Dans le monde sans en être

Faire front contre les extrêmes : FDG et FN, même combat

Front-de-Gauche-Front-national[1]

Front-de-Gauche-Front-national[1]

De « la gauche de la gauche » à « la vague bleu marine », bien des euphémismes sont utilisés pour parler des extrêmes en politique. Extrême-droite, extrême-gauche, chaque parti de gouvernement semble avoir son pendant contestataire. Il y a une analogie entre ces partis, et si elle n’est pas parfaite, elle mérite d’être exploitée.

Bien des hommes politiques, dans leur jeunesse, ont flirté avec les extrêmes et leur logique contestataire sans compromis. Mais quand viennent les débats politiques, il semble clair que les extrêmes ne sont pas des partis comme les autres. Situés à l’opposé de l’échiquier politique, l’extrême gauche et l’extrême-droite semblent être l’antithèse l’une de l’autre.

Je suis convaincu de la bonne foi de bien des adhérents de ces partis. Je suis même persuadé que pour la plupart, ils ne sont pas haineux. Mais je suis aussi convaincu qu’ils ne font pas le bon choix. Le choix n’est pas le bon, pas forcément pour les idées, qui peuvent être défendables (défendable ne veut pas dire bonne), mais pour l’esprit qui anime ces partis, leur démarche, qui elle est très contestable. Ne pas lancer d’anathème sur nos concitoyens aux opinions plus extrêmes permet de réfléchir plus sereinement sur leurs idées. Le propos de ce billet n’est pas de juger les militants, mais de réfléchir aux idées et aux orientations générales de ces partis.

S’asseoir aux deux extrêmes d’une salle de débat n’est pas vraiment une preuve de différence. Loin de là. Et sans s’interroger sur ce qui fait l’essence de la droite et de la gauche (si tant est qu’il y en ait une), il est possible de remarquer des similitudes entre le front de gauche et le front national. Et puis de voir que bien des différences, qu’on tente d’opposer à ces similitudes, sont basées sur du vent. Alors, accepter une différence de traitement entre les extrêmes n’est pas un comportement cohérent.

La convergence des extrêmes dans le populisme et la contestation

Il faut être aveugle pour ne pas constater que ces deux partis sont un peu agressifs. Chacun a désigné ses boucs-émissaires et développe une rhétorique de rejet, agressive et presque haineuse à leur encontre. Pour le FN, ce sont les immigrés, pour le FDG, ce sont les riches (la nouvelle version des bourgeois). Evidemment, ces partis ont d’autres boucs émissaires. Les Juifs par exemple 1Perçu depuis longtemps comme une élite tirant les ficelles un peu partout, le peuple élu cristallise le rejet, à l’extrême droite comme à l’extrême gauche. Si cela n’étonne personne venant de l’extrême droite, cela peut surprendre un peu venant de l’extrême gauche, et pourtant. Cela embarrasse grandement l’encadrement du FDG d’ailleurs. Mais si ce sont encore les votants qui décident, alors l’extrême gauche aussi baigne dans l’antisémitisme. Le bouc émissaire est une issue bien pratique pour s’abstenir de réfléchir.

Et aux propos récurrent sur leurs boucs-émissaires, s’ajoute une dénonciation pêle-mêle de maux sans frontière et sans visage : la finance, la mondialisation, l’Union Européenne, les élites, les lobbies, le système, etc. Tout un programme, ou pas. On ne dirige pas un pays en passant son temps à dénoncer tout le monde. Accessoirement, prétendre changer le système en un claquement de doigt est illusoire. La révolution dévore ses propres enfants. Une logique anti-système est un confort intellectuel. Mais on ne peut pas sauver le monde d’un coup de baguette magique. A vrai dire, je suis convaincu qu’on devra attendre la parousie pour enfin arriver à quelque chose de parfait. Mais en attendant, on peut faire de son mieux pour améliorer le modèle existant.

