Dans le monde sans en être

Phénoménologie du nom

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Nom, Prénom. 

Ces noms propres, dits propres, dits m’étant propres, alors même qu’ils me sont tout ce que je n’ai pas choisi. Mon propre m’est autre. Je est un autre dit le poète 1A. Rimbaud, Lettre dites du voyant, à George Izambar, 13 mai 1871. « C’est faux de dire : Je pense. On devrait dire : On me pense (…) Je est un autre. ». Je suis d’une altérité, viens d’une altérité, mon être est altier – alter.

Nom de famille, nom de la terre, de la lignée, générations passées. Sang hérité, sang reçu de ces multiples rencontres, de ces amours. De ces amants, ces générations d’amants. Nom traînant avec lui l’histoire, l’histoire d’hommes, de femmes et d’enfants. Nom comme une traînée, remontant, racinant dans le passé. Nom comme une procession, continuant, laçant à l’avenir.

 Nom de baptême, nom des cieux – Nom de Dieu ! – inédit, comme mon âme, donné une fois à jamais, infusé ! Inédit mais pourtant déjà dit, nom d’un saint, nom des saints, des foules de baptisés. Des chrétientés passées.

 D’en haut et d’en bas, me recevant, d’un autre, d’un avant.

L’incarnation se lit du dessus, du dessous. Incarnation arrivée à Dieu – fait chair – ; incarnation arrivée à la chair – faite Dieu.

Incarnation du Verbe, mais aussi mienne.

De toi grand Dieu, de toi basse terre, je me reçois.

Benoît

 

Notes :   [ + ]

1. A. Rimbaud, Lettre dites du voyant, à George Izambar, 13 mai 1871. « C’est faux de dire : Je pense. On devrait dire : On me pense (…) Je est un autre. »

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