Dans le monde sans en être

Osez parler de culte !

Le Synode des évêques à Rome attise inquiétudes, espoirs fous et commentaires impérieux. Certains craignent une « protestantisation » de l’Eglise, terme qui sent bon la naphtaline des débats autour de Vatican II, lorsqu’un certain évêque français dénonça une dérive « néoprotestante » de l’Eglise. Pour joindre le geste à la parole, ce dernier fit sécession, au motif que Rome trahissait le message de l’Evangile. Un peu comme Martin Luther, devant la diète impériale.

Pour nombre de catholiques convaincus et conséquents, le protestantisme fait figure du diable. Hérésie, cheval de Troie de l’individualisme, agent du modernisme, les griefs ne manquent pas. Pourtant, lorsque l’on explore la dite « Cathosphère », on constate que le dossier des pièces à conviction est assez léger : quelques citations acides de Joseph de Maistre par-ci (« le protestantisme est le sans-culottisme de la religion »), quelques textes du XIXe siècle par-là. Mais rien de très incarné, peu d’expériences vécues, et beaucoup de schémas reproduits sans réfléchir. En face, l’accusation protestante (surtout chez les évangéliques) est colossale : des kilomètres de versets bibliques, des masses de témoignages indignés, des questions théologiques innombrables contre le papisme. Certes ces pièces à conviction s’attaquent généralement à une caricature du catholicisme, mais au moins, elles sont intégrées, ruminées et appropriées par les procureurs protestants, alors que les commis d’office catholiques se content de répéter des slogans qu’ils n’ont pas cherché à questionner.

Cette disproportion s’explique facilement. Les catholiques français, et surtout ceux qui ne sont guère sortis de leur milieu, ne connaissent pas les protestants. Ils leur semblent constituer un amas difforme de chrétiens dissidents. Les protestants sont les grands inconnus des catholiques français. Ces derniers les ignorent, voire les méprisent, et s’en tiennent à ce qu’ils croient savoir sur eux. Cela a le don de vexer nos amis parpaillots, habitués à se comparer aux papistes. En Angleterre, en Allemagne et aux Etats-Unis, au contraire, les catholiques connaissent bien les protestants, historiquement ou culturellement majoritaires. Ils ne se privent ni de les critiquer, ni d’apprécier leur apport spirituel.

Car si mes frères catholiques se prenaient la peine de fréquenter les protestants, ils verraient que la réalité est beaucoup plus complexe que leur vision binaire et biaisée. Puisque cela leur fait plaisir, citons Maistre :« Qu’est-ce qu’un protestant ? Il semble d’abord qu’il est aisé de répondre ; mais si l’on réfléchit, on hésite. Est-ce un anglican, un luthérien, un calviniste, un zwinglien, un anabaptiste, un quaker, un méthodiste, un morave, etc. (je suis las). » Le protestantisme n’est pas un bloc, c’est un océan de croyances, d’attitudes, de contradictions, mais aussi de réelles richesses édifiantes.

Mes frères catholiques seraient surpris de trouver chez de nombreux protestants une piété ardente, une passion pour l’évangélisation, une simplicité de l’accueil, ainsi qu’un haut sens du sacré qui laboure leurs âmes : un catholique s’interroge-t-il spontanément sur la tentation d’idolâtrie ? Cette attention est très forte chez les protestants. De même, leur connaissance des Ecritures bibliques doit nous faire rougir de honte. Le sens missionnaire des protestants doit également nous interpeller. Chaque année, quand 300 anciens musulmans intègrent l’Église catholique de France, presque dix fois plus embrassent le christianisme chez les protestants évangéliques.