Accuser les autres, remettre la faute sur un bouc-émissaire indéfini, c’est une logique populiste. C’est bien plus convaincant de dire qu’on peut changer le monde parce que c’est la faute des autres. Mais c’est aussi une erreur.  Il faudrait plutôt se demander ce qu’il faut changer en nous-même.

Des programmes semblablement irresponsables

Un article de Libération répertorie assez bien les points de convergence, mais se trompe sur les divergences. Loin d’estimer que le monde est fait d’interactions complexes et d’équilibres précaires, les fronts des extrêmes pensent tout changer d’un coup de baguette magique, alors que leurs solutions sont clairement néfastes. Les programmes de nos extrêmes sont étonnamment proches. Pour s’en convaincre, il faut prendre la peine de lire le programme du FN et le programme du FDG.

Sur les convergences, on peut remarquer la critique du marché et de la libre concurrence, la possible sorti de l’euro, la nationalisation des banques françaises, la lutte contre les hauts salaires, l’augmentation des salaires sans contrepartie, etc. On pourrait continuer longtemps. Globalement, l’extrême Droite et l’extrême Gauche sont pour un interventionnisme intensif, peut-être sont-ils persuadés de détenir la vérité nue et complète. Et le FN s’est clairement rapproché des positions du FDG, parce que son électorat est maintenant en grande partie composé de l’électorat traditionnel du FDG. En effet, Le succès du FN auprès des plus démunis n’est pas anodin. Le FDG perd son vivier habituel et hautement symbolique. Ces transferts marquent l’existence d’une convergence, le passage d’un extrême à un autre sans passer par le centre ne se faisant qu’à cette condition.

Mais très vite, quand on parle de convergence entre les extrêmes, viennent les défenseurs du front républicain, pour qui le FN représente la bête immonde, là où le Front de Gauche n’est qu’un peu excité. Mais les différences qu’on nous tend sont basées sur du vent. Et faire une distinction entre les extrêmes en devient néfaste.

Des différences basées sur du vent

Les différences se trouvent sur la forme, sur les grands axes du discours de ces partis. Le Front de gauche veut que le monde baigne dans un internationalisme pour des lendemains qui chantent. Le Front National veut un retour à la source pour que chaque français retrouve fièrement son identité et puisse s’enorgueillir de la grandeur de son pays. Pour les lendemains qui chantent, il y en a qui ont essayé, et ils ont eu des problèmes. Pour la réaffirmation de l’identité éternelle et immémoriale de la France de toujours, il y en a qui ont essayé, et ils ont eu des problèmes.

Le Front de Gauche lutte contre l’exclusion et la pauvreté, qui peut sincèrement le lui reprocher ? Le Front national lutte contre l’insécurité et la perte de repères, qui peut sincèrement le lui reprocher ? Mais ces partis se trompent dans leur façon d’aborder les problèmes. On peut par exemple penser que les immigrés sont traités de façon inadmissibles et en même temps trouver qu’il n’est pas absurde de vouloir se concentrer sur la misère de nos concitoyens avant de vouloir sauver la terre entière. Mais se focaliser sur l’un ou sur l’autre, ne communiquer que là-dessus, en prétendant sortir des millions de nulle part pour changer le monde, c’est dangereux, parce qu’un pays ne se gouverne pas avec pareille irresponsabilité.

Un traitement dangereusement différent

Deux extrêmes aux programmes économiques proches, avec la même logique populiste et contestataire, tout aussi irresponsable l’un que l’autre, et pourtant deux traitements différents. Cette différence de traitement est assez notable : un seul des deux extrêmes serait fréquentable, le gauche. Le FN est conspué, là où le FDG est toléré. L’un est la bête immonde, l’autre est une version plus musclée du PS.

