En un tragique paradoxe, cette même société apprend à découvrir les maladies psychosomatiques, le corps qui parle quand l’esprit, imbu de sa force, sourd à tous les avertissements, a refusé de reconnaître ses limites, sa faiblesse, sa blessure, ne serait-ce que le temps d’un sain repos. Le corps se doit d’être parfait, modèle idéal, machine indestructible, il est alors adulé; dès qu’il ne l’est plus, il est exécré. On menace de le détruire (“moi, du moment où je serai plus autonome, je veux qu’on m’euthanasie”) ou de le transformer en machine.
Le pis est de voir cette dictature qui nous impose d’être parfaits ou de mourir se parer des oripeaux de la liberté.