Aujourd’hui, ces richesses spirituelles se trouvent essentiellement parmi ces protestants, à la fois anciens (ils remontent à l’anabaptisme du XVIe siècle) et modernes (ils épousent nombre des codes contemporains), qu’on nomme « évangéliques » et non« évangélistes », à la place de Marc, Matthieu, Luc et Jean. Ils mettent Jésus-Christ au centre de leurs vies, et veulent le glorifier dans leur quotidien. Ils n’ont pas honte de témoigner de lui. Ils prennent la Croix au sérieux. Ils parlent du péché, et appellent à la conversion, parfois violemment et de manière mal ajustée. Même si elle est incomplète, leur stricte verticalité leur fait gagner des âmes au christianisme. A l’inverse, les protestants libéraux s’effondrent et n’attirent pas. Malgré le fossé culturel et dogmatique qui les séparent, il y a plus en commun entre un catholique conséquent, « tradi » ou non, et un évangélique, qu’avec un catholique progressiste. Celui-ci, qui fait primer l’idéologie dominante sur l’Évangile, se sentira plus proche d’un protestant libéral, dont la théologie se confond avec l’esprit du monde.

Dans le contexte actuel, les chrétiens sont marginalisés, l’urgence est de « revenir à la culture de l’âme », comme l’y appelait le futur Pape Benoît XVI dans un ouvrage de 2002 au titre très protestant, La gloire de Dieu aujourd’hui. Les chrétiens doivent retrouver leur élan missionnaire, et s’entre-aider. La division est un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre. Ce qui nous unit, c’est l’amour de Dieu qui déborde de nous-mêmes. Si nous sommes centrés sur le Christ, plutôt que sur nos Eglises ou sur des « projets » communs, une amitié et une communion spirituelles sont possibles entre catholiques et protestants.

Certes, les différences entre nous ne doivent pas être oubliées. C’est pourquoi il faut se former. Les catholiques doivent relire d’urgence Du protestantisme à l’Église, de Louis Bouyer, ancien pasteur luthérien devenu prêtre et théologien catholique. Il affirme clairement que le protestantisme, contrairement aux hérésies, vouées à disparaître, vit des intuitions authentiquement chrétiennes des débuts de la Réforme : revenir à Jésus-Christ, rejeter l’idolâtrie, puiser à la source de la Bible. En revanche, il démontre que ce levain étouffe dans une pâte mauvaise et ne peut s’accomplir pleinement que dans l’Eglise catholique.

Le Cardinal John Henry Newman, célèbre converti au catholicisme, passé par les protestants évangéliques, puis devenu prêtre anglican, n’écrit pas autre chose à un pasteur évangélique de Londres, en 1887 : « Que pourrais-je dire ? Sinon que ces grandes et brûlantes vérités de l’enseignement évangélique apprises lorsque j’étais enfant, ont été imprimées en mon cœur avec une force nouvelle et croissante par la sainte Église catholique ? Cette Église a ajouté au simple protestantisme évangélique de mes premiers maîtres, mais n’en a rien obscurci, dilué ou affaibli. »

Les catholiques doivent être habités par la Parole de Dieu. Contrairement à ce que croient les accusateurs protestants, qui dégainent des versets bibliques contre Marie, le Pape ou les saints, la Bible est pleinement catholique. L’honneur rendu à la Vierge de Nazareth dans l’Eglise n’est que l’écho du Magnificat : « tous les âges me diront bienheureuse » (Luc 1,48). La primauté de Pierre apparaît clairement dans ses mentions, sa place accordée par Jésus. Dans l’Eglise, la Parole« se fait chair »(Jean 1,14) et se déploie grâce à la Tradition, à son interprétation, à sa réception. Le christianisme n’est pas une religion du Livre, ce que semble oublier certains évangéliques, qui limitent la Toute-Puissance divine, sous prétexte que « ce n’est pas écrit ». Luther disait lui-même : « pas de Parole de Dieu sans Peuple de Dieu ».Le Peuple de Dieu, c’est l’Eglise, qui travaille sans cesse à mieux recevoir l’Evangile, avec des siècles de tradition. Sans cela, il n’y a qu’un corpus de textes faillibles, à la merci de mille lectures contradictoires.