Aux municipales par exemple, une alliance FN/UMP n’était pas envisageable, là où les alliances PS/EELV/PG étaient légions. Et quand on parle de bruit de botte, de bête immonde, des heures les plus sombres de notre histoire, on n’imagine souvent qu’un seul des deux extrêmes, pas toujours le bon. Et pourtant dans les meetings du FDG, les drapeaux du Parti communiste sont légions. Il n’est pas la peine de rappeler que partout où il va, le marxisme fait des ravages. A l’inverse, le FN est beaucoup plus vigilant sur ces symboles, même les sorties sur les immigrés ou la shoah sont sanctionnées. Voilà une différence intéressante. Au moins l’un des deux prend la peine de maquiller son héritage sombre.

Et voilà aussi deux partis qui se haïssent de trop se ressembler, et dont les convergences sont rapidement camouflées par des discours dont la forme diffère, mais le fond demeure. La différence de traitement repose alors sur du vent, car ces deux partis sont tout aussi dangereux l’un que l’autre.

Une différence de traitement stratégique, au service de la gauche.

La gauche, pour éteindre le FDG, l’a rendu fréquentable. En acceptant d’être fréquentable, le Front de gauche a gagné des sièges, mais a perdu des électeurs. Le programme est le même, le discours aussi, mais il ne tient plus quand on fait partie du système. Le FDG ne l’a pas perçu, rêvant des scores du PCF, le FN l’a bien compris.

Ce que la gauche, elle, a bien compris, et que la droite peut difficilement admettre vu la diabolisation du FN, c’est que les électeurs extrêmes ne sont pas haineux ni assoiffés de sang. Il n’y a pas 30% de Néo-nazis en France. Penser que les électeurs frontistes sont tous des fascistes, c’est absurde. Il s’agit plutôt d’une population qui cède à la solution de facilité, préfère rejeter la faute sur des boucs-émissaires plutôt que sur eux-mêmes, et en vient à rejeter le système entier plutôt que de vouloir le réformer par petite touche.

Les électeurs du FDG vont vers le FN car celui-ci a gardé son pouvoir de contestation. On parle souvent de stratégie de dédiabolisation du FN de la part de Marine Le Pen. Je ne suis pas sûr que cela soit exact. Le fait que le « nouveau » FN ne soit plus coutumier des remarques racistes et autres considérations douteuses sur la shoah ne tient pas de la dédiabolisation. Le racisme explicite n’est plus rentable politiquement, tout comme l’antisémitisme primaire. Et puis ces attitudes sont fondamentalement absurdes. Il y a toujours des marginaux convaincus de ces absurdités, mais réduire l’extrême droite à ces énergumènes, c’est se tromper de cible.

Le FN a tout intérêt à être le seul parti réellement contestataire. Et se rapprocher de lui n’est pas le meilleur moyen de le dégonfler. Le meilleur moyen est de repousser le Front de gauche loin du front républicain. Les deux extrêmes sont dangereux, traitons les de la même façon.

Une nécessité : remettre chacun des extrêmes à sa juste place

Si la droite veut réellement combattre le FN, qu’elle attaque le FDG pour ce qu’il est : l’alter-ego du Front national. En rendant au front de gauche sa place de parti contestataire, en le rendant infréquentable, les scores du FDG augmenteront surement. Cela se fera au détriment du FN, qui perdra une partie de ses électeurs contestataires, et au détriment du PS, qui verra fuir une partie de son aile gauche, déçue de Hollande.

Et remettre le FDG loin de la politique, c’est aussi maintenir loin de nous ses idées. En rendant le PCF (puis le FDG) fréquentable, le PS a permis à ses idées de se diffuser, puisque depuis 33 ans le programme du PCF a systématiquement été appliqué par les politiques. L’urgence n’est donc pas simplement au niveau du nombre de voix, mais aussi du débat d’idées. Il faut s’insurger envers le FDG comme on s’insurge envers le FN. Ce qui est reproché au FN peut souvent être reproché au FDG. Les éléments de langage condamnant l’un peuvent aisément être reproduits pour  dénoncer l’autre.

