Dans le monde sans en être

#TerreSainte

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pope-francis-plane-mDu 24 au 26 mai dernier, a eu lieu un événement historique : la visite du pape en Terre Sainte. Voyage hautement symbolique au cours duquel François n’a pas manqué de surprendre par ses gestes et par ses paroles. Largement relayé dans les médias, ce pèlerinage a selon moi manqué de visibilité sur les réseaux sociaux, en raison d’un phénomène simple : le non choix de hashtag 1Petit rappel pour les non initiés hashtag ou mot clé sur Twitter, permet aux utilisateurs de taguer leurs tweets et de créer de la conversation autour d’une sujet, que cela soit pour une émission de télé, un sujet d’actualité ou tout autre événement, que l’on souhaite rendre visible. Lorsqu’un hashtag est souvent cité dans les tweets, il remonte alors en TT (Trending Topics) et le sujet bénéficie alors d’une visibilité nationale voire internationale..

Spontané #oupas

Il arrive assez régulièrement que sur un événement ou un sujet d’actu naisse spontanément un hashtag. Le dernier en date dans la twittosphère catholique est #grosprêtrecool suite à l’appel de Koz pour retrouver un prêtre rencontré dans un train. Tout le monde s’est pris au jeu en y allant de sa petite phrase… Le mot clé n’est pas allé jusqu’à remonter en TT mais a mobilisé un certain nombre de twittos pendant une journée. Mais dans de nombreux cas, le hashtag est soigneusement choisi par l’institution, ou la chaîne de télé qui veut créer l’événement : #Cannes2014, #ONPC, #Sotchi14 etc. Le mot clé est donc défini, et communiqué de manière “officielle” sur un site, dans les tweets et relayés auprès des influenceurs et autres twittos actifs. Or sur le cas qui nous intéresse, chacun, media, twitto, blogueur, institution, agence, y est allé de son propre hashtag, créant ainsi une déperdition d’énergie telle, qu’évidemment, rien n’est arrivé en TT (je parle du lundi 26).

On a vu pas mal de #papeFrançois, quelques #TerreSainte (ici ou ), on a vu aussi du #pape tout court, du #YadVashem… Mais aussi du rien du tout (, ou ). Ah oui j’oubliais, évidemment, pour compliquer encore les choses, le #PopeinHolyland.

En voyant cela évidemment, mon sang de CM 2CM = Community Manager : personne en charge de l’animation d’une communauté sur les réseaux sociaux, pour faire bref. n’a fait qu’un tour. J’ai envoyé quelques tweets et DM pour suggérer un hashtag commun (#TerreSainte en l’occurrence) qui ont été reçus de manière très positive, mais bien évidemment trop tard pour qu’il se passe quelque chose. Merci à tous ceux qui ont RT. Un hashtag commun et un peu d’organisation auraient également bénéficié à tous les médias non-confessionnels et aux institutions souhaitant live-tweeter l’événement. Et vice-versa.

Oui mais…

A ceux qui disent que les cathos ne sont pas nombreux et que ce n’est pas évident, je réponds qu’une telle mobilisation a déjà existé. Je ne parle pas de la Manif’ pour tous, qui reste un exemple de mobilisation on line mais je pense au voyage du pape Benoît XVI au Liban en 2010. J’avais contacté via Twitter le compte officiel de l’organisation du voyage pour leur demander le hashtag francophone et celui qui avait été retenu était #papeauliban. Ce hashtag a bien circulé dans la cathosphère et, après motivation d’une grande partie suite à une #FASM, on a vu ce jour-là une véritable mobilisation pour LT le voyage du pape. Le défi évidemment étant de le faire remonter en TT, ce qui fut le cas, entre midi et deux certes, au moment où il y a moins de monde, mais quand même. Ensuite, la cathosphère s’était précipitée dans la foulée sur un autre sujet, mais ceci est un autre débat. D’ailleurs, c’est sans doute là qu’il faut aussi chercher la responsabilité de cet “échec” de #TerreSainte : l’actualité de ce lundi 26 mai, lendemain d’élection, terni par les résultats que l’on connait. Twitter a alors été le lieu de la consternation, du défouloir, de la peur ou de l’incompréhension, plus que de la joie de pouvoir entendre l’apôtre de la paix. Une autre hypothèse pourrait être que le conflit israelo-palestinien n’intéresse pas les catholiques en France et que la situation des chrétiens vivant en Terre Sainte leur est indifférente. Possibilité que je ne peux ou n’ose retenir.

Faire mieux ?

Alors comment faire pour que les institutions, médias, agence, twittos, journalistes présents sur place tweetent avec un hashtag commun ? Lorsque cela n’est pas spontané eh bien, il faut que quelqu’un en choisisse un. Oui mais qui ? Très bonne question. Etait-ce à news.va.fr de décider ? A l’Oeuvre d’Orient ? A la Cef ? A un journaliste averti et sensible au sujet ? Si cela marche chez les ados pourquoi ne verrait-on pas de temps à autre #TerreSainte ou #Carême arriver en TT entre #Citeunplatchelou et #TasRatéTaVieSi ?