Le « péché »du protestantisme, c’est le refus de l’autorité de l’Église, et le tri opéré dans sa doctrine. En ce sens, Luther et ses innombrables successeurs sécessionnistes sont des modernes. Pour être honnête, cette attitude se retrouve chez les catholiques lefebvristes, ou crypto-lefebvristes, qui préfèrent la liturgie au Pape, ou tel ou tel point de la doctrine à un autre. C’est cette racine qui suscite les divisions, et le triomphe du subjectivisme. Mais le miracle du protestantisme, ce qui fait toujours pousser les bons grains de ses débuts, c’est l’accueil de la Grâce : la ferme croyance que Jésus est venu nous sauver, et qu’avec lui, nous pouvons changer de vie.

La rencontre personnelle, de cœur à cœur, entre le pécheur sauvé et son Seigneur, est la flamme du protestantisme. Combien de conversions ai-je vu de mes yeux dans des assemblées évangéliques ? Combien de personnes ai-je vu guéries sur la seule phrase d’un pasteur, qui appelait l’Esprit-Saint à descendre sur elles : « n’oublie pas que tu appartiens à Jésus ! »Combien de protestants, calvinistes de vieille souche ou évangéliques de fraîche date, ai-je entendu dire, avec confiance, que Dieu veillait sur eux ? Qu’ils bavardaient avec lui ? Cette lumineuse proximité spirituelle peut dériver dans la mystique débridée, et la recherche de l’émotion à tout prix, tares de plusieurs Eglises évangéliques, mais accueillie et canalisée, elle est un trésor.

Pour découvrir ces frères chrétiens, pour être bousculés, dérangés et stimulés par eux, allez au culte, mes frères papistes ! Allez au culte ! Si vous craignez la contamination, il y aura toujours une messe du soir pour vous purifier des bacilles protestantes du matin. Allez aux études bibliques, que les catholiques viennent de redécouvrir. Allez rencontrer, allez parler. Etonnez-vous, discutez, expérimentez. Témoignez de ce que vous vivez, comment votre foi résonne en vous. Vous serez surpris, et vous allez surprendre. Tant il est vrai que trop de chrétiens protestants en sont eux aussi restés à leurs idées toutes faites.

Kipling a écrit de magnifiques pages sur le zèle missionnaire des jeunes protestants anglais et américains, qui partaient se faire tuer sur les routes d’Inde, de Birmanie et de Chine à la fin de l’industriel et matérialiste XIXe siècle.« L‘héroïsme, l’échec, le doute, le désespoir et le sacrifice de soi-même chez un vulgaire blanc cultivé sont choses d’importance nulle comparées au salut d’une âme à peine humaine qu’on détourne d’une baroque croyance aux esprits des bois, aux lutins des rochers et aux démons des fleuves. »,peut-on lire dans Le Châtiment de Dungara. Cynique et désabusé, il en concluait que l’évangélisation des« âmes à peine humaines » était vouée à l’échec :« L’Est est l’Est, et l’Ouest estl’Ouest, et jamais ils ne se rencontreront. »

Quand les doctrines semblent infranchissables, il est une manière de les contourner, sans les nier : c’est l’expérience de vie. C’est le parcours personnel. C’est la rencontre avec l’autre, tel qu’il est, pour ce qu’il est. Rien de meilleur pour redescendre sur terre. Pour quitter ses forteresses cérébrales, sans les abandonner. Bien au contraire : plus je me sens moi-même, plus je suis sûr et fier de ce que je suis, plus je peux aller vers l’autre.

C’est pourquoi la perspective de rencontrer des protestants n’effraiera que des catholiques mal assurés. Osez parler de culte. Osez parler du culte protestant. Osez y aller.

Pierre Jovanovic

7 réponses à “Osez parler de culte !”