Deux partis extrêmes, à la ressemblance trop grande pour être ignorée, méritent le même traitement. Rendre le FN fréquentable pour diminuer son potentiel contestataire présente de trop grands risques, alors c’est le Front de gauche qui doit  être déclaré infréquentable. « FN et FDG, même combat », c’est voir que les deux combattent de la même manière, pour des causes semblables. Mais c’est aussi voir qu’on doit les combattre de la même façon. Après l’UMPS (ou la version « PS-Medef » du FDG), voici FNDG, le Front National de Gauche, l’union des extrêmes.

Pour dégonfler la baudruche du FN, il faut rendre le Front de Gauche infréquentable.

Fol Bavard

Notes :   [ + ]

1. Perçu depuis longtemps comme une élite tirant les ficelles un peu partout, le peuple élu cristallise le rejet, à l’extrême droite comme à l’extrême gauche. Si cela n’étonne personne venant de l’extrême droite, cela peut surprendre un peu venant de l’extrême gauche, et pourtant. Cela embarrasse grandement l’encadrement du FDG d’ailleurs. Mais si ce sont encore les votants qui décident, alors l’extrême gauche aussi baigne dans l’antisémitisme

16 réponses à “Faire front contre les extrêmes : FDG et FN, même combat”

  1. Vieil imbécile

    Je crois…
    Je crois que ces deux extrêmes, et probablement plus encore les électrons libres qui gravitent autour de ces deux extrêmes, sont un nécessaire poil à gratter. Nous avons trop tendance à nous gratter confortablement nos bidons repus, alors qu’eux nous “obligent” à nous gratter jusqu’au sang. L’intérêt – pour nous – des extrêmes n’est qu’exceptionnellement dans les solutions : se concentrer sur elles et les démonter consciencieusement nous fait certes plaisir en nous aidant à croire en notre propre brillance, mais on passe ainsi à côté du diagnostic qui lui est souvent pertinent. Je crois que nous avons besoin de ces diagnostics des extrêmes. À “nous” d’imaginer les solutions réalistes, intégrantes et non bouc-émissairisantes. Et pour cela, étudions en profondeur le mal-être jaillissant des extrêmes.
    Quant à leur traitement… je suis d’accord avec le fait d’essayer de les traiter de la même manière. Mais plutôt traiter l’extrême droite comme on traite aujourd’hui l’extrême gauche !
    Face à une “population qui cède à la solution de facilité” comme tu le dis bien ; face à des électeurs “qui ne sont pas tous des fascistes” 🙂 ; face à des personnes qui sont en souffrance, faut-il se retirer et les rendre infréquentables ? je crois… que c’est le meilleur moyen de voir leurs rangs grossir.
    Ne rendons jamais les personnes ou les entités infréquentables : fréquentons-les au contraire, écoutons la raison de leur ire, tout en leur affirmant en quoi leurs solutions sont, elles, infréquentables. L’extrême-solution est le fruit de l’extrême-rejet. Préférons l’extrême-compréhension qui permettra d’administrer – un jour – l’extrême-onction aux extrêmes-exclusions.

  2. Fol Bavard

    Je suis tout a fait d’accord ! J’aurais bien fait un article là dessus, après.

    A un journaliste qui lui lance lors d’une remise de médaille : « Alors Godard, vous qui êtes un auteur marginal… », Godard répond : « La marge, c’est ce qui tient les pages ensemble ». Ici, la marge est vue comme un facteur unité. En effet, la marge en tant que marge, remet en cause le milieu, et l’oblige à une autocritique.

    Eh bien les extrêmes sont nos marges. Et ces marges apportent, à droite comme à gauche, une forme de renouvellement. Ce renouvellement vient parce que la contestation met le doigt sur des points d’échec. La liberté de ton qu’il est difficile d’avoir au sein d’un parti, les extrêmes la cultivent… à l’extrême. Tout est bon pour affaiblir le parti de gouvernement. Une sorte d’opposition renforcée. Mais cette opposition est en général plus tournée vers le « système » que réellement vers le pouvoir en place. C’est le « UMPS » à l’extrême droite, le « PS-Medef » à l’extrême gauche. Et les solutions sont souvent à l’image de ses partis.

