour qu’ils rejoignent les saints au paradis.

L’Eglise militante célèbre en deux jours l’Eglise triomphante et l’Eglise souffrante. Elle nous annonce l’espérance de la vie éternelle.

On est au cœur de notre foi : la foi en un Dieu qui a vaincu la mort. En un Dieu qui nous sauve de la mort.

« Seigneur, vers qui irions-nous tu as les paroles de la vie éternelle » disaient les apôtres alors que tout le monde quittait Jésus à la synagogue de Capharnaum. Le Christ nous délivre de la mort, c’est pour cela qu’il est venu, c’est pour cela que nous le suivons.

L’homme est terrorisé face à la mort. Privé de l’espérance de la vie après la mort, il est face au néant de sa propre fin et de celle de ceux qu’il aime. Le deuil de l’être aimé n’est que plus difficile à faire, voire impossible… Quant à la perspective de l’anéantissement définitif, elle plonge l’homme dans l’angoisse. Il n’y a rien d’étonnant à ce que de nombreux athées se retrouvent dans le transhumanisme, cette idéologie scientiste qui promet l’immortalité par le progrès technique. Le transhumanisme est la conséquence logique de l’angoisse existentielle athée et des avancées scientifiques. Mais cette idéologie peut-elle tenir ses promesses ? Pour cela il faudrait que l’homme soit Dieu… Or seul un Dieu tout-puissant peut vaincre définitivement la mort. Depuis la nuit des temps les hommes cherchent le salut et pour cela ils cherchent Dieu comme en témoignent les religions des hommes.

“La destinée de l’homme toute entière est dans le problème de la vie future et la pensée de la mort lui révèle la première la nécessité d’une croyance religieuse.disait Frédéric Ozanam dans Philosophie de la mort 1p 40. Le salut de l’homme est le message principal de la Bible. C’est pour nous tirer de la mort que Dieu s’est révélé, s’est incarné, est mort et ressuscité. La Bible commence par la chute d’Adam et Eve, leur condamnation à mort. Elle se termine par la Jerusalem céleste : la vie éternelle donnée aux saints.

Croire en la vie éternelle nous donne l’espérance du salut, l’espérance de retrouver ceux qu’on aime après le grand passage. Elle nous donne la joie et une vie éternelle qui commence maintenant. Annoncer la vie éternelle et aider les hommes à l’atteindre est la mission de l’Eglise. C’est notre mission, notre vocation.

Charles Vaugirard

Notes :   [ + ]

1. p 40

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