Dans le monde sans en être

Edito : Le sang des martyrs est semence de nouveaux chrétiens

Ce mois de juin fut marqué par une actualité bien triste pour les chrétiens du monde. Ne pouvant recenser tous les évènements qui ont lieu, je tenais à revenir sur ce qui s’est passé dans 4 régions du globe:

 

SOUDAN  Meriam Ibrahim a été arrêtée en février, et condamnée le 15 mai dernier à la peine capitale, par pendaison, pour apostasie, pour s’être convertie à la religion chrétienne et avoir épousé l’homme qu’elle aimait. Elle avait en outre écopé de 100 coups de fouet pour «adultère», car selon l’interprétation soudanaise de la charia, toute union entre une musulmane et un non-musulman est considérée comme tel. La Soudanaise avait refusé de renier sa foi, d’autant qu’elle avait précisé qu’elle avait été élevée par sa mère dans la foi chrétienne, son père étant absent pendant son enfance.

Le petit garçon de 20 mois qu’elle avait déjà avait été emprisonné avec elle. Enceinte lors de son arrestation, elle a donné naissance à sa petite fille en prison.

La jeune chrétienne fut enfin libérée mais la joie fut de courte durée car Meriam a été arrêtée le lendemain, le 24 juin, à l’aéroport de Karthoum alors qu’elle s’apprêtait à quitter le pays pour les Etats-Unis. Aux dernières nouvelles, Meriam Ibrahim serait détenue dans un poste de police à Khartoum, tandis que son mari, son fils Martin (21 mois) et sa fille Maya (un mois) seraient gardés à l’ambassade des Etats-Unis. Interdite de quitter le Soudan, l’incertitude pèse sur sa situation et celle de sa famille.

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NIGERIA Les islamistes de Boko Haram seraient à l’origine de nouveaux massacres contre les chrétiens, rassemblés pour la messe du dimanche dans plusieurs églises près de Chibok, au nord-est du pays. L’armée aurait laissé les populations civiles sans défense.

Cela fait plus de deux mois que plus de deux cents lycéennes ont été kidnappés dans cette même région du pays par les islamistes de Boko Haram, 200 adolescentes dont on ignore toujours le sort. Le 24 juin, le village de Kummabza a été la cible de plusieurs attaques du groupe islamiste : une trentaine de personnes ont été tuées et, de nouveau, plus de 60 femmes enlevées.Plus de 60 femmes attaquées et emmenées de force par les terroristes. Le chef du village de Kummabza aurait affirmé, selon une source de l’AFP, que parmi elles, il y aurait des enfants âgés de 3 à 12 ans. Plus de 30 hommes ont été tués pendant cette attaque qui a duré presque quatre jours. Les assaillants ont ensuite tenu tout le village en otage pendant trois jours. L’insurrection de Boko Haram a fait des milliers de morts au Nigeria depuis 2009 et fait chaque jour peser la menace de sa violence sur les populations nigérienne : enlèvements et viols de femmes, enrôlement de force de jeunes enfants, massacres de villages, attentat à la bombe.

 

MOYEN ORIENT Les jihadistes de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), engagés dans le combat en Syrie et en Irak, ont annoncé ce dimanche le rétablissement du califat, le régime politique islamique disparu il y a près d’un siècle. L’EIIL se fait désormais appeler « Etat islamique » et a désigné son chef Abou Bakr Al-Baghdadi comme “calife” et donc “chef des musulmans partout” dans le monde.

 

IRAK Fin juin, nous apprenions que l’EIIL imposait aux derniers chrétiens de Mossoul le statut discriminatoire de «dhimmi», les obligeant à payer un impôt élevé contre une garantie de « protection ». L’impôt s’élèverait à 250$ par personne ; «ils ont le choix entre payer, se convertir ou s’en aller»,  indiquait le père Issa Tahir, de la petite Eglise chaldéenne.