  1. Maritro

    Cet article tombe à pic! Erasmus à Vienne, cela fait bientôt un mois que je fréquente en même temps la paroisse évangélique et la paroisse catholique. Ma coloc elle-même évangélique m’a proposé au début de l’accompagner, et je me suis lanceé. Et franchement, je ne crois pas que le dialogue soit facile. Je suis revenue de mon petit nuage œcuménique, où “de toute façon nous sommes frères et sœurs en Jésus-Christ”. C’est une paroisse effectivement hyper accueillante, les gens sont d’une gentillesse incroyable, il y a une authentique fraternité (rien à voir avec nos parvis mondains ou avec une gentillesse intentionnelle lourde). Mais au bout de trois semaines et de grandes discussions entre étudiants, j’ai clairement compris qu’ ils pensent qu’en tant que catholique je ne suis pas sauvée. Cela me fait autant bouillir que les tradis qui tiennent encore mordicus au “hors de l’Eglise point de salut”. Et effectivement tous les points de la théologie catholique qui ne se trouvent pas explicitement dans la Bible sont remis en cause et de manière très violente (pas extérieure, hein, mais on perçoit bien une certaine haine de l’Institution). Cela me laisse assez pantoise. Leurs accusations sont d’ailleurs d’une telle précision, d’une telle logique générale que j’avoue avoir été ébranlée dans ma foi (alors que j’ai clairement suivi caté “sérieux” depuis mon enfance et formation étudiante -Even..alors la Parole au cœur de la foi, ce n’est pas la 1ère fois que je l’entends), surtout …lorsque c’est par exemple un ancien catholique irakien d’une redoutable intelligence qui vous répond. La question n’est effectivement pas dans une bataille de versets qu’on se jetterait à la figure mais dans l’origine et la pertinence de la Tradition. Est-ce que oui ou non le Christ a voulu l’Eglise catholique? Et mine de rien, de cette réponse dépend un abîme de différences. Ce que je trouve un peu déprimant, pour l’heure.

  2. Tortue

    Il est certain que le Christ a voulu d’une Institution ( bataille de versets… voir ” tu es Pierre” :))
    Votre expérience montre bien que “le nuage oecuménique” que vous nommez si justement, ne permet pas le combat pour lequel tout croyant, de toute religion d’ailleurs, est( sensé être) formé. Car il est bien question de combat, on se bat bien pour ce ( Celui) qu’on aime, non? Bien sûr que ce n’est pas facile! De plus le débat avec les protestants, en tant que catholiques, est un débat de finesse… mais voyez comme il est utile de discuter avec eux : vous voilà forcée de justifier vos positions, donc à vous former,à affermir votre Foi ( si c’est pas beau!) ( en plus des références de l’article, vous pouvez voir du côté de st François de Sales; cet évêque a passé sa vie à convertir des protestants, en douceur et en finesse… et en plus, il peut éclairer plus d’un catholique sur sa propre vie spirituelle ( moins mondain… plus fraternel. par exemple.) )
    Courage!
    Il n’est pas interdit de bien s’assurer dans sa Foi ( fût-ce de façon très très “intègre”… cela n’empêche pas le débat, au contraire. Pourvu qu’on l’accepte, et qu’on aime son interlocuteur, c’est pas grand chose dit comme ça mais ça compte!)

  3. Pierre Jovanovic

    Chère Maritro,

    Merci pour votre commentaire et votre témoignage !

    Oui, les évangéliques sont convaincus que seuls ceux qui ont « accepté Jésus-Christ comme leur Seigneur et Sauveur » seront sauvés, et selon certains, cela exclut les catholiques, prisonniers de leur Eglise et de leurs superstitions. Le trait est forcé chez les ex-catholiques convertis (comme l’est peut-être l’Irakien dont vous parlez), et chez les évangéliques minoritaires, en butte à un environnement catholique : en Italie, ils sont réputés pour être particulièrement méfiants, voire hostiles, envers le catholicisme dominant, à tel point que les Eglises pentecôtistes ont condamné le pasteur qui avait invité le Pape François (qui se sent très proche des évangéliques) à prêcher dans son église. C’est là que le dialogue, la rencontre et la foi vécue au quotidien est importante : un évangélique, même persuadé que les catholiques ne sont pas sauvés, ne peut pas être insensible à quelqu’un qui prie, qui rayonne de Dieu, et qui témoigne de l’oeuvre divine dans sa vie. Ou alors, il est aveuglé par son zèle. La prière en commun peut également parfois décoincer bien des situations tendues ou conflictuelles.

