Dans le monde sans en être

Edito : Donner… et recevoir!

Pour changer le monde, il faut faire du bien à celui qui n’est pas en mesure de le rendre.
@Pontifex

Donner est sans doute l’acte le plus irrationnel qui soit. Se séparer de son bien, se priver de ce à quoi l’on a droit, se défaire de sa juste propriété, et ce sans contrepartie. En bref, perdre sans gagner. Mais en général, on ne donne pas n’importe quoi à n’importe qui : on donne ce que l’on a en trop, ce qui ne nous coûte pas, à ceux qui pourront sans doute un jour nous renvoyer l’ascenseur. On donne de son temps à ses amis qui feront de même, on donne son argent à des associations en attendant l’abattement fiscal,… Le don véritable, gratuit et total, ne semble plus adapté à notre société et à ses règles.

En y repensant, ce n’est pas tant le don qui pose problème. Donner est facile : on ne donne que ce que l’on veut, quand on le décide, à qui on le souhaite. Donner, c’est rester maître.

Non, le plus difficile est de recevoir. Accepter ce que l’autre donne sans avoir rien à lui donner en retour que gratitude et reconnaissance. Recevoir, c’est se placer dans la dépendance à l’autre, c’est être débiteur de l’autre sans jamais être certain de pouvoir s’acquitter de cette dette.

Cette inégalité entre celui qui donne et celui qui reçoit, on peut la vivre de bien des manières. Elle peut être domination, elle peut être mépris. Mais elle peut aussi être charité. Quand celui qui donne refuse de se considérer comme supérieur, quand celui qui reçoit ne considère pas sa dépendance comme déshonorante, le don retrouve toute sa splendeur.

Samedi, nous fêterons les Saints, ces hommes et ces femmes qui ont accepté pleinement de ne pas se prétendre maîtres de leurs vies, mais qui ont reconnu qu’elles sont un don que Dieu fait sans contrepartie. Des hommes et des femmes qui ont accepté cette dépendance à leur Créateur, et qui se sont laissés guider par Lui.

FPitois

2 réponses à “Edito : Donner… et recevoir!”

  1. paname

    “La Charité, c’est aussi recevoir”.
    Il me semble que le Franciscain de Bourges disait la même chose dans le film

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