    Je fréquente sans problème les militants, mais je rejette la logique de ces partis, et je combat leurs idées. La disputation fait naitre d’autres idées, aussi.

  3. Numéro 712

    Pour avoir vécu dans une République Populaire, je ne comprends pas pourquoi les symboles du communisme ne sont pas mis à l’index en France. Sous couvert de cette idéologie, n’a t’on pas tué des millions de morts, expérimenté les systèmes concentrationnaire, etc ?

    Il faudrait un front républicain contre les candidats de cette mouvance au moins aussi ferme qu’il est évoqué contre les candidats de l-autre extrême de l’échiquier politique.

  4. pepscafe

    Bonjour !

    Vous relevez, en confrontant “deux populismes” et “deux extrêmes” que “chacun a désigné ses boucs-émissaires et développe une rhétorique de rejet, agressive et presque haineuse à leur encontre. Pour le FN, ce sont les immigrés, pour le FDG, ce sont les riches (la nouvelle version des bourgeois). Evidemment, ces partis ont d’autres boucs émissaires”.

    J’ajouterai que pour d’autre, ces boucs émissaires sont “les chômeurs”-“les assistés”, “les fonctionnaires-les “privilégiés”, “les Rroms…”, etc…
    La liste peut s’allonger.

    Vous dites fort bien : “C’est bien plus convaincant de dire qu’on peut changer le monde parce que c’est la faute des autres. Mais c’est aussi une erreur. Il faudrait plutôt se demander ce qu’il faut changer en nous-même”.
    Absolument. Je suis parfaitement d’accord. Un seul peut nous changer. Et je suis heureux de constater que, sur ce site, certains témoignent “attendre Son retour”.
    N’attendons donc pas un quelconque “chef” providentiel (ou charismatique) politique. Christ, le Messie, n’a pas prétendu l’être : sa mission était autre et son royaume “n’était pas de ce monde”.

    Néanmoins, tout en pointant les convergences-les populismes-est-il pertinent de confondre ce que vous renvoyez dos à dos ? N’est-il pas plus pertinent, au contraire, de les distinguer, car “généraliser, c’est amalgamer et amalgamer, c’est stigmatiser”.

    Il me parait aussi essentiel de souligner que “le Front national, séduit, promettant le miracle, sous couvert du “bon sens” et de répondre aux attentes des gens : “vous avez peur ? Vous avez raison d’avoir peur. On vous comprend. Voilà le problème. Voilà ceux qui sont le problème. Voilà les boucs émissaires.”

    Se laisser prendre à ce qui frappe les yeux semble rassurant-“l’autre”, c’est le problème-et sécurisant-s’abandonner à un “(vrai)chef”…Pourtant, pousser à prendre une décision(“donnez-nous le pouvoir”)par la peur est dangereux, car la peur pousse à des actes irrationnels.

    A l’inverse, le véritable “bon sens” serait plutôt d’examiner le fond idéologique et l’esprit du FN (est-il le mieux placé pour répondre à un besoin de ce qui relie pour contrer ce qui divise ?), ainsi que de décoder ces énièmes sondages sur “la banalisation du FN”.

    Le “bon sens” serait aussi de refuser, et de séduire les électeurs du FN(sous prétexte que celui-ci “progresserait”), et de banaliser ses idées, en se persuadant “qu’il n’est pas un danger” ou en tentant de reprendre ses thématiques sous prétexte de répondre à “des besoins réels”.

    Voir notamment ici : http://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/06/24/banalisation-de-lextreme-seduction/

    A noter enfin qu'”extrême” ne saurait se confondre avec “radical” :

    « Radical » : Essentiel, fondamental, décisif. Qui va jusqu’au bout de chacune des conséquences impliquées par le choix initial. Complet, total, absolu.

    Radicalité : qui n’admet ni d’exception (« ce que l’on fait pour l’un, on le fait pour tous »), ni d’atténuation.