    En fait, tous les points de la théologie chrétienne tout court ne se trouvent pas dans la Bible : le mot « Trinité » n’apparaît pas tel quel. De même que « incarnation », « double nature divine et humaine » etc. C’est une contradiction des évangéliques de vivre de la Tradition chrétienne, qui a purifié le dogme et écarté les hérésies majeures des premiers siècles, tout en se réclamant du texte seul, et à la lettre, comme si rien ne s’était passé depuis la rédaction des évangiles.

    La logique des professionnels de l’anticatholicisme est impressionnante, mais il faut savoir encaisser, la ruminer, et transformer la frustration en acte positif : c’est une invitation à prier et à redoubler de charité et de compréhension envers eux. Il faut nécessairement se former sur la question : la Bible est pleinement « catholique », et les dogmes catholiques ne sont pas des inventions humaines. Luther et Calvin croyaient en la Présence réelle dans l’Eucharistie (même si l’on passe à la consubstantiation avec l’un, et à une forme adoucie avec l’autre) et vénéraient la Vierge Marie. Le fossé qui s’est creusé depuis tient autant de la nature subjectiviste du protestantisme que de la construction historique en opposition au catholicisme.

    La logique des anticatholiques professionnels (j’entends les évangéliques qui se spécialisent dedans, non ceux qui prient et oeuvrent avec les catholiques) est faillible, en de nombreux points. Il faut être pugnace et ferme avec eux. Comme ils sont entiers, et sûrs de leur doctrine, ils attendent quelqu’un qui n’ait pas honte de ce qu’il est.

    Le fossé de différences peut être déprimant, mais il est là pour préserver notre lucidité, tel l’épine dans la chair de Paul l’empêche d’être orgueilleux. La blessure de notre division est une blessure sur le Corps du Christ, que nous pouvons essayer de soigner, à notre humble niveau.

  4. Benoît

    Chère Maritro, j’ai été dans ta situation : bousculé par l’argumentaire biblique précis des protestants contre certains points de la foi catholique. C’est expérience stimulante (si elle nous pousse à mieux lire la bible en tout cas). Si tu as besoin d’éclairages bibliques et théologiques pour mieux comprendre ta foi n’hésite pas -> @benoitzinho ou sibillebenoitAROBASgmailPOINTcom

  5. Maritro

    Merci beaucoup pour vos commentaires!
    Effectivement, on peut se retrouver dans la prière commune et dans l’importance que tient la foi dans notre vie : on se rejoint sur l’exigence de “donner toute notre vie au Christ “, et c’est déjà beaucoup! Ce qui est fou aussi, c’est de constater des vies radicalement bouleversées par la rencontre du Christ, aussi bien chez les évangélistes que chez les catholiques. Et des figures aussi rayonnantes (par exemple la femme du pasteur est juste ouf de gloire, quoi!). D’où notre propre responsabilité, comme tu le soulignais, Pierre…Et la remarque sur l’occultation des apports conservés malgré tout par le protestantisme est très juste, merci! Je ne crois pas que ceux qui commencent à devenir mes amis soient des “anticatholiques professionnels”, ils sont juste convaincus de chez convaincus mais profondément honnêtes. Mais il y a aussi quelque chose d’énervant dans leur manière d’aborder les discussions, l’idée qu’à partir du moment où tu as eu l’occasion d’entendre “la vérité”, c’est que justement Dieu t’a fait la grâce de l’entendre par leur intermédiaire (sous-entendu, saisis l’occasion au vol au lieu de persister dans l’erreur). Je simplifie un peu mais c’est l’effet que cela donne et que je trouve assez …énervant.
    @benoît merci beaucoup ! Effectivement cela me force à me plonger dans la Bible et c’est trèès bien!! Du coup j’ai un peu du mal avec St Paul et je n’ai pas l’impression d’avoir beaucoup entendu de sermons sur certains passages. Je comptais justement mettre un peu par écrit tous ces raisonnements/doutes/interrogations…alors quand j’aurais un peu mûri tout ça, avec joie, je recevrai conseils&éclairages!

