Dans le monde sans en être

Édito : Le Christ, le Pape, les Européens

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Au début d’une de ses lettres, saint Paul raconte l’entre-déchirement des chrétiens de Corinthe. Chacun se revendique d’une étiquette : “–Moi je suis à Paul –Et moi, à Apolos –Et moi à Céphas…” (1 Co 1, 12). Sans concession, l’apôtre les questionne “Le Christ est-il donc divisé ?!” (1 Co 1, 13)

Certains commentaires concernant la venue du Pape aujourd’hui même au Parlement Européen et au Conseil de l’Europe révèlent que la tentation de diviser le Christ n’a pas complètement disparue.

L’euro-député socialiste espère bien que le pontife lancera “un appel à la solidarité internationale” ; le démocrate-chrétien attend qu’il parle de “la famille” ; l’élu du Front National craint qu’il évoque “l’immigration et les réfugiés” ; l’écologiste croit que François parlera “question sociale” et non “morale sexuelle”.

Pour les socialistes, donc, le pape est socialiste ; pour les démocrates-chrétiens, il est démocrate-chrétien ; pour les écologistes, il est écologiste1Pour les frontistes, … ah non, tout de même pas, eux se rendent bien compte qu’ils auront du mal à trouver une seule phrase du pape allant dans leur sens..

Chacun invoque son bout de Pape, son bout de Christ, son bout d’Évangile.

Mais, chers députés, le pape, lui, ne divisera pas l’Évangile. Il ne choisira pas entre les victimes des conflits, les familles blessées les migrants et les lésés de la crise. En chacun d’eux c’est le même – unique et indivisible – Christ qui souffre.

Benoît

 

Notes :   [ + ]

1. Pour les frontistes, … ah non, tout de même pas, eux se rendent bien compte qu’ils auront du mal à trouver une seule phrase du pape allant dans leur sens.

3 réponses à “Édito : Le Christ, le Pape, les Européens”

  1. Vieil Imbécile

    Je regrette la note…
    Les frontistes ne sont pas, eux non plus, des sous-hommes n’ayant aucune préoccupation du bien. Je ne crois pas que, pour exprimer notre désaccord, nous soyons obligé de décerner une étiquette un tantinet méprisante 🙂

  2. Benoît

    j’ai hésité à mettre cette note, [évidement elle vise des idées non des personnes.]
    mais il m’a semblé qu’elle s’imposait d’elle même…
    si l’on peut trouver des ponts entre le pape et la cause sociale, le pape et la cause écologique, le pape et la cause familiale, … ; il faut bien reconnaître qu’entre le pape et la cause ‘frontalière’ défendue par le FN (renvois des immigrés, préférence nationale stricte, fermeture des frontières, …) le pont n’existe pas (sur d’autres points, mais des points qui là ne sont plus propres aux seuls frontistes, un pont pourrait être trouvé : notamment la critique du capitalisme et de la modialisation).
    Bref il me semble que même sans la note, la conclusion que je donne en note se serait imposée d’elle-même à la lecture de mon texte. Le commentaire de B. Gollnisch cité dans l’article de La Croix révèle assez bien cette incompatibilité de point de vue : “J’appréhende un peu la manière dont il va parler de l’immigration et des réfugiés.”

    Reste que la pique était facile, pardon a ceux qui en aurait été blessé.

  3. Vieil Imbécile

    Certains peuvent estimer que sur la famille le FN est le parti le moins éloigné de ce que pourrait dire le pape. Mais surtout, je ne crois pas que tu puisses te dédouaner par la pirouette “je vise des idées, non des personnes”. Quand tu parles des “frontistes” tu t’attaques bien aux personnes, car les idées que tu ne partages pas prennent le pas sur les idées que tu pourrais partager. Tu passes bien de l’attaque des idées (la position sur l’immigration, dont Gollnisch reconnaît lui-même la fragilité et le manque d’assise) à l’attaque de la personne (puisque tu es frontiste, rien de ce que peut dire le pape ne peut aller dans ton sens). Et c’est là qu’est l’os à mon sens.

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