Dans le monde sans en être

Il est frais mon poisson ! Ou les secrets d’un remaniement (Exclusif)

NICOLAS SARKOZY / FRANCOIS HOLLANDE : PASSATION DE POUVOIRS ET INVESTITURE AU PALAIS DE L'ELYSEE

L’heureux maniement que voilà ! La France désespère et ses pères s’en retournent dans leur Panthéon. La gauche française a foutu le camp ce dimanche. Normal qui faille changer la donne. Changer le cap, comme on dit dans la marine pour échapper aux vagues (bleues). Après le choc des municipales, c’est l’heure des bilans et des choix. L’heure des comptes et des tambouilles secrètes. Mais qui se doute que les buissons ont encore des micros à l’Elysée ? Nous nous sommes procurés l’enregistrement d’une conversation qui s’est secrètement déroulée hier, quelques heures avant l’annonce du remaniement, entre le Président et un proche – un certain Maurice. En voici une retranscription fidèle.

NICOLAS SARKOZY / FRANCOIS HOLLANDE : PASSATION DE POUVOIRS ET INVESTITURE AU PALAIS DE L'ELYSEE

(Début de l’enregistrement. Bruit de porte. Des pas rapides sur le parquet présidentiel. Ambiance électrique)

– On s’est pris une gifle, Maurice. Z’ont raison les scribouilleux, on s’est pris une gifle.

– Aller, t’en fait pas François. Ce sera… hum… vite oublié !

– Toulouse… Laval… Caen…

– Tu sais, c’est politique tout ça.

– Même Limoges, t’entends ! Même Limoges !

– Ouais, là, j’avoue… Mais on a quand même eu Lourdes !

– Et Steeve Briois à Hénin-Beaumont, c’est pas n’importe quoi Steeve Briois à Hénin-Beaumont ? Quand on a un nom à faire du patin à glace, on fait pas de politique. Pourquoi pas Brian Joubert à Poitiers tant qu’on y est ?

(Silence. Le Président reprend, toujours énervé)

– Le bouquet, ça aurait été Beigbeder à Paris. Ça aurait été le pompon, ça : les cathos et les libéraux réunis sous une seule crinière laquée, juste pour me faire ch…

– Hum hum… Ou Béatrice à Bourges ?

– Pfff, t’es con.

– Aller, du nerf François ! S’agit de rebondir maintenant ! On a Paris ! Et l’Europe nous attend. On peut pas se permettre de le louper ce rendez-vous.

– T’as raison, une nouvelle débâcle et je risquerais de plus être crédible à l’international. Ce serait la cerise sur le gâteau. Ze sherry on the cake. La cereza sobre la tarta…

– Le tofu sur les nouilles sautées ?

– T’es lourd.

(Long silence. On entend  des glaçons s’entrechoquer)

– Au fait, François, t’as eu Jean-Marc au téléphone ?

– Nan il répond pas. Brigitte m’a dit qu’il était complètement stone depuis dimanche. Il fume pétard sur pétard sur le balcon en délirant sur le trafic aérien nantais…  Suis sûr que c’est la Duflot qui le fournit en herbe. Je vais me la faire celle-là.

– A ce propos, t’en es où du remaniement ?

–  J’y pense, j’y pense… Et les bras cassés du gouvernement aussi, hein, ils y pensent. Parce que pour appâter le chaland, y’a du monde ! Ils défilent les uns après les autres pour me vendre leur marchandise. Je te jure, on se croirait à la vente à la criée de Boulogne-sur-Mer ! Mais avec du poisson pas frais…

– Manuel pour tenir l’étal de Matignon, ça aurait pourtant de la gueule…

– Pff, il ne sait pas compter.

– Mais il sait aboyer. Fabius ?

– Arf… C’est sûr que lui, il sait compter.

– En parlant de justice, pourquoi pas Christiane ?

– …

– Ben alors, on fait quoi ?

– Tu sais mon gars, ce qu’il faut à la France, c’est un projet, une ambition. Un rêve. Ouais, il faut faire rêver les français !

– Tu veux dire… Barre à gauche ? 

– Pourquoi pas. Ce serait original…

– Brrr !

– …et ambitieux ! Parce que c’est bien ça, l’ambition. Tu vois, moi Président, je veux quelque chose de fou, qui envoie du lourd ! Il faut un symbole, un acte fort… Un changement, dès maintenant… Genre un gouvernement de combat – tu notes ? Une France forte, mais d’une force tranquille. Du jamais vu. Un truc qui ferait qu’ensemble, tout devient possible. Une France, pour les Français ! La France pour tous, en fait. Parce que tu sais quoi, Maurice, nos vies valent plus que leurs profits.

– Ok, ok, j’appelle Poutou.

– Gné ?

– Nan, j’déconne ! Mais franchement, hein, bon…

– Ralala t’as raison, j’débloque. Mais je suis perdu ! (Soupir) Vas-y allume la télé, c’est l’heure des Z’amours. Et pis rappelle Manuel tiens… Ça va faire chier Cécile.

(Fin de l’enregistrement)

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