    « Extrême » : Qui est tout au bout(Au risque de basculer, tomber)…Démesuré.
    (http://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/06/11/radical/ )

    Et la démesure(le “vous serez comme des dieux” d’aujourd’hui ?) couvre bien des domaines.

    Bonne journée à chacun !
    En Christ,

    Pep’s

    PS : renflouer les banques(suite à la crise) sans contrepartie : est-ce une mesure “réaliste” ou “raisonnable” ? 😉

  5. Le FN est-il une menace pour l’Union européenne ? | Cahiers libres

    […] Le FN est un parti qui doit être combattu. On peut penser que la structure de l’UE est mauvaise, qu’il y a un gros déficit démocratique, qu’il faut changer les choses. Mais le FN n’a ni l’envie ni les moyens de changer les choses. Voter pour le FN aux élections européennes n’est ni une solution utile, ni une solution efficace. C’est une mauvaise solution. Et l’abstention aussi, car c’est laisser les autres décider à votre place. Il faut plutôt essayer de trouver un parti motivé pour changer les choses. Et si ce parti n’existe pas, il faut le créer. […]

  6. Andino

    Bravo d’être “convaincu de la bonne foi de bien des adhérents de ces partis”, et même d’être “persuadé que pour la plupart, ils ne sont pas haineux.” De tels propos se rencontrent trop rarement dans la cathosphère.

    J’ai davantage de mal à comprendre la phrase: “Pour la réaffirmation de l’identité éternelle et immémoriale de la France de toujours, il y en a qui ont essayé, et ils ont eu des problèmes.” A quoi faites-vous allusion? A ceux qui ont été persécutés pour défendre leurs idées ou bien y a-t-il quelque réalisation nationale dont il faudrait avoir honte et que je ne connaîtrais pas? C’est le genre de petite phrase qui sont de la pure désinformation, en l’occurrence qui conforte le lecteur dans la bien-pensance tranquille.

    Au final, vous remarquez vous-même que le parallèle est douteux : le FN et le FDG ne sont pas symétriques. Mais ce n’est pas parce que le FN n’inclue pas des extrémistes, mais parce que la droite (si tant est que les termes de droite et gauche signifient encore quelque chose) ne laisse pas de place aux différents courants d’idée en son sein, qu’elle n’admet pas l’existence de partis “plus à droite” que l’UMP, elle ferme la porte au lieu de laisser un continuum jusqu’à l’extrême s’établir. Résultat, l’UMP reste réfractaire aux nouvelles idées de droite, le FN grossit, sans compter les nombreux électeurs de droite qui n’osent pas encore voter pour un parti qu’on s’efforce de discréditer en disant qu’il n’est pas “de gouvernement”, mais dont les idées sont plus proches de celle du FN que de l’UMP. Et je suis sûr que vous en faites partie! Après Boutin et Villiers, c’est au tour de Guaino de se faire virer, exemple de la liberté de penser au sein de la “droite”.

    Ce qui me gène, c’est votre conclusion: “Si la droite veut réellement combattre le FN, qu’elle attaque le FDG…” Allez-donc jusqu’au bout de la réflexion, et de la comparaison! Si la droite “de gouvernement” veut faire cesser l’hémorragie vers le FN, qu’elle lui fasse une place… Vous remarquez que la gauche a tué la capacité contestataire du FDG en lui donnant une place: pourquoi la droite ne ferait-elle pas pareil?

    Mais vous l’avouez vous-même : “Rendre le FN fréquentable pour diminuer son potentiel contestataire présente de trop grands risques.” La famille Le Pen est définitivement infréquentable, alors qu’elle séduit un bon quart des électeurs. Le vrai problème c’est cette aporie de la démocratie: la démocratie, c’est le pouvoir au peuple, mais le peuple n’est pas démocrate… Qu’on bâillonne donc le peuple, pour être enfin entre démocrates!