  6. pepscafe

    Bonjour !

    Merci pour cet article. Je constate qu’il soulève un certain nombre de questions parmi vous. Je suis désolé, Maritro, pour l’attitude de certains évangéliques à votre égard. A noter qu’un seul convainc et éclaire : c’est le Saint-Esprit. Et nous sommes “régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole vivante et permanente de Dieu”(1 Pie.1v23)
    Il est donc bien prétentieux, de la part de vos interlocuteurs évangéliques, de prétendre ou de laisser entendre que Dieu “fasse la grâce de l’entendre par leur intermédiaire”. Dieu peut utiliser qui il veut, pour toucher ceux qui ont besoin de l’évangile.
    Sinon, effectivement, seuls ceux qui connaissent « Jésus-Christ comme leur Seigneur et Sauveur » seront sauvés(lire les livres de Jean). Et le protestant évangélique que je suis est aussi convaincu que l’on trouve de telles personnes dans toutes les dénominations chrétiennes, y compris le Catholicisme(je connais quelqu’un qui attend le retour du Seigneur ;-), alors que ce n’est pas nécessairement le cas pour d’autres, y compris des évangéliques ! Et ce, alors qu’il s’agit là de l’un des plus importants des enseignements bibliques : plus de 300 mentions ! Contre 9 pour la nouvelle naissance, 20 pour le baptême, et 70 pour la repentance )
    Cela exclut ceux qui ne sont chrétiens que de nom, quelque soit leur dénomination.
    Mais l’important est de savoir ce que la Bible nous dit de l’Eglise : est-elle une “institution” ou un organisme vivant cf 1 Corinthiens 12, composé des “appelés hors de”, à la fois “invisible”(composée de tous les croyants en Christ) et “visible”(avec une expression locale) ?

    Pour le reste, puisque l’on a parlé de (Saint)Paul, je renvois à ce passage de 1 Corinthiens 3v10-11, qui parle de bâtir : “que chacun prenne garde à la manière dont il bâtit dessus. Car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus-Christ”. Jésus-Christ, Sa personne et Son œuvre à la croix. Et, comme vient de le dire si justement Benoît(que je salue), le cœur du message est effectivement ici : “Christ est mort pour nos péchés, selon les Ecritures; il a été enseveli, et il est ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures.”(1 Cor.15v3-4), ou encore là : Galates 1v3-5, et là : 1 Cor.1v17-31.

    L’essentiel étant enfin de comprendre et de connaître le fondement de notre foi. Une tradition peut être bonne et venir d’une bonne idée. Néanmoins, il convient, à mon avis, d’être prudent, lorsque l’on met sur le même plan(de façon consciente ou inconsciente) la tradition et la Bible : la première finit toujours par supplanter la première. Mais il me semble que c’est la Bible, “vivante et permanente Parole de Dieu”, laquelle révèle et rend témoignage de Jésus-Christ(Jean 5v39), qui devrait faire autorité dans nos vies. L’on a donc bien raison de s’y plonger ! 😉

    En tout cas, j’apprécie ce que je lis régulièrement ici et remercie une fois de plus en particulier l’équipe des “Cahiers” pour son initiative à ce sujet. Merci de façon générale à vous, catholiques, lorsque vous rappelez l’essentiel : notamment l’évangile en action et la compassion de Christ.

    En Christ,
    Pep’s

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