Dans le monde sans en être

Vers le Salut, ensemble

c84eec7f0998d0e84c13008d9bbc1599_large

Allumez la radio avec un esprit un tant soit peu critique, et il vous sautera aux yeux, ou plutôt aux oreilles, que tous ces « artistes » vous somment, à grand renfort de paroles encourageantes et de mélodies entêtantes, de fuir vos soucis.

De fuir la morosité de votre quotidien pour un moment, la plupart du temps en essayant d’attraper une petite sur la piste. Ne pas se soucier du lendemain, des conséquences, comme si rien n‘était important. Finalement.

Oublier, une solution ?

Non. On ne me fera pas avaler que se voiler la face devant ses soucis délivre. On ne fait que repousser le problème, comme si à force il allait disparaître. C’est un peu la même chose en ce qui concerne votre argent. Envie de satisfaire vos caprices, mais vos revenus sont insuffisants ? C’est pas grave, faites un nouvel emprunt, vous paierez plus tard. Regardez, tous les pays du monde font pareil de toute façon. Fuyez, oubliez, surtout faites comme si rien ne vous touchait, ne bassinez personne avec vos soucis. Ne partagez rien, enfouissez vos aspirations au beau et au vrai pour faire vôtre la médiocrité qui régit déjà le monde, les médias, les pubs, nos écoles, nos idées. Nos gouvernants. Faites comme tout le monde, rentrez dans la danse, prenez part à cette farandole dont personne ne sait où elle mène. Consommez, les produits comme les personnes, restez connectés mais surtout restez seul. Non pas seul avec vous-même, vous risqueriez de finir par réfléchir, mais seul devant votre écran. Il remplit assez bien votre temps, non ? Si vous ne savez pas quoi faire, lui le sait. Dernière chanson à la mode, photo ou info insolite, choquante, voyeurisme sur le profil du copain comme sur celui du plus parfait inconnu, le tout sans effort aucun.

Faire face, pour exister

Assez. Assez de fuite en avant. Assez de médiocrité, assez de pertes de temps affligeantes et d’enfouissement de nos vraies aspirations, de nos vrais questionnements et de nos vraies relations. Faire face à ses soucis, chercher des solutions, travailler et interroger ses idées, voilà une meilleure façon de profiter de l’instant. Parce qu’on se sent exister. Pour le plaisir de se forger soi-même, d’aller à contre-courant, pour la satisfaction de se sentir avancer, d’avoir réglé un souci longtemps enfoui par simple préférence pour la facilité. Mais ce n’est pas seulement une histoire personnelle. On vous fait croire que vos soucis ne concernent que vous, qu’il faut les garder au fond de vous-même. C’est faux. On n’avance qu’en communiquant, m’est avis que c’est essentiellement par nos amis, ou par une simple conversation spontanée mais profonde, que Dieu prend soin de nous. On a trop souvent peur de la profondeur de nos aspirations. Peur de ne pas trouver d’interlocuteur, ou de le faire fuir avec nos problèmes qui ne le regardent pas. Vos problèmes regardent tout le monde, parce que c’est en les partageant que vous trouverez des solutions, de nouvelles voies possibles, de nouveaux angles de vue. C’est en les partageant que vous vous rendrez capables de partager ceux des autres, de vous ouvrir à l’écoute, et non à l’approbation indifférente qui est souvent le lot de ceux qui, mal à l’aise, essaient maladroitement de tendre des perches, d’engager la conversation.

A ce propos, Charles Péguy disait :

« Nous devons devenir saints ensemble. Nous devons arriver auprès de Dieu ensemble, comparaître devant Lui ensemble. Nous ne devons pas rencontrer le bon Dieu l’un après l’autre. Que pourrait-il bien dire si nous repartions l’un sans l’autre ? »

Deux aspects donc : une nécessaire introspection, des rendez-vous assez fréquents avec soi-même pour construire sa pensée, identifier ses aspirations, ses envies, ses défauts. Ensuite les partager, partager ceux des autres pour avancer ensemble vers notre but commun : le Salut. Pourquoi avoir peur de la hauteur, de la noblesse de cet objectif ? Pourquoi jouer les pudiques ?

Heront

Laisser un commentaire

Les balises HTML usuelles sont autorisées. Votre email ne sera pas publié.

Abonnez vous aux fil des commentaires RSS