Dans le monde sans en être

“L’importance des élections européennes pour les questions familiales” (Interview de Europe For Family)

Quentin, 25 ans, est élève avocat. Engagé dans La Manif Pour Tous depuis janvier, il est en charge de la stratégie à adopter pour les élections européennes et répond aux questions des Cahiers Libres.

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Bonjour Quentin, tu es engagé dans Europe for Family, peux-tu nous présenter ce que c’est ?

Europe for Family est une opération lancée par La Manif Pour Tous pour poser les bases d’une action solide et durable au sein des institutions européennes, en faveur de la famille et de l’enfant. Notre objectif pour les élections est de faire en sorte qu’un maximum de députés « pro-familles » soient élus. Nous avons donc rassemblé les points qui nous semblaient fondamentaux dans un recueil de 8 principes à l’égard desquels les candidats ont été invités à se positionner. Puis, nous reportons leurs réponses dans une sorte de grand baromètre à l’intention des électeurs, sur le site www.europeforfamily.eu.

Que souhaitez-vous mettre en œuvre pour faire entendre les enjeux de la famille au niveau européen ?

Notre volonté est de porter du fruit à long terme. Pour cela nous nous sommes fixés deux objectifs : d’une part, favoriser la création d’un intergroupe parlementaire qui permette aux députés de coordonner leurs actions en faveur de la famille et de les inscrire dans la durée – en ce moment, grâce aux principes, nous détectons les futurs députés qui pourraient y participer. D’autre part, participer à la création d’une plateforme d’associations issues des pays membres pour soutenir l’action de l’intergroupe, ancrer sa réflexion dans les réalités locales et coordonner les mobilisations entre les 28 Etats membres. Sur ce point nous souhaitons appliquer le principe de subsidiarité : les associations se donnent un objectif commun et chacun participe à l’atteindre selon son mode propre. Par exemple, à petite échelle, la Pologne et l’Allemagne ont souhaité reprendre l’action d’Europe for Family, dans leur pays, selon leurs spécificités. Leurs sites sont consultables ici et .

Vous vous êtes très mobilisés autour des élections européennes de dimanche. Pour beaucoup de Français le Parlement européen est une institution lointaine, en quoi ce vote est-il si important pour les questions liées à la famille ?

Le Parlement européen s’immisce de plus en plus dans les questions familiales. S’il ne peut pas le faire directement, la famille n’étant pas une compétence européenne, ses politiques ont un impact très fort sur elles. A titre d’exemple on peut évidemment citer le récent rapport relatif à la santé et les droits sexuels et génésiques rédigé par l’eurodéputé Edite Estrela ou celui sur la feuille de route de l’UE contre l’homophobie et les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre défendu par l’eurodéputé Ulrike Lunacek. Mais ce ne sont que deux rapport parmi d’autres, qui ont fait du bruit grâce à notre vigilance et celle de nos partenaires associatifs européens. Cela fait des années que des textes similaires sont adoptés dans la plus parfaite indifférence. L’élection est le moment de changer les choses en pesant de tout notre poids en faveur de candidats en position éligibles sensibilisés et prêts à agir.

Sur votre site internet vous faites un panorama des différents candidats pour la France aux élections européennes et de leurs prises de positions sur les questions familiales. On pourrait se demander si cet unique sujet est suffisant pour juger un candidat. Quelle place pensez-vous que le thème familial doit avoir parmi l’ensemble des problématiques en jeu dans ces élections ?

Je considère qu’il faut savoir juger un candidat sur l’ensemble du projet qu’il propose pour l’Union européenne. Cependant, je suis convaincu qu’aucun programme ne saurait porter du fruit à long terme s’il n’est enraciné dans des valeurs solides et clairement assumées. Dimanche, je choisirai une liste dont les candidats m’auront clairement exposé quel projet concret ils souhaitent et sur quelle conception des rapports humains ils le fondent.

Pour bien agir en France, il faut donc agir en Europe. Que peuvent faire ceux qui nous lisent pour faire changer les choses ?

Leur devoir de citoyen : aller voter ! Pour savoir pour qui, ils peuvent consulter les listes des candidats, leur programme et les valeurs qui le fondent sur le site www.europeforfamily.eu. Il a été conçu pour cela. Autant en profiter… !

Propos recueillis par Benoît.

3 réponses à ““L’importance des élections européennes pour les questions familiales” (Interview de Europe For Family)”

  1. DigniFax

    Article très clair.

    Le travail d’Europe for Family pour les cinq prochaines années nécessite des élus aux convictions solides, avec un programme européen et pragmatique et à coeur de porter une UE fidèle aux intuitions de Robert Schuman. Vous les trouverez sur le site.

    N’oubliez pas de vérifier leur éligibilité car l’élection n’est qu’à un tour (5% des voix minimum) içi par exemple : http://www.lemonde.fr/europeennes-2014/article/2014/05/17/les-sondages-des-elections-europeennes-en-france_4420406_4350146.html

  2. Oscar Andino

    Ce serait honnête de publier les résultats par parti lorsqu’on considère (ce qui est mon cas) que les positions sur les questions familiales font partie des critères de choix pour des élections.
    23 candidats ont signé les engagements pour la famille. Parmi eux, 9 UMP sur 20 élus et 14 FN sur 24 élus.
    Deux conclusions:
    1/ La famille sera davantage défendue au parlement européen par les élus du FN.
    2/ Au FN, les défenseurs de la famille sont davantage en position éligible (58% des élus sont “pro-famille” contre 45% à l’UMP).
    Ca ne fait pas du FN un parti 100% famille, loin de là, donc la prudence reste de mise, tout comme elle l’est vis-à-vis de l’UMP.

  3. FPitois

    @Oscar :
    Non, la famille ne sera pas mieux défendue par le FN. Pour la simple et bonne raison que le FN refuse de jouer le jeu bruxellois. Les statistiques des eurodéputés LePen père et fille sont sans équivoque : le strict minimum, pour toucher la rémunération… Confier la défense de la famille au FN, c’est la confier à un avocat dont on sait qu’il ne viendra pas au procès.

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