Bref n’ayons pas peur d’être des créateurs de hashtags. Notre lisibilité et visibilité aux périphéries ne pourra qu’en être renforcée.

Sylvie Carnoy

Le Spirituel D’abord

Notes :   [ + ]

1. Petit rappel pour les non initiés hashtag ou mot clé sur Twitter, permet aux utilisateurs de taguer leurs tweets et de créer de la conversation autour d’une sujet, que cela soit pour une émission de télé, un sujet d’actualité ou tout autre événement, que l’on souhaite rendre visible. Lorsqu’un hashtag est souvent cité dans les tweets, il remonte alors en TT (Trending Topics) et le sujet bénéficie alors d’une visibilité nationale voire internationale.
2. CM = Community Manager : personne en charge de l’animation d’une communauté sur les réseaux sociaux, pour faire bref.

5 réponses à “#TerreSainte”

  1. Incarnare

    Au-delà de la mécanique des hashtags, une des raisons de cet engouement limité n’est-elle pas que l’internaute moyen n’a pas pour vocation de suivre à la minute les voyages pontificaux.

    S’il y a des médias, c’est justement pour relayer les événements-clés, rapporter les paroles fortes !

    La lecture a posteriori du discours du Pape à Yad Vashem (par ailleurs largement diffusé sur les réseaux) constitue-t-elle un manque de communion par rapport au livetweet ?

    Je comprends la frustration de la CM qui cherche à créer l’événement. Mais ne tombons pas dans la réduction à l’instantané lointain, qui nous éloignerait de notre “ici, aujourd’hui”, moins fort politiquement, mais plus concret, plus “prochain” pour nous.

  2. Le Spirituel D'abord

    Merci de ce commentaire qui me permet de préciser ma pensée, car je me suis peut-être mal exprimée.
    Il y a deux choses en effet. “L’internaute moyen n’a pas pour vocation de suivre à la minute les voyages pontificaux” : bien sûr mais “l’internaute moyen” peut être le relais de paroles fortes selon sa motivation et le temps dont il dispose. Si déjà tous les tweets postés ce jour là avec eu le même hashtag, cela aurait permis déjà une unité (n’est-ce pas à cela que nous sommes invités ?)
    Ensuite, il ne s’agit pas d’un “manque de communion par rapport au LT” mais d’un manque de coordination pour une meilleure visibilité.
    Là où par contre je ne te rejoins pas du tout c’est l’ “instantané lointain”. Le problème de la paix au Proche-Orient est un problème qui se cristallise malheureusement concrètement dans notre propre pays. Donc se préoccuper de la paix en Terre Sainte, c’est plus que jamais se préoccuper de notre prochain.

  3. Padre François

    Merci beaucoup pour cet article, effectivement un seul hashtag permettrai de suivre rapidement l’actu, je ne suis pas rivé 24h/24 sur mon fil actu, mais lors d’un événement comme un voyage du Saint Père ou autre j’aime voir différents points de vue… Le hashtag commun, permet cela, ce qui est parfois difficile lors d’un événement ecclésial.
    Exeption à souligner, les #JMJRio.
    La question qui demeure : qui pour proposer le hashtag non pas français mais francophone…?

  4. Incarnare

    Je ne suis pas certain que traçabilité soit synonyme de visibilité.

    Je m’explique : chacun voit d’abord les tweets postés par ses contacts. Je ne connais personne qui regarde le TT pour savoir quel twitto il va lire aujourd’hui.

    Ainsi seuls ceux qui sont déjà fortement captives par un sujet vont lire le hashtag. Des hashtags en ordre dispersé ne desservent finalement que ceux-là et ceux qui désirer se compter. (Tentation contre laquelle la bible nous avertit !!)

    Je partage cependant ton souci de mots communs pour aller ad extra. Plus par souci de lisibilité que de visibilité.

  5. Le Spirituel D'abord

    @PadreFrançois : merci pour votre commentaire. Après renseignement auprès d’un prêtre travaillant à la communication du Vatican, le choix du hashtag peut très bien être proposé par les twittos eux-mêmes. Car comme le dit le pape François dans Evangelii Gaudium “le troupeau lui-même possède un odorat pour trouver de nouveaux chemins”.

    @Incarnare : dommage que tu sous-estimes l’importance des TT. Dans ces cas-là pourquoi est-ce un enjeu pour certaines émissions de télé d’y apparaître ? Une TT peut faire remonter un événement ou le sujet de conversation du jour que tu n’aurais pas vu par le biais de tes contacts. Pour moi regarder les TT, outre dans le cadre du boulot, c’est rester connectée à ce qui occupe ou préoccupe la twittosphère. C’est l’exact contraire du communautarisme.
    Contente que l’on soit d’accord sur le choix d’un hashtag commun, qui par conséquent permet d’être visible.
    Au plaisir d’en discuter de vive voix !

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