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Il ne resterait aujourd’hui que quelques 500 chrétiens à Mossoul pour une population de deux millions d’habitants. Les chrétiens d’Irak fuient en masse depuis ces dix dernières années, notamment suite à l’invasion américaine de l’Irak qui a fait du pays la cible des islamistes. Deux églises de Mossoul, une chaldéenne et une arménienne, ont été totalement ravagées. Une statue de la Vierge se trouvant en haut d’une troisième église a été détruite. Les jihadistes ont ainsi déclaré que dans un état islamique, il n’y avait place ni pour un évêché ni pour l’Eglise, après avoir mis à sac l’évêché.

Actuellement, 5 chrétiens sont retenus en otages, 2 religieuses chaldéennes ont été enlevées avec trois laïcs, à l’orphelinat de Miskinta à Mossoul.

Les larmes de Mossoul répondent à celles de la ville de Qaraqosh, ville chrétienne prise pour cible par les islamistes, où ont retenti des bombardements entre le 25 et 27 juin dernier. Ses habitants ont fuit en masse vers la ville d’Erbil. Près de 15 000 réfugiés ont été accueillis avant de pouvoir revenir dans leur ville. Le 29 juin, le patriarche syriaque célébrait la messe dans la cathédrale de Qaraqosh et invitait les chrétiens à revenir : “cette ville est la vôtre, cette terre celle de vos ancêtres“. Les besoins sanitaires sont nombreux afin que les habitants retrouvent une vie digne chez eux. Les combats ont cessé mais ils se sont déplacés de nouveaux vers la ville de Mossoul.

Mais en Irak, nos frères chrétiens ne sont pas les seuls à souffrir. D’après un rapport  diffusé par la chaîne de télévision irakienne Al Sumaria, un véritable génocide est en cours contre les populations chiites et turkmènes au nord de l’Irak. Les miliciens sunnites commettent actuellement de véritables crimes contre l’humanité contre ces populations, torturant, exécutant, femmes, enfants, familles entières…

Depuis le début du mois de juin, l’Irak compte un million de déplacés et plus de 2400 morts.

 

SYRIE Les cris et les pleurs de l’Irak font écho à ceux qui retentissent en Syrie. L’EIIL a exécuté la semaine dernière huit rebelles avant de crucifier leurs corps en public dans un village de la province d’Alep. Près de Damas, des rebelles s’opposent à la fois aux extrémistes jihadistes et à l’armée de Bachar al-Assad.

Des tirs d’obus ont fait 14 morts sur la ville d’Idleb, au lendemain de la mort de 27 personnes suite à des raids de l’armée dans cette province du pays. Les ONG dénoncent régulièrement les raids de l’armée comme les tirs d’obus et de roquettes par les rebelles, qui ne font pas de distinction entre civils et combattants. Ailleurs dans le pays, des combats violents ont lieu à la frontière irakienne, entre jihadistes de l’Etat islamique et rebelles alliés du Front al-Nosra (branche syrienne d’al-Qaïda), au lendemain de la proclamation par l’EI d’un califat.

Les chrétiens subissent également les violences des conflits. Mi-juin, 250 familles d’arméniens chrétiens sont revenues dans la ville de Kessab, abandonnée par les rebelles sous la pression de l’armée régulière syrienne. Même si 4 églises ont été brûlées et plusieurs lieux ont subi des dommages, le maire encourage ses habitants, avec un regard plein d’espérance sur l’avenir : « nous rebâtirons tout en mieux ».

Le conflit syrien a fait plus de 162.000 morts et déplacé de leurs foyers plus de neuf millions de Syriens dont 2,7 millions ont trouvé refuge dans les pays voisins (Turquie, Jordanie, Liban, Egypte et Irak). Et, bien évidemment, des millions de Syriens sont toujours à souffrir à l’intérieur de leur pays.

 

Irak1Que Dieu garde nos frères et les console. Ceux qui souffrent. Ceux qui font souffrir. Et si nous ne pouvons offrir notre aide financière, matérielle, humaine, nous pouvons offrir quelques minutes par nos prières. Les chrétiens persécutés pour leur foi sont la sève de l’Eglise depuis son commencement. Ils sont nos exemples. Soyons leur soutien.

 #WePrayForPeace

Ayssalène

3 réponses à “Edito : Le sang des martyrs est semence de nouveaux chrétiens”

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