  7. Fol Bavard

    “Pour la réaffirmation de l’identité éternelle et immémoriale de la France de toujours, il y en a qui ont essayé, et ils ont eu des problèmes.” J’affirme rapidement que définir une “identité nationale” est un casse-tête a peu près équivalent à la quadrature du cercle. Cette identité comporte beaucoup de fantasmes, mais est une excuse assez pratique pour un communautarisme parmis d’autre, sans pour autant représenter une quelconque identité “Française”. Le résultat de cette recherche risquera d’être partiel, partiel, et clivant.

    Je ne dis pas que le parallèle est douteux, je dis que comme toute analogie, ce parallèle a ces limites. Mais clairement il y a matière a analogie, il y a trop de similitudes pour les ignorer.

    Mais le problème des extrêmes c’est que leurs idées sont néfastes. Les extrêmes mettent les doigts sur les problèmes, mais y répondent de façon inappropriée, de manière même à aggraver le problème !

    La droite ne doit pas faire la même chose que la gauche avec le FDG, parce que ce serait faire une grande place à des idées néfastes.

    Je ne comprends pas vraiment ce que vous essayer de dire. Je n’avoue que ce que je pense : le FN est et doit rester infréquentable. Donc je ne concède pas vraiment grand chose la dessus. Et la démocratie est aussi celle qu’on mérite ! Les citoyens ne surveillent pas leurs représentants. On a les représentants qu’on mérite.

  8. Andino

    1/Je trouve que vous n’êtes pas très ouvert au dialogue, en tout cas que vous avez du mal à comprendre la position des autres: pour un démocrate, c’est embêtant!
    2/Pour résumer, les extrêmes mettent le doigt sur le problème mais n’apportent pas les bonnes solutions. Donc ne les écoutons pas… C’est là que vous n’êtes pas très logique: il faudrait les écouter, dans leur dénonciation des problèmes au moins, et chercher d’autres solutions (je n’ai jamais dit que j’approuvais (toutes) les solutions du FN ni du FDG).
    3/La difficulté, c’est précisément d’entrer dans cette démarche d’être attentif au problème et de chercher une meilleure solution. Mais regardez dans vos propres expériences, en famille, au boulot, entre amis : est-ce que celui qui apporte le vrai problème porte souvent la bonne solution en même temps? Non! Et est-ce que la bonne solution vient souvent en claquant la porte de celui qui fait remarquer le problème? Encore moins… Je vous laisse transposer dans le domaine politique!
    4/Je me réjouis donc que de plus en plus de Français prennent (enfin) conscience des vrais problèmes… et je ne trouve pas que l’UMPSMEDEFxxx apporte des solutions qui fonctionnent, ni dans le domaine économique, encore moins dans le domaine “sociétal”. Mais comme ils n’écoutent même pas les problèmes… Alors je regarde aussi les solutions apportées par d’autres et j’aimerais éventuellement qu’on en teste certaines!
    5/A vrai dire, je ne suis pas très démocrate, parce que la démocratie ne fonctionne pas assez bien, mais c’est un autre débat.

  9. Fol Bavard

    1) C’est vous qui le dites, alors même que je dialogue avec vous. Assez contradictoire 🙂

    2) Vous passez à côté de l’article dans votre résumé. Je ne dis nulle part que les problèmes mis en avant par ces partis doivent être ignorés.

    3) Vous semblez oublier que les partis ne sont pas composés d’une seule et unique personne. Dès lors votre démarche tombe à l’eau. Des partis comme l’UMP et le PS portent différents courants en leur sein. Il est plus utile de travailler à changer les choses au sein de ces partis, que de penser qu’on détient la vérité. Pour éteindre un feu, je fais confiance aux pompiers, pas à celui qui crie au feu en s’agitant dans tous les sens.

    4) “Prenne enfin conscience des vrais problèmes”. C’est avec ce genre de démarche pseudo-omnisciente qu’on agit à la va vite, sans prendre en compte les interactions de tous les problèmes entre eux. Et le domaine du politique ne laisse pas la place au “test” de certaines méthodes. Un test peut avoir un impact sur des millions de vies, imaginez s’il échoue. Agir avec prudence est bien plus responsable.

