Dans le monde sans en être

Joie pascale dans un temps sombre

Nous sommes toujours les héritiers d’une tradition. Et nous avons hérité la tradition de mai 68, cet héritage est une dette publique qui s’accumule année après année. Maintenant il est certain que la dette doit être payée. Les politiciens nous assurent même que cela sera presque agréable, sans souffrance et que l’on s’en apercevra à peine. Or qui va payer en premier ? Les plus faibles, ceux qui ne peuvent pas encore s’organiser dans des cortèges de manifestation ou bloquer les transports publics : la jeunesse. Et elle est en train aujourd’hui de verser un lourd tribu.

Nous connaissons tous l’insécurité de l’emploi ou bien les emplois précaires : dits « emplois d’avenir », la rémunération au SMIC mais il y aura encore pire car le plan d’austérité s’annonce. Il est sûr que notre génération aura beaucoup plus de problèmes à régler que la génération précédente. Comment peut-on être jeune et espérer dans l’avenir ? Voici l’inquiétude de nos jours. Voici aussi le mensonge de nos jours, comme si l’économie pouvait résoudre les questions existentielles ou bien nous apporter le salut et la paix éternelle pour l’âme ! L’avenir n’est pas une notion économique mais bien métaphysique. L’espérance placée dans le progrès économique est une espérance vide car elle est de l’ordre des moyens. Et prendre les moyens comme fins détourne l’homme de sa vraie destinée.

C’est le tombeau vide retrouvé par les disciples qui nous donne une réponse face à nos inquiétudes. Il nous révèle l’objet véritable de notre espérance : le salut de tout le genre humain par Celui qui a vaincu la mort. Même si d’innombrables soucis nous envahissent, le tombeau du Christ reste toujours vide, car Il est vivant. La résurrection du Christ n’est pas une utopie ni une idée pour que le monde devienne habitable. Non, la résurrection du Christ est une issue de secours pour tous, car même dans le mal le plus grand et le mal définitif, la mort, il y a une issue dans la vie éternelle avec le Christ. Cela vaut pour toutes les sortes inimaginables de maux, il y a toujours une issue pour le plus grand bien. L’espérance n’est pas une utopie, mais son objet est en même temps son fondement. La résurrection a déjà bien eu lieu, la mort a déjà été vaincue. Voici le message principal de Pâques. Il suffit de reconnaître dans son cœur les paroles de Sequance Victimæ paschali laudes :

Dic nobis Maria, quid vidisti in via ?
Sepulcrum Christi viventis, et gloriam vidi resurgentis
(Dis-nous, Marie, qu’as-tu vu en chemin ?
J’ai vu le tombeau du Christ vivant et la gloire de sa résurrection)

Même si l’on sent que l’époque abandonne la jeunesse ou bien la sacrifie pour payer les retraites ou la dette publique, il y a déjà dans cette solitude Quelqu’un qui chemine avec elle, comme Il a déjà cheminé avec les disciples d’Emmaüs même s’ils ne Le reconnaissaient pas. L’issue de ce temps sombre est ouverte encore faut-il la reconnaître.

 Mathias Siroky

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