Dans le monde sans en être

« Susciter le désir de Dieu au collège et au lycée » (interview du groupe Jéricho)

Jéricho1Jéricho est un groupe d’étudiants et de jeunes professionnels qui, depuis deux ans, visitent des collèges et lycées d’Ile-de-France et proposent des temps de prière aux élèves. Rencontre avec Anne, qui nous en dit plus sur cette initiative. 

CL : Comment est né Jéricho ?

Anne: Jéricho est né en 2012 du désir d’un jeune professionnel, Edward, entouré de plusieurs autres, d’annoncer le Christ aux collégiens et lycéens. Ils avaient l’expérience de ces missions dans les établissements scolaires, au sein du groupe de prière Kavod, mais Edward sentait un appel plus particulier à se consacrer à cette mission. Faire goûter aux jeunes la joie et la consolation de la prière, leur dit que Jésus est bien vivant – et dans la vie de jeunes (nous !) qui ne sont pas si loin d’eux, qui pourraient être leurs grands frères. D’autres jeunes ont eu le désir de rejoindre ce groupe et Jéricho est né.

Pourquoi ce nom ?

Le nom fait référence au passage du livre de Josué où le peuple d’Israël fait tomber les murailles de la ville de Jéricho en jouant des trompettes autour de la ville. La musique est notre voie privilégiée pour toucher les jeunes. Nous croyons que le Seigneur passe par la musique pour faire tomber les barrières des cœurs !

Comment se déroulent vos rencontres ?

Nous retrouvons les jeunes dans une chapelle ou un oratoire et nous commençons tout de suite à entrer dans la prière. Nous prenons plusieurs chants de louange. L’un de nous témoigne de sa vie avec le Seigneur, et nous proposons ensuite des démarches pour qu’ils s’engagent dans la prière, tout en continuant, tout du long, à chanter des chants. Parfois, nous prenons des temps plus informels. Des déjeuners, par exemple.

L’astuce ultime c’est de se laisser guider par l’Esprit tout au long de la prière.

Est-ce difficile de parler religion avec eux ?

On ne parle pas de religion, on prie ! Notre mission est de susciter en eux le désir de connaître le Christ et de vivre près de lui. Pour cela, leur faire expérimenter la prière, le cœur à cœur avec Jésus, nous semble primordial. L’astuce, c’est de leur montrer que la prière est simple et puissante. On prend la parole à voix haute, pour exprimer notre prière, et ainsi ils peuvent voir qu’il n’y a rien de plus simple. Je pense qu’un enjeu est aussi de leur faire comprendre que prier, ce n’est pas simplement demander tel ou tel truc précis au Seigneur (c’est souvent ce qu’ils expriment quand on leur demande ce qu’ils veulent dire au Seigneur) mais d’entrer en relation avec lui, de le remercier, de lui demander de nous éclairer, et faire notre Sa volonté. Les autres astuces, c’est d’être joyeux, de ne pas non plus faire de la théologie quand on prie, que ça soir concret et que ça vienne de l’Esprit. L’astuce ultime c’est de se laisser guider par l’Esprit tout au long de la prière.

Quel accueil recevez-vous ?

C’est parfois difficile au début du temps de prière, spécialement quand c’est la première fois et que les jeunes ne connaissent pas la louange. Ils chahutent, parlent avec leurs copains, ricanent parfois… Ce qui est le plus dur pour eux, c’est de décider d’entrer dans la prière. Cela suppose un acte fort de volonté, surtout à un âge où l’on est très dépendant du regard des autres. Mais quand ils entrent profondément dans la prière, c’est très beau. Certains viennent nous remercier à la fin, pour telle parole qui les a touchés. Récemment, un jeune d’un collège a témoigné devant ses camarades de sa rencontre avec le Seigneur lors d’un temps de prière qu’on avait animé l’an dernier. Une autre fois, une jeune est venue me remercier, très émue, pour avoir prié avec elle : elle ne souhaitait pas exprimer sa prière à haute voix, alors j’ai confié ses blessures, remercié le Seigneur pour sa vie et essayé de me laisser guider par l’Esprit. Dans son attitude, je sentais que le Seigneur venait la visiter, bien qu’elle ne parvenait pas à prononcer un mot. Les personnes des aumôneries sont aussi souvent touchées par notre venue.

Il faut que soit grande la charité et l’unité entre nous

Comment vous préparez-vous à cette mission ?

Pour partager notre foi avec les jeunes, il faut que nous soyons nourris par le Seigneur. Il faut que soit grande la charité et l’unité entre nous ! On se retrouve le dimanche soir, après la messe, à la paroisse Saint Pierre du Gros Caillou (Paris 7ème). Selon les dimanches, nous prenons un temps de louange ou bien nous dinons ensemble pour faire le point sur les missions. Et essayer de progresser. Nous avons aussi un lien particulier avec certains aumôniers des établissements que nous visitons. François-Xavier, aumônier du collège Sainte Clotilde, dans le 12e, nous aide ainsi à améliorer nos missions, le contact avec les jeunes, la conduite de la prière… Par des conseils concrets, il nous fait profiter de son expérience.

Comment choisissez-vous les établissements où vous intervenez ?

Nous répondons aux demandes ! Nous ne faisons pas de publicité, mais le diocèse nous connaît. Par le bouche-à-oreille, les aumôniers apprennent notre existence et nous contactent.

Quels besoins avez-vous ?

Notre principale difficulté, c’est de trouver de nouveaux jeunes prêts à s’engager avec nous. Particulièrement des musiciens.

Propos recueillis par Joseph Gynt

 

Contact : contact@jericho.com

Site internet : www.groupejericho.fr

 

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