Dans le monde sans en être

Edito : Nouvelle rentrée, vieilles habitudes

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Aujourd’hui, c’est la rentrée. Dans la joie et la bonne humeur, les enfants de France et de Navarre vont retourner sur les bancs de l’école et les politiques vont retourner à leurs responsabilités.

Suite au feuilleton politique de cet été, nouvelle rentrée dit aussi nouveau gouvernement. On pourrait donc aussi espérer un nouveau départ, une volonté de changement. Mais ce sont les vieilles habitudes qui reprennent le dessus. Valls 2 est un remake du précédent gouvernement, sans les personnalités qui ont dépassé une ligne rouge à géométrie variable (rappellons que Taubira, venue soutenir les frondeurs, est encore au gouvernement).

Dans le nouveau gouvernement on retrouve des ministres datant de l’époque Mitterrand, ce qui peut-être le gage d’une certaine expérience, mais aussi d’un non renouvellement affiché des élites. Heureusement des postes clés (Economie, Education, Culture) ont été confiés à des responsables n’ayant pas déjà servi il y a plus de 20 ans. Laisser la place à d’autres, c’est louable. Sauf que les personnalités choisies ont de quoi faire grincer les dents.

Pour Emmanuel Macron, nouveau ministre de l’économie, attendons de le juger sur les actes comme il le demande, plutôt que de lui reprocher alternativement d’être un suppôt de la finance ou d’être un énarque formaté par le système.

Pour notre nouvelle ministre de l’éducation, c’est une autre paire de manche. Najat Vallaud-Belkacem commence fort. Au lieu de se concentrer sur une rentrée qui s’annonce complexe (le ministre précédent ayant quitté le navire), elle préfère ressortir les vieux dossiers comme l’ABCD de l’égalité. On pousse les syndicats, on continue les cirque médiatique du camp du progrès contre le camp des réactionnaires, on ne change donc rien.

Et puis sur la réforme des rythmes scolaires, on hausse le ton “Si des maires n’appliquent pas la loi, les préfets le feront“. L’intimidation est donc de mise. Et depuis le début du quinquennat les socialistes utilisent tous les moyens à leur disposition pour forcer la main du législateur. Ils le reprochaient à Nicolas Sarkozy à juste titre, mais l’histoire de la paille et de la poutre ne se démode jamais.

Quand à notre premier ministre, il a entrepris un exercice de contortionniste qui ne laisse personne dupe. A l’Université d’été du Medef, il prononce un discours tellement pro-business qu’il en parait plus à droite que l’UMP. Mais à l’Université d’été du PS, sous les hués, il martèle le besoin de puissance publique, le côté inattaquable des 35h. C’est peut-être ça le social-libéralisme, un être hybride qui ne sait plus ou donner de la tête.

Quoi qu’il en soit, attendons les actes, esperons. On ne peut que souhaiter la réussite de notre gouvernement puisque c’est l’avenir de notre pays qui est en jeu. Et il faut rappeler que nous n’en sommes même pas à la moitié du quinquennat.

L’Equipe des cahiers libres vous souhaite donc bon courage pour cette nouvelle rentrée.

Fol Bavard

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