    5) Cela se sent. Et cela en dit long sur votre capacité à appréhender la complexité du gouvernement.

  10. Andino

    Monsieur,

    J’ai pris un peu de temps pour vous répondre car la colère est mauvaise conseillère.
    La raison de mon agacement: l’attitude d’exclusion de trop nombreux chrétiens vis à vis de tout ce qui touche de près ou de loin au Front National, attitude que vous adoptez et qui ne me semble pas digne d’un homme libre et charitable.
    J’apprécie dans l’ensemble beaucoup ce blog pour la communauté de conviction que j’entretiens avec ses contributeurs, et pour la qualité et la courtoisie des débats, dans une démarche de recherche de la vérité.
    Je voulais donc seulement que la communauté des Cahiers Libres sache qu’il existe des catholiques convaincus et réfléchis, dont je fais partie, qui ont régulièrement moins de problème de conscience à voter FN que UMP, “extrême droite” que “parti de gouvernement”. Cela regarde la conscience de chacun, vous n’avez aucune autorité pour juger.
    Cela dit, j’aurais dû m’y prendre autrement: il faut être très adroit pour attaquer un auteur sur l’idée maîtresse de son billet sans que celui-ci ne se braque. Votre position m’a énervé, et nos échanges ne nous ont pas fait avancer. Je prendrai donc désormais plus de distance avec vos billets.
    Avant de nous quitter, je vous invite simplement à (re)lire le Compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise, paragraphes 406 et 407, qui expose une position sur la démocratie à laquelle je n’ai aucun mal à me rallier, par confiance dans l’enseignement de l’Eglise, et par expérience. J’ai cessé d’être un démocrate-benêt, et vous laisse réfléchir sur la conformité de nos institutions au droit naturel.

    Bien fraternellement en ce beau dimanche d’élections,

    OA

  11. J V.

    S’exprimer librement en respectant la démocratie relève-t-il de l’extrémisme ? Vous définirez d’abord le mot « extrême » employé en politique et montrerez pourquoi tant de groupes de pression l’emploient sans savoir ce qu’il recouvre.

    Vous rapprocherez ce terme d’autres expressions comme « Valeurs Républicaines », « Vivre ensemble », « les heures les plus sombres de l’Histoire » … dont vous donnerez aussi la définition et préciserez le contenu.

    Vous expliquerez pourquoi la méthode dite du « Front Républicain » et le « reductio ad hitlerum » ne fonctionnent plus et pourquoi, malgré cela, le point de Godwin est atteint de plus en plus tôt par l’ordre établi.

    Vous avez quatre heures !

  12. [Cahiers Libres] Le FN est-il une menace pour l’Union européenne ? | Le monde tourmenté d'un Fol Bavard

    […] Le FN est un parti qui doit être combattu. On peut penser que la structure de l’UE est mauvaise, qu’il y a un gros déficit démocratique, qu’il faut changer les choses. Mais le FN n’a ni l’envie ni les moyens de changer les choses. Voter pour le FN aux élections européennes n’est ni une solution utile, ni une solution efficace. C’est une mauvaise solution. Et l’abstention aussi, car c’est laisser les autres décider à votre place. Il faut plutôt essayer de trouver un parti motivé pour changer les choses. Et si ce parti n’existe pas, il faut le créer. […]

  13. [Cahiers Libres] Le FN est-il une menace pour l’Union européenne ? | Fol Bavard

    […] Le FN est un parti qui doit être combattu. On peut penser que la structure de l’UE est mauvaise, qu’il y a un gros déficit démocratique, qu’il faut changer les choses. Mais le FN n’a ni l’envie ni les moyens de changer les choses. Voter pour le FN aux élections européennes n’est ni une solution utile, ni une solution efficace. C’est une mauvaise solution. Et l’abstention aussi, car c’est laisser les autres décider à votre place. Il faut plutôt essayer de trouver un parti motivé pour changer les choses. Et si ce parti n’existe pas, il faut le créer. […]

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