Dans le monde sans en être

Décalaminons la laïcité

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Il y a quelques temps j’assistais à Paris à une conférence sur la spiritualité dont, chose étonnante, le nom du conférencier nous était tenu secret. Il nous le dévoila oralement en début de conférence une fois pleinement rassuré par le cadre « chrétien » et l’absence de trace sur Internet de son nom lié à cet événement.

J’eus la chance de rencontrer cet homme avant son intervention – belle rencontre ! Il me félicitait d’avoir osé témoigner publiquement de ma foi – j’avoue que j’avais beaucoup hésité avant de publier mon livre ; il s’interrogeait sur l’impact que mon « coming out » (selon ses termes) avait pu avoir dans mon milieu professionnel ou sur ma réputation. Il m’expliquait que pour lui, malgré sa foi très vive, et qui l’envahissait de plus en plus pour son plus grand bonheur, il ne POUVAIT pas s’afficher Chrétien publiquement, à cause de ses responsabilités professionnelles (il travaille dans un organisme public à un poste à responsabilité). Cela le faisait visiblement souffrir.

Quelle est donc cette (conception dévoyée de la) laïcité ambiante qui castre, empêche la parole, condamne sans le dire le croyant à se taire, à taire ce qu’il a de trésor le plus précieux au fond de lui ? Quelle est donc cette intolérante laïcité qui, au nom de sa sournoise idéologie de la tolérance, impose sans le dire le silence aux amoureux du Christ ? Quelle est donc cette pression sourde de la bien-pensance française du siècle qui voudrait qu’à la fois un homme public puisse (doive ?) dévoiler ses intimités diverses – le Novlangue parlant de nos « extimités », sexuelles ou autres, c’est à dire notre vie intime rendue publique – mais taire ce qui véritablement fait de lui un être humain pleinement accompli, à savoir sa dimension spirituelle ? D’autant que la religion ne saurait se concevoir chez l’individu seul isolé dans son coin ; personne ne peut dire « je crois » sans dire « nous croyons ».

Se lever et témoigner de sa foi est donc devenu en ce début du XXIème siècle un devoir, une nécessité ; une défense vitale de la Vérité et de la Liberté ; une défense de la laïcité aussi, bien comprise comme protectrice de la liberté de conscience, de foi et de parole, protectrice du respect de l’autre. Une défense de notre humanité en fait. Et si, mon frère, tu ne le fais pas par amour de Jésus, ni par amour de ton prochain, fais le au moins par amour de la liberté et de la vérité. Fais le pour l’exemple. Fais le pour les générations futures, qu’elles sachent qu’elles ne sont pas justes des troupeaux de veaux  se gavant d’herbe fraîche et attendant sagement l’abattoir.

Et surtout, n’aie pas peur, qu’as tu à craindre ? Il ne peut rien t’arriver. S’ils te persécutent ou te calomnient pour cela : bienheureux es tu. “Celui qui se prononce pour moi devant les hommes, moi aussi je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux” (Matth. 10, 32).

Jean-Marc Potdevin
Internet executive
Auteur de Les mots ne peuvent dire ce que j’ai vu, Ed. de l’Emmanuel

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