Dans le monde sans en être

Edito : Agir en politique, c’est encore possible

Sens Commun

Pour les sceptiques qui disaient que Sens Commun serait un coup d’épée dans l’eau, ce week-end aura été une grande surprise. Le meeting de sens commun aura rassemblé plus de 3000 personnes. Il aura aussi été le seul meeting dans lequel les 3 candidats à la présidence de l’UMP auront été présents. Voilà près d’un an nous vous parlions déjà de la naissance de ce mouvement, et la stratégie assumée de noyautage et d’entrisme semble porter ses fruit.

Du meeting de Sens Commun, il faut garder deux choses.

Tout d’abord que l’envie de renouvellement de la politique n’est pas éteinte. Il reste encore des gens prêts à s’investir et à injecter du sang neuf dans un appareil bien trop sclérosé. Tenter l’entrisme dans un parti, c’est possible. Cela n’empêche pas à d’autres de chercher à refonder la politique de demain hors des partis, mais cela valide la stratégie d’utilisation des structures existantes. En ne se soumettant pas au jeu des consignes de vote et en faisant peser sa base d’adhérents en croissance permanente, le mouvement a su peser dans le débat. Une certaine prudence donc, face à un mouvement qui peut avoir vite fait de dévorer et assimiler toute nouvelle structure qui le rejoint. Mais dans les médias, on ne parlait pas de Meeting UMP, mais bien de Meeting Sens Commun. La marque a une existence propre, qu’elle se devra de conserver.

Cela dit, et c’est le deuxième enseignement, il ne s’agit pas non plus de crier victoire trop vite. Pour l’instant, Sens Commun n’a réussi à peser que sur l’agenda de l’UMP, mais l’impact sur la ligne du parti sera plus difficile à atteindre. La prise de position de Sarkozy en faveur de l’abrogation peut être interpretée comme une marque de l’importance du mouvement, ou bien au contraire comme une tentative de séduction qui serait bien vite oubliée une fois la nuit de noce terminée. Il faut savoir raison garder et avancer prudement dans ces élections au sein du parti. Sarkozy a ainsi découvert qu’il n’avançait pas en pays conquis, Mariton a pu constater un soutien militant, et Bruno le Maire a payé le prix de ses convictions certes cohérentes, mais parfois à contre courant de celles de Sens Commun.

Ce meeting est donc une incitation à la fois à l’action et à la prudence. Ce qui se manifeste ici avec Sens Commun doit être étendu à l’ensemble de la vie politique française. On peut encore changer les choses, encore faut il prendre le temps de préparer ce changement. Chacun selon ses talents pourra faire avancer les choses.

“Pour triompher, le mal n’a besoin que de l’inaction des gens de bien.”  Edmund Burke

2 réponses à “Edito : Agir en politique, c’est encore possible”

  1. Phylloscopus inornatus

    C’est peut-être même possible autrement que nécessairement à droite. Enfin, en théorie.

    Ce clivage dépassé, je me demande d’ailleurs pourquoi le mot “entrisme” a pris une si forte connotation négative. Faire de l’entrisme serait le Mal. Pourtant, par définition, tout ce qui consisterait à faire émerger des idées nouvelles qu’on apporterait en rejoignant un parti pourrait être qualifié d’entrisme; et si l’entrisme est disqualifié d’office (on ne sait pourquoi) comme Ne Se Faisant Pas, la seule possibilité pour la classe politique d’évoluer serait que les individus installés de longue date dans l’appareil mutent spontanément, ce qui est peu probable.

  2. Benoît

    Bravo à Sens Commun pour son entrisme en sein de l’UMP !

    J’espère seulement qu’on aboutira pas à l’entrisme de Sarkozy au sein de Sens Commun ….

Laisser un commentaire

Les balises HTML usuelles sont autorisées. Votre email ne sera pas publié.

Abonnez vous aux fil des